Journée du chandail rose

Portez un chandail rose le mercredi 27 février pour la sixième Journée du chandail rose. En portant un chandail rose, vous dites non à l’intimidation.

La Journée du chandail rose rappelle le geste posé par deux braves garçons de la Nouvelle‑Écosse qui ont décidé de faire quelque chose lorsqu’ils ont vu un garçon de neuvième année se faire intimider parce qu’il portait un chandail rose. Le lendemain, David Shepherd et Travis Price ont mobilisé 50 élèves, qui ont tous porté un chandail rose.

Les personnes appartenant aux minorités sexuelles et celles dont le comportement s’écarte de celui des gens de leur sexe sont souvent victimes d’intimidation. Près de la moitié des élèves canadiens déclarent avoir entendu des propos antihomosexuels — près de 10 % des élèves GLBT déclarent entendre souvent des commentaires homophobes de la part des enseignants.

74 % des élèves transgenres, 55 % des élèves appartenant aux minorités sexuelles et  26 % des élèves qui ne font pas partie des GLBTQ ont déclaré avoir subi du harcèlement verbal en raison de l’identité sexuelle qu’ils affichent.

Plus d’un élève GLBTQ sur cinq (21 %) a déclaré avoir subi du harcèlement physique ou avoir été agressé en raison de son orientation sexuelle1.

Nombreuses sont les écoles qui essaient activement d’enrayer l’intimidation, et c’est tout à leur honneur. Cependant, l’intimidation homophobe est souvent oubliée. Selon Gerald Walton, doctorant à l’Université Queen’s, le système d’éducation renforce l’idée selon laquelle l’hétérosexualité est « la normalité ».

On encourage l’hétérosexualité dans les écoles par un discours omniprésent sur les fréquentations entre les adolescents et des personnes du sexe opposé, en offrant des cours d’éducation sexuelle où l’on parle des relations sexuelles entre hétérosexuels et de la grossesse, par la création d’environnements strictement hétérosexuels (comme les danses au secondaire et les bals de finissants) et par les images véhiculées par les médias de masse, par les représentations dans les manuels, et par les histoires fictives où l’on ne parle que de relations hétérosexuelles2.

Il faut se rappeler qu’aux États-Unis, les enseignants gais et lesbiens sont souvent congédiés simplement en raison de leur orientation sexuelle. En 2010, un enseignant de l’Oregon a été congédié parce qu’il a dit à un élève de quatrième année qu’il n’était pas marié parce qu’il ne pouvait pas épouser légalement un homme. Le directeur de l’école a dit à l’enseignant que ses commentaires concernant son état matrimonial étaient « inappropriés3 ».

L’année dernière, un professeur de musique de St.Louis a été congédié après avoir épousé son partenaire de longue date. L’école catholique a dit qu’elle ne pouvait pas tolérer des gestes qui étaient « contraires aux préceptes de l’Église »4<.sup>.

Et puis, plus tôt ce mois-ci, un administrateur d’une école catholique a été congédié pour avoir appuyé l’égalité en matière de mariage – et pourtant il est hétérosexuel et marié à une femme5.

Katherine van Wormer du Département du travail social de l’University of Northern Iowa soutient que, plutôt que de congédier des enseignants qui s’affichent ouvertement comme étant gai ou lesbienne, les écoles devraient plutôt les embaucher pour qu’ils deviennent des modèles positifs6.

« Malheureusement, aux États-Unis et au Canada, le travail social en milieu scolaire semble être fait lorsqu’une crise éclate plutôt que de façon préventive (Loughborough, 2000). Il faut que ça change. Il faut mettre terme à l’intimidation à l’école, qui a parfois des conséquences tragiques pour les jeunes dont le comportement est différent de celui des autres jeunes de leur sexe, par le truchement d’interventions efficaces appliquées par des adultes7. »


[1] Egale Canada. National Climate Survey on Homophobia, Biphobia and Transphobia in Canadian Schools.

[2] Walton, G. Bullying and Homophobia in Canadian Schools: The Politics of Policies, Programs and Educational Leadership. The Haworth Press, (2004).

[3] Mirk, S. « Beaverton Student Teacher Says He Was Fired for Mentioning in Class That He Would “Choose to Marry a Man” ». The Portland Mercury, 30 septembre 2010.

[4] Browning, W. « Gay Teacher Fired for Getting Married ». Yahoo! News, 1er mars 2012.

