Mois national de l’histoire autochtone

Un gouvernement qui avait une tendance à l’assimilation, voilà contre quoi les peuples autochtones de notre pays ont dû se battre pendant plus d’un siècle. Lorsque l’on parle de l’histoire des peuples autochtones, du point de vue des droits de la personne, il faut reconnaître que, pendant de nombreuses années, le gouvernement canadien a voulu empêcher les Autochtones de décider de leur destinée — pour qu’ils ne puissent pas résister à l’assimilation.

Peu de temps après la Confédération, le gouvernement a commencé à forcer les Autochtones à se « civiliser ». La Loi constitutionnelle conférait au gouvernement fédéral l’entière responsabilité des « Indiens ». Le gouvernement s’est ensuite mêlé de déterminer qui était « Indien », et qui ne l’était pas.

Déterminer qui avait le statut d’Indien et qui ne l’avait pas est devenu compliqué. Le statut d’Indien se transmettait de père en fils; si seulement votre père était Indien, vous l’étiez aussi. Si seulement votre mère était Indienne, vous ne l’étiez pas. Une femme ayant le statut d’Indien qui épousait un homme qui ne l’avait pas perdait instantanément son statut. Cette politique est demeurée en vigueur jusqu’en 19851.

Nombreux sont ceux qui avaient le statut d’Indien et qui l’ont eux aussi perdu automatiquement parce qu’ils ont obtenu un diplôme collégial ou universitaire.

On a fondé des conseils de bande, surtout dans le but d’atténuer le rôle dominant que jouaient les Aînés. En diminuant les pouvoirs des Aînés, la Loi sur les Indiens affaiblissait les collectivités autochtones et les rendrait plus faciles à contrôler.

« Malgré ce témoignage de respect, la Loi sur les Indiens accordait aux conseils de bande des pouvoirs limités. Les agents des Indiens pouvaient démettre de leurs fonctions des chefs qu’ils ne jugeaient pas convenables et pouvaient annuler les décisions du conseil de bande avec lesquelles ils n’étaient pas d’accord2»

Le gouvernement s’en est également pris aux pratiques spirituelles et culturelles des peuples autochtones. Les pow-wow et les potlatchs ont été frappés d’interdiction jusqu’en 1951. Les responsables du gouvernement et les missionnaires croyaient que ces pratiques « empêchaient les Autochtones de s’assimiler au sein de la société canadienne3. »

Le gouvernement a également limité les déplacements des Autochtones.

« Après la rébellion de 1885, un système de laissez-passer a été mis en place, confinant ainsi les Indiens dans les réserves. Pour sortir, ils devaient se procurer un laissez‑passer auprès d’un agent des Indiens en lui révélant sa destination, la raison pour laquelle il devait se déplacer et la durée de son voyage. Il s’agissait d’un système extrajudiciaire, reconnu comme tel par tous les fonctionnaires de la couronne4. »

Le système de laissez-passer a néanmoins été appliqué par la Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest, empêchant ainsi la tenue de rassemblements traditionnels et confinant davantage les peuples autochtones dans les réserves. Il était devenu impossible pour les collectivités autochtones de se rassembler pour former un groupe de résistance.

Le gouvernement s’est également servi des pensionnats dans l’espoir d’assimiler les Autochtones. On séparait les enfants de leur famille dans le but de les « socialiser », loin de l’influence de leurs parents. Ces pensionnats punissaient sévèrement les élèves lorsqu’ils parlaient leur langue maternelle.

Cependant, le gouvernement n’avait pas les ressources pour administrer ces écoles. Par conséquent, il a demandé aux églises de prendre la relève.

« Les mauvais traitements, qui étaient monnaie courante dans ces écoles, auraient causé la mort de quelque 50 000 enfants autochtones, sans compter tous les autres qui ont été victimes de graves abus physiques et sexuels5. »

En 1904, Dr Peter Bryce a été nommé inspecteur médical du ministère de l’Intérieur et des Affaires indiennes. Trois ans plus tard, M. Bryce a réalisé des inspections dans 35 pensionnats dans les trois provinces des Prairies. Dans son rapport, il a révélé un taux surprenant de maladies et de décès chez les enfants. Dans ses recommandations, M. Bryce exhortait le gouvernement à assumer l’entretien complet des pensionnats et à réglementer ces écoles, puisqu’il avait promis de le faire dans un traité. »

Cependant, on a balayé le rapport sous le tapis. Frustré par le fait que le gouvernement n’ait rien fait, M. Bryce a démissionné et, en 1922, il a publié ses observations dans un livre appelé The story of a national crime (L’histoire d’un crime national).

« Cette histoire aurait dû être racontée il y a plusieurs années et présentée à la population », écrivait M. Bryce dans l’épilogue de son livre6.

« Aujourd’hui, je peux m’exprimer librement », ajoutait‑il, expliquant que, après avoir démissionné de son poste il n’était plus lié par le serment professionnel de la fonction publique, qui l’avait empêché de parler pendant si longtemps7.


[1] Henderson, William B. Loi sur les Indiens. L’Encyclopédie canadienne.