[5] Newcomb, A. « Catholic School Worker Fired for Supporting Gay Marriage ». Good Morning America, 12 février 2013.

[6] van Wormer, K. R. McKinney, R. What Schools Can Do to Help Gay/Lesbian/Bisexual Youth: A Harm Reduction Approach, (2003).

[7] Ibid.

Nouvelle convention collective pour les membres à Parcs Canada

Les membres ont parlé : les employés de Parcs Canada ont voté en faveur de l’entente de principe qui leur avait été présentée.

Au cours des derniers mois, nous avons parlé à quelques reprises du processus de négociation collective, de l’entente de principe et du travail acharné de l’équipe de négociation.

Pour Loretta Moar, qui a agi à titre de membre de l’équipe de négociation pour la première fois, l’annonce d’hier est vraiment une très bonne nouvelle.

« Lorsque l’annonce a été faite, j’ai dansé dans mon salon, a déclaré Mme Moar. C’est merveilleux. Je suis heureuse que les membres aient choisi de ratifier la convention collective. »

On ne peut passer sous silence le travail acharné de l’équipe de négociation. Les membres de l’équipe ont passé d’innombrables heures sur la route, loin de la maison, pour se rendre d’une section locale à une autre et rencontrer les membres.

Même si voyager n’est pas de tout repos, Mme Moar affirme qu’il y a quand même des avantages dans tout ça.

« C’était agréable de rencontrer tous les membres de ma région! »

Le vice-président de l’Exécutif national, Eddie Kennedy, qui travaille également pour Parcs Canada, s’est dit très satisfait des résultats et tient à féliciter les membres.

« L’équipe de négociation a travaillé d’arrache-pied pour obtenir la meilleure entente possible en cette période d’incertitude économique », a déclaré M. Kennedy.

Et pour ceux qui veulent en savoir davantage au sujet de la chatte de Mike LeBlanc

« Elle est très contente que son papa soit de retour à la maison, et elle est enchantée que la convention collective ait été ratifiée, a mentionné M. Leblanc. Son papa sera plus souvent à la maison. Elle ne fait plus la gueule et va même jusqu’à ronronner! »

Félicitations à tous nos membres – et souhaitons que l’équipe de négociation obtienne un repos grandement mérité!

Pour en connaître davantage au sujet de la nouvelle convention collective, veuillez cliquer ici.

Journée mondiale de la justice sociale

En 1912, Helen Keller a envoyé un chèque pour appuyer les travailleuses du textile en grève à Little Falls, dans l’État de New York. Elle a conclu la lettre qui accompagnait le chèque par les mots suivants : « La justice sociale ne sera possible que lorsque la majorité des gens se sentiront responsables du bien-être des autres1 ».

Les syndicats militent depuis longtemps pour la justice sociale. Au sein de l’AFPC, le Fonds de justice sociale sert à promouvoir le rôle que peuvent jouer les membres de l’Alliance  pour créer des collectivités plus fortes, un meilleur pays et un monde plus juste et plus humain2.

Selon Louise Casselman, agente du Fonds de justice sociale de l’AFPC, le fonds permet d’éliminer certaines inégalités au pays et à l’étranger.

« Les syndicats ne sont pas là uniquement pour permettre aux travailleurs de gagner leur pain – ce qui est évidemment un rôle important –, ils font aussi de la sensibilisation et jouent un rôle actif au sein de la société », explique Louise Casselman.

Environ la moitié des fonds sont octroyés à des programmes au Canada.

« Nous appuyons par exemple des programmes d’alphabétisation au Nunavut, dans les Prairies et dans les régions de l’Atlantique. Actuellement, nous soutenons aussi des programmes d’alphabétisation pour les accidentés du travail en Ontario et pour les travailleurs immigrants dans la région de Montréal. »

Savoir lire et savoir écrire sont des compétences particulièrement importantes dans la société moderne. Selon l’Enquête internationale sur les compétences en lecture de 2005, une grande proportion des Canadiens qui affichent de moins bons résultats en matière d’alphabétisation étaient les immigrants ou des personnes dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français3.

La plupart des Canadiens qui ont de la difficulté à lire et à écrire gagnent moins de 25 000 $ par année4.

Le Fonds permet aussi de financer des programmes parascolaires pour les jeunes à risque et des refuges pour les victimes de violence familiale. Le syndicat a aussi créé un partenariat avec l’organisation Canada sans pauvreté pour exiger plus de logements sociaux convenables.

« Nous travaillons tous ensemble pour améliorer la vie des gens les plus marginalisés de la société », affirme Louise Casselman.

Elle ajoute que bon nombre de nos membres participent à ces programmes sur le terrain.

« C’est difficile, admet-elle. Les membres du syndicat travaillent toute la journée et, le soir, ils travaillent bénévolement pour leur section locale, leur conseil régional ou un comité des droits de la personne –tout ça à titre bénévole –, puis ils s’engagent au sein de leur collectivité. C’est beaucoup. »

« C’est très important de souligner leur travail, alors nous voulons remercier tous ces champions de la justice sociale au sein de notre syndicat. »


[1] Helen Keller et Davis John. Helen Keller: Rebel Lives. Saint Paul, MN : Consortium Book Sales and Distribution, 2003. Document imprimé.

[2] Énoncé de mission du Fonds de justice sociale de l’AFPC.

[3] Le Quotidien, 9 janvier 2008, Statistique Canada.

[4] Ibid.

Leur mort laisse notre cœur en détresse

« Leur mort laisse notre cœur en détresse »

C’est ce qui était écrit sur une carte qui a été remise à Jennifer Chieh Ho, la vice-présidente régionale du SEN pour la Colombie-Britannique et le Yukon, au cours de la marche commémorative des femmes qui a eu lieu la semaine dernière.

Pendant que les Canadiens étaient nombreux à mettre la dernière main à leurs projets pour la St-Valentin, bien d’autres ont marché dans les rues pour rendre hommage aux femmes disparues et assassinées au Canada. La première marche commémorative a eu lieu il y a 22 ans dans le quartier Downtown Eastside à Vancouver.

Depuis dix ans, ces marches ont eu lieu dans plusieurs villes au Canada.

Selon Kristin Gilchrist, cofondatrice de Families of Sisters in Spirit et étudiante au doctorat au Département de sociologie à l’Université Carleton, ces marches ont pris une ampleur considérable grâce au travail important d’innombrables organisations communautaires.

« Ces organisations font un important travail de sensibilisation à la violence dans nos collectivités, plus particulièrement à la violence envers les femmes autochtones », a écrit Mme Gilchrist.

Cette année, Mme Chieh Ho et quelques membres de sa section locale ont participé à la marche, qui se tenait où tout a commencé : dans le quartier Downtown Eastside à Vancouver. Elle a déclaré être particulièrement heureuse de voir un groupe si diversifié composé d’alliés venus manifester pour soutenir cette cause importante.

« Il y avait beaucoup de confrères et consœurs autochtones, mais aussi un nombre considérable d’hommes et de femmes de toutes les nationalités, de tous les âges, qui étaient là pour soutenir la cause », a-t-elle souligné.

« Au cours de la marche, nous sommes passés devant certains endroits où des femmes avaient été assassinées ou avaient été vues pour la dernière fois », a expliqué Mme Chieh Ho. « Nous avons pris un moment à chaque endroit pour rendre hommage à chacune de ces femmes. »

Mme Chieh Ho a aussi mentionné qu’une rose avait été déposée à chaque endroit : une rose rouge pour les femmes qui ont été assassinées, et une rose jaune pour les femmes disparues.

« J’ai été un peu choquée et attristée en me rendant compte à quel point nous nous sommes arrêtés souvent », a-t-elle ajouté.

L’Association des femmes autochtones du Canada possède une liste où figurent plus de 500 cas de femmes autochtones disparues et assassinées – et ce ne sont que les cas qu’elle peut confirmer.

Mme Gilchrist déclare que les femmes autochtones font face à de nombreux obstacles lorsqu’elles veulent se faire entendre.

« Les obstacles sont particulièrement apparents du fait que les alliés ne réussissent pas à créer des liens entre les divers militants qui luttent contre la violence, les organisations anticoloniales et tous ceux qui veulent que soient reconnues les responsabilités des colonisateurs », a écrit Mme Gilchrist.

Elle déclare que les femmes autochtones sont souvent entendues après coup ou totalement réduites au silence. De plus, bien souvent, les personnes qui mettent de l’avant leur propre programme s’attendent simplement à ce que ces femmes suivent sans rien dire.

« Ça se produit un peu trop souvent », a-t-elle déclaré.

Le gouvernement Harper continue de refuser que se tienne une enquête publique concernant les femmes autochtones disparues et assassinées.

Comme nous le disait Jennifer Lord de l’Association des femmes autochtones du Canada l’année dernière : « C’est ce que les familles veulent, une enquête publique ».

Il y a des photos de la marche commémorative de Vancouver sur FlickR.

Je travaille le Jour de la famille?

Pour bon nombre d’entre nous, aujourd’hui, c’est le Jour de la famille. Je suis prêt à parier un délicieux petit gâteau que partout au Canada, dans les coins‑repas des ministères et agences fédéraux, on se pose la même question :

Comment se fait-il que je travaille le Jour de la famille?

Bonne question! La semaine dernière, c’était le Jour de la famille en Colombie‑Britannique. Comme l’a souligné la vice-présidente régionale, Jennifer Chieh Ho, au réseau CBC, bon nombre de fonctionnaires ont dû se présenter au travail même si certaines entreprises et garderies étaient fermées, ce qui a causé des maux de tête aux parents de jeunes enfants.

« Dans mon bureau, il y a plusieurs jeunes travailleurs qui ont des tout‑petits. Certains d’entre eux ont dû prendre congé pour passer du temps avec leur famille et avec leur conjoint », a-t-elle déclaré au réseau CBC.

Pourquoi les fonctionnaires doivent-ils travailler le Jour de la famille?

Pour ceux qui ne le savent pas, le Jour de la famille n’est pas un jour férié national. C’est un jour férié provincial en Colombie‑Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario. Les habitants de l’Île‑du‑Prince‑Édouard ont également un jour férié provincial aujourd’hui : on l’appelle la Journée des insulaires. De même, les Manitobains ont la Journée de Louis Riel.

Un fonctionnaire fédéral a droit aux jours fériés établis par proclamation du gouverneur en conseil (autrement dit, c’est une décision du Cabinet). Ce sont les lieutenants-gouverneurs qui décrètent les congés provinciaux.

Si vous travaillez pour la fonction publique, deux possibilités s’offrent à vous si vous voulez obtenir un congé supplémentaire en février :

Il faudrait que le Jour de la famille soit un jour férié.

Essentiellement, le gouvernement fédéral devrait adopter une loi qui ferait du Jour de la famille un jour férié. En 2007, des efforts ont été faits dans ce sens lorsque la députée fédérale du NPD, Peggy Nash, a présenté un projet de loi pour faire du Jour du drapeau (15 février) un jour férié.

« Le Jour du drapeau est l’occasion idéale pour prendre une pause, d’autant plus qu’il tombe au milieu de l’hiver », a expliqué Mme Nash au réseau CBC. « C’est là une bonne façon de surmonter le blues de février. » (Nous sommes bien d’accord!)

Sinon, le Jour de la famille pourrait faire partie des congés reconnus dans votre convention collective.

Le grand avantage d’être syndiqué, c’est que chaque membre a la possibilité d’améliorer ses conditions de travail. Chaque fois que votre équipe de négociation se rend à la table des négociations, elle présente les demandes des membres.

C’est grâce à la négociation collective que nous avons des congés de maladie et des congés pour obligations familiales payés – et, soyons honnêtes, un nombre plus élevé de jours de congé que les travailleurs non syndiqués. Rien ne nous empêche de retourner à la table des négociations pour demander un autre congé payé. Surtout si c’est ce que les membres veulent vraiment!

Mise à jour de l’exécutif national

La salle de conférence est grande (et a quelque chose d’officiel). Elle contient une énorme table où il y a tout juste assez de place pour tout le monde. Et puis, tout un tas de dirigeantes nationales et de dirigeants nationaux de tous les coins du pays sont réunis au même endroit.

C’est là que se déroule la réunion de l’Exécutif national. À première vue, c’est un endroit intimidant.

« Lorsque je me suis assise à la table, je me suis sentie pétrifiée », a déclaré Melody Raabe, la nouvelle vice‑présidente adjointe régionale du SEN pour le Manitoba.

Mme Raabe s’est rendue à Ottawa le mois dernier pour être officiellement assermentée et pour participer à sa première réunion de l’Exécutif national.

Très rapidement, Mme Raabe a commencé à se sentir à l’aise. « Lorsque les gens ont commencé à parler, j’ai tout de suite eu l’impression que j’étais à table avec ma famille », a-t-elle ajouté.

Durant la réunion, l’Exécutif national a passé en revue les affaires courantes, y compris les mesures prises en ce qui a trait au réaménagement des effectifs. La réunion a également permis aux membres qui font partie des équipes de négociation de parler de la négociation collective.

Un peu plus tard, l’Exécutif a fait le point sur les conférences à venir : la Conférence de toutes les présidentes et de tous les présidents (C’est en avril! Inscrivez-vous maintenant!), la Conférence sur les droits de la personne et le Congrès 2014.

L’Exécutif national a également décidé de créer un comité qui se penchera sur les moyens de mobiliser les membres.

Enfin, la présidente de l’AFPC, Robyn Benson, est passée nous voir; elle a assisté à une séance d’accueil et nous a fait part de quelques‑unes de ses réflexions. Mme Benson était tout particulièrement scandalisée par le projet de loi C‑377, un projet de loi qui demande aux syndicats de faire preuve de « transparence et d’imputabilité ».

« C’est en quelque sorte une façon d’attaquer les syndicats parce que le projet de loi vise plus particulièrement les syndicats ouvriers », a souligné Mme Benson. « On encourage nos membres à consulter les états financiers [sur notre site Web]. Nous sommes ouverts et transparents; notre budget est approuvé durant le Congrès – les dépenses sont appropriées. »

Après tout cela, Mme Raabe a dit qu’elle avait vraiment beaucoup de chance de faire partie d’un groupe de militants syndicaux si engagés.

« J’ai littéralement bu leurs paroles » a-t-elle déclaré.

« Ces personnes donnent tellement de leur temps, loin de leur famille, pour donner de la force à notre syndicat – et pour combattre l’injustice et l’inégalité. C’est excitant pour moi parce que je crois que je suis née pour faire régner la justice. C’est pour ça que je suis si fière de faire partie de notre syndicat et de l’équipe du SEN. »

Le rapport de la CIP est arrivé!

Le rapport très attendu de la Commission de l’intérêt public a été rendu public le mois dernier. Vous vous rappellerez que le groupe TC espérait que les recommandations de la Commission aboutissent à un projet de convention collective qui pourrait être présentée aux membres. Nous avons rencontré un membre de l’équipe de négociation du SEN pour tout savoir!

« Le rapport est favorable », nous a expliqué Garry Larouche, vice-président régional de l’Ontario. « Il est favorable parce que la Commission a reconnu un certain nombre des points que nous avions soulevés, y compris nos demandes sur le plan économique ».

En fait, le rapport mentionne directement les membres du SEN dans le paragraphe suivant :

« Le mémoire du syndicat est pertinent dans le sens où il révèle que les rémunérations des agents des affaires du travail sont inférieures à celles de leurs homologues provinciaux pour un travail similaire, voire identique dans certains cas. »

Le rapport souligne aussi que Mesures Canada a de la difficulté « à maintenir en poste tant les recrues TI-03 que les membres du personnel TI-04 ayant plus d’expérience ». Autrement dit, comme l’a expliqué M. Larouche, « on a du mal à embaucher – et, quand on réussit, ils partent pour le secteur privé ».

Pour régler les deux problèmes, le rapport recommande l’attribution d’indemnités provisoires mensuelles. Ces indemnités permettraient à l’employeur d’augmenter le salaire des membres de ce groupe précis d’employés sans répercussions sur l’ensemble de la classification.

Cependant, l’employeur ne semble pas prêt à accepter ces recommandations. Il a rédigé une lettre de dissidence partielle, qui figure dans le rapport.

« Ça nous donne une idée de ce qu’en pense le Conseil du Trésor, a expliqué M. Larouche. Nous ne sommes pas sûrs d’obtenir tout ce que prévoit le rapport. »

Selon lui, il y a encore beaucoup de travail à faire. Parmi les prochaines étapes, il faut aborder cette question avec les membres et mettre de la pression sur l’employeur.

Bientôt, les membres de l’équipe de négociation du groupe TC commenceront à tenir des assemblées générales afin de fournir de plus amples informations sur le chemin qui reste à parcourir. Les sections locales qui organisent des assemblées générales annuelles devraient penser à inviter un membre de l’équipe de négociation qui pourrait entamer une discussion sur la situation.

« Nous voulons expliquer où l’on est et puis où que l’on désire arriver – mais, surtout, nous voulons connaitre l’opinion des membres », a dit M. Larouche.

Colloque régional du Manitoba et de la Saskatchewan

« Le thème du colloque est : Savoir s’adapter », a dit à la blague le vice-président régional de la Saskatchewan, Omar Murray, durant le colloque régional du Manitoba et de la Saskatchewan.

Que faire quand tous vos documents pour le colloque se perdent en chemin, entre Toronto et Régina? Comme le dit le vieil adage syndical : « Le colloque doit continuer ». Grâce à l’impression de dernière minute (*hum, hum* grâce au service de Purolator! *hum, hum*), le colloque a été une grande réussite.

« On a connu quelques difficultés au début de l’événement », a admis le vice-président régional du Manitoba, Martin Kaminski. « Cependant, voyons les choses du bon côté, nous avons su nous adapter à toutes les situations. »

C’est la deuxième fois que les régions du Manitoba et de la Saskatchewan décident de tenir un colloque régional commun. « On s’est dit que, plus on est de fous, plus on rit », a déclaré M. Murray.

M. Kaminski affirme qu’il a tout particulièrement apprécié les exposés des employés du SEN. Entre autres, les participants ont pu suivre des ateliers sur les finances des sections locales, les communications et sur l’arbitrage des griefs.

L’exposé de la cofondatrice du mouvement Idle No More (Finie l’apathie!), Sylvia McAdam, était très instructif, et de leur côté, le président national du SEN, Doug Marshall, et la vice-présidente exécutive régionale de la région des Prairies, Marianne Hladun, ont présenté des exposés très stimulants.

« L’exposé de Sylvia sur le mouvement Idle No More, et celui de Doug sur le gros méchant projet de loi C‑377 étaient d’actualité », a souligné M. Murray.

Enfin, nous sommes tous très privilégiés d’avoir reçu la visite surprise de Holly Serle, l’ancienne vice‑présidente régionale du Manitoba. Mme Serle a roulé plus de 200 km pour nous faire une surprise – quelle belle surprise!

« J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver certaines personnes que je connaissais déjà, et à faire de nouvelles rencontres », a conclu M. Kaminski.

Mois de l’histoire des Noirs – Viola Desmond

L’année dernière, pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs, nous vous avions raconté l’histoire de Mary Ann Shadd Cary, pionnière du mouvement des droits à l’égalité au Canada. Nous l’avons fait principalement parce que, en général,  l’Histoire fait peu de cas de l’histoire des Noirs, plus particulièrement celle des femmes noires.

Mme Audrey T. McCluskey, professeure en études afro-américaines et en études de la diaspora africaine à l’Université de l’Indiana, à Bloomington, a confirmé cette impression lorsque nous avons communiqué avec elle l’année dernière.

« On passe sous silence depuis trop longtemps l’histoire des femmes noires », a écrit la professeure McCluskey. « Il en faudra beaucoup plus pour que cette histoire remplie de luttes, de courage, de déception et d’obstacles inlassablement surmontés puisse être transmise à un large public. »

En gardant à l’esprit ces propos inspirants, nous aimerions placer sous les projecteurs une autre femme noire très courageuse. Elle s’appelle Viola Desmond et, en 1946, elle a causé tout un émoi.

Viola Desmond était une femme noire, née à Halifax, et qui était propriétaire d’un salon de coiffure. Un jour qu’elle se rendait à Sydney par affaires, elle a eu des ennuis mécaniques avec sa voiture à New Glasgow. Après avoir réservé une chambre dans un hôtel, elle a décidé d’aller voir un film au cinéma. Lorsqu’elle a demandé un billet pour un siège au parterre, on lui a dit qu’elle devait s’asseoir au balcon (apparemment, dans ce cinéma, les Noirs étaient contraints de s’asseoir au balcon, tout comme ils devaient, dans les autobus, se contenter d’une place à l’arrière).1

« Viola Desmond s’est tout de suite aperçue qu’on lui avait refusé un siège au parterre parce qu’elle était noire. Spontanément, elle a décidé de protester contre cette ségrégation raciale : elle est retournée à l’intérieur et est allée s’asseoir au parterre, où il restait des places. »2

Le gérant et la police furent appelés immédiatement, et Mme Desmond a été expulsée du cinéma et comme si ce n’était pas assez, elle a ensuite dû passer 12 heures en prison.3

Au tour du juge de se prononcer

L’avocat de la Couronne a dû fouiller longuement dans la jurisprudence parce qu’il a décidé de l’accuser d’avoir voulu frauder le gouvernement de la Nouvelle-Écosse. Vous avez bien lu, frauder!

Lorsque Mme Desmond a donné un dollar pour payer son billet au parterre, on lui a rendu 70 cents en lui demandant d’aller s’asseoir au balcon. Un billet au parterre dans la section « réservée aux Blancs» aurait coûté 40 cents, dont quatre cents de taxes. La poursuite a allégué que Mme Desmond avait l’intention de frauder le gouvernement d’un cent.4

Personne n’a informé Mme Desmond de ses droits, et lorsqu’elle s’est présentée dans la salle d’audience le lendemain matin, elle n’avait pas d’avocat. Elle a dû payer une amende de 26 $.5

La Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People a amassé de l’argent pour contester sa condamnation, et son affaire s’est rendue jusqu’à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse.

Malheureusement, justice n’a pas été rendue. Mme Desmond a perdu sa cause en raison d’un détail de procédure.

Elle a peut-être perdu sa bataille juridique, mais elle fait toujours partie de notre histoire et mérite qu’on se souvienne d’elle. Le Canada reste le pays où les esclaves noirs fugitifs trouvaient refuge. Pour les hommes et les femmes noirs enfin libres, le Canada était pour eux un endroit où leur liberté était protégée tandis que la Fugitive Slave Act (Loi sur les esclaves fugitifs) aux États-Unis ramenait leurs frères et sœurs à l’esclavage. Nous pouvons être fiers de cette partie de notre héritage.

Cependant, on ne peut passer sous silence les moments plus sombres de notre histoire. La ségrégation a bel et bien existé de ce côté-ci de la frontière.

Viola Desmond continue de nous habiter parce que son histoire nous rappelle le nombre incalculable d’hommes et de femmes noirs qui ont été victimes de discrimination, et qui, à ce jour, continuent de lutter contre l’ignorance et les préjugés. Elle est toujours présente dans nos vies parce que c’était une femme forte et courageuse, aux idées progressistes – qui refusait le statu quo et qui refusait de se faire dire qu’elle était une citoyenne de seconde zone.

Viola Desmond est une héroïne canadienne. Rendons-lui hommage, ainsi qu’à tous les autres qui ont lutté en faveur de l’égalité.

En 2010, on a accordé un pardon posthume à Viola Desmond.6


[1] Bingham, R., Viola Desmond, L’Encyclopédie Canadienne

[2] Backhouse, C., Racial Segregation in Canadian Legal History

[3] Bingham, R., Viola Desmond, L’Encyclopédie Canadienne

[4] Backhouse, C., Racial Segregation in Canadian Legal History

[5] Idem

[6] Black Cultural Centre for Nova Scotia [site disponible en anglais seulement]

Un survol rapide des négos avec l’équipe de Parcs

Il y a quelques semaines à peine, nos membres faisant partie de l’équipe de négociation de Parcs Canada ont commencé à rencontrer des membres de partout au pays pour leur expliquer l’entente de principe proposée. Des douzaines de sections locales ont déjà voté.

« Voilà où l’on en est », a déclaré Mike LeBlanc, membre du SEN faisant partie de l’équipe de négociation. « C’est aux membres de choisir — c’est un processus entièrement démocratique. »

Au cours des trois dernières semaines, M. LeBlanc a visité le parc national Kejimkujik, le Centre de services de Halifax, le lieu historique national de la Citadelle d’Halifax, le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard et le parc national Kouchibouguac. Cette semaine, il visite trois lieux historiques à Terre-Neuve.

Selon M. LeBlanc, l’entente de principe a été très bien accueillie. La plupart des membres sont satisfaits des nombreux gains, mais certains sont préoccupés par le fait qu’ils obtiennent ces gains en échange de la possibilité d’accumuler leurs indemnités de départ.

« J’ai simplement expliqué à nos membres que l’on peut accepter ce genre de compromis maintenant ou risquer de perdre nos gains en reprenant les négociations », a déclaré M. LeBlanc. « Si nous retournons à la table de négociation, le gouvernement continuera de saper les indemnités de départ. »

Au Québec, les réunions se déroulent très bien. Benoît Dubeau, un autre membre faisant partie de l’équipe de négociation, a rencontré, la semaine dernière, des membres à Shawinigan, y compris le président de la section locale, Daniel Toutant.

« Les membres ont écouté très attentivement les explications de M. Dubeau, a fait remarquer M. Toutant. Nous en avons même profité pour convaincre des employés Rands de signer leur carte syndicale. » Soulignons que c’était là une excellente idée parce que les membres doivent avoir signé leur carte syndicale pour pouvoir voter.

« Les membres ont semblé très satisfaits des réponses qu’ils ont obtenues. »

Un peu plus à l’ouest, notre consœur Loretta Moar a rencontré des membres en Ontario et au Manitoba. Jusqu’à présent, elle a rencontré des employés du bureau à Thunder Bay, des membres responsables de la conservation à Nipigon et des membres travaillant au parc national Pukaskwa à Marathon, en Ontario, ainsi que des membres travaillant au parc national du Mont-Riding, au Manitoba.

« Les réunions tenues jusqu’à présent se sont très bien déroulées », a déclaré Mme Moar. Elle a ajouté que la plupart des questions portaient sur l’indemnité de départ et les options de paiement.

« Personne n’a fait de commentaires négatifs au sujet de l’entente de principe », a conclu Mme Moar.

Enfin, nous espérons que notre confrère Kevin King a apporté avec lui ses caleçons longs les plus chauds parce qu’il s’est rendu à certains endroits où le froid est…polaire. Plus tôt, la semaine dernière, nous avons publié une photo de M. King qui avait de la neige jusqu’aux genoux à Inuvik. Si vous ne savez pas où se trouve Inuvik, c’est à environ 53 heures de route au nord de Vancouver, dans les Territoires du Nord-Ouest… c’est très très au nord!

Plus tôt ce mois-ci, M. King a également rencontré des membres à Banff. « J’ai parlé pendant environ cinq minutes, et puis j’ai répondu à des questions pendant les 25 minutes suivantes. »

Son expérience ressemble à celle des autres membres de l’équipe de négociation : « Environ 80 % des questions portaient sur l’accumulation des indemnités de départ. »

M. King a plus tard assisté à des réunions avec des membres à Jasper, et a participé à la dernière rencontre de discussion ouverte concernant la privatisation des sources thermales dans les Rocheuses canadiennes. Dernièrement, M. King et un membre du Comité de négociation, la consœur Céline Ahodékon, ont rencontré des membres en Colombie-Britannique.

Certains lecteurs sont peut-être déjà épuisés rien qu’à prendre connaissance de tous ces déplacements! Les membres de l’équipe de négociation se sont donné beaucoup de peine pour obtenir une entente de principe solide — et ils devront continuer de travailler dur jusqu’à ce que l’entente soit acceptée.

Le confrère Mike LeBlanc a déclaré que, même s’il aime vraiment rencontrer des membres, il trouve que les voyages sont très fatigants.

« On n’est pas souvent à la maison. On reste dans des chambres d’hôtel, on mange au restaurant, on passe beaucoup de temps dans les aéroports ou seul au volant d’une voiture… C’est ennuyant », a expliqué M. LeBlanc. « Après un certain temps, on devient un peu zinzin », a-t-il ajouté, en lançant à la blague que, dernièrement, il se parle souvent à lui‑même à voix haute.

Cependant, M. LeBlanc dit que c’est entre autres grâce au soutien indéfectible de sa femme, Bernadette, qu’il réussit à continuer à faire ce travail.

« Elle est formidable! Sans son soutien et sa compréhension, je ne pourrais pas participer autant que je le fais », a déclaré M. LeBlanc, en souriant. Même séparé, le couple trouve le moyen de garder contact.

« On se parle par messagerie vidéo sur Yahoo, et on joue au Scrabble en ligne ensemble. »

Cependant, M. LeBlanc affirme que sa chatte, Belle, ne lui offre pas autant de soutien. « De son côté, le soutien, c’est zéro. Elle déteste voir ma valise, blague M. LeBlanc. Et puis quand je reviens enfin à la maison, elle me boude pendant quelques jours. »

Mais, malgré ses nombreux jours d’absence à la maison et l’humeur massacrante de sa chatte, M. LeBlanc déclare que, lorsqu’il se fait dire un « merci » sincère, tout ça en vaut la peine.

« Durant une réunion, pendant que tout le monde se dépêchait pour partir avant que les conditions météo soient trop mauvaises, j’ai remarqué un vieil homme qui, lui, ne semblait pas pressé à partir, a raconté M. LeBlanc. Il est venu me voir et m’a dit : ‘‘Je sais que votre travail n’est pas facile. Ce n’est pas la première fois que vous venez ici nous parler des négociations, et je veux vous remercier pour votre travail parce qu’on ne vous le dit pas assez souvent.’’ »

Je vous en prie, n’oubliez surtout pas de remercier nos membres qui font partie du Comité de négociation. Ils travaillent sans relâche au nom de nos membres et ils méritent nos remerciements sincères.

Vous pouvez les remercier dès maintenant en écrivant un commentaire dans la case ci-dessous.

Mike et sa chatte grincheuse, Belle