[2] Berry, Susan et Jack Brink. (2004) Aboriginal Cultures in Alberta: Five-hundred Generations. Edmonton, Alberta : McCallum Printing Group, Inc.

[3] Idem.

[4] Harring, S. (2005) There Seemed to Be No Recognized Law: Canadian Law and the Prairie First Nations. In Knafla, Louis A. et Jonathan Swainger (Éd.), Laws and Societies in the Canadian Prairie West, 1670-1940. Vancouver, C.‑B. : UBC Press.

[5] Akhavan, Payam (2012) Reducing Genocide to Law. New York : Cambridge University Press.

[6] Bryce, P. H. (1922) The story of a national crime, obtenu à partir du lien suivant : http://www.archive.org/stream/storyofnationalc00brycuoft/storyofnationalc00brycuoft_djvu.txt

[7] Idem.

Travailleurs accidentés : une douloureuse perception de soi

En plus de supporter leurs douleurs physiques, les travailleurs accidentés doivent souvent modifier leur perception d’eux‑mêmes. Selon Sharon-Dale Stone, professeure agrégée en sociologie à Lakehead University et chercheuse principale pour une étude sur les travailleurs accidentés, il est honteux d’être un travailleur accidenté dans notre société.

Son article, intitulé Workers Without Work: Injured Workers and Well-Being, se penche sur la façon dont le bien-être des travailleurs accidentés est touché par le fait qu’ils ne peuvent travailler. Mme Stone et son équipe de chercheurs ont animé 12 groupes de discussion dans l’ouest de l’Ontario pour obtenir de première main des commentaires auprès de travailleurs accidentés relativement aux répercussions que leurs blessures ont eues sur leur vie.

« Pour moi, personnellement, ce fut gratifiant de pouvoir être capable de documenter ces histoires puisque je savais depuis longtemps que les travailleurs accidentés vivaient des situations horribles », a déclaré Mme Stone, lors d’une entrevue téléphonique. « Et en documentant ces histoires et en les publiant, je serais en mesure de provoquer un faible degré de changement. »

Les travailleurs accidentés suscitent souvent de la méfiance – comme si la seule chose qu’ils souhaitent, c’est de rester à la maison et de recevoir leur salaire. Cependant, l’étude de Mme Stone révèle que la plupart des travailleurs veulent réellement retourner au travail; leurs blessures ont un effet dévastateur et pénible sur leur vie.

« Ne pas pouvoir reprendre mon travail d’infirmière a été la chose la plus difficile que j’ai vécue », a mentionné une des participantes à l’étude de Mme Stone. « C’est ce que j’aimais faire. J’aimais vraiment ça, et j’étudiais pour devenir infirmière autorisée. Je travaillais, j’allais à l’école et aux rencontres syndicales, même le vendredi soir et le samedi. »

« Nous vivons dans une société qui nous encourage tous à être méfiants des autres », a expliqué Mme Stone. « Nous vivons également dans une société qui privilégie le visible, ce qui signifie que si tu as n’importe quelle blessure ou incapacité invisible, on te soupçonne automatiquement d’essayer de t’en tirer avec quelque chose. »

« C’est un grand problème puisque la plupart des incapacités ne sont pas visibles. »

En plus de devoir composer avec leur nouvelle réalité, les travailleurs accidentés doivent également composer avec les membres de leur famille et leurs collègues qui ne sont pas si compréhensifs face à leur situation.

« Le plus dur, c’est quand un de tes collègues de travail te dit “ j’aimerais ça être à ta place ”, ou des choses du même genre », a expliqué un homme qui travaillait comme tuyauteur.

Un autre participant à l’étude de Mme Stone, un conducteur de bouteur, a parlé du manque de compréhension de sa famille.

« Dans famille, je pense avoir été complètement rejeté parce que je ne travaillais pas, a déclaré cet homme. Mon père a des valeurs très traditionnelles, du genre qu’il ne faut jamais s’absenter du travail. Il faut travailler, et travailler encore, même s’il pleut, même si on a mal, il faut travailler. »

Certains travailleurs accidentés ont déclaré se sentir abandonnés par des collègues qui étaient proches d’eux.

« Encore maintenant, presque tous les hommes avec qui j’ai travaillé pendant toutes ces années, je ne leur parle plus, a déclaré un travailleur de la construction. Avant mon accident, on pouvait passer des soirées entières dans un bar ou passer la fin de semaine ensemble. Dès que je me suis blessé, on m’a tout de suite rejeté, exclus. Bye! »

Et pour couronner le tout, les travailleurs accidentés doivent également vivre un processus difficile : demande d’indemnités, formation de recyclage ou tâches modifiées. Un des participants à l’étude de Mme Stone, un opérateur d’équipement blessé au dos, aux épaules et au cou, raconte que, pour son employeur, lui donner des tâches modifiées consistait à lui faire transporter du ciment dans une brouette.

Lesley Sanderson, agente des relations de travail au sein du Syndicat des employées et employés nationaux, mentionne que cela se produit souvent parce que la preuve médicale est déficiente – en fait, selon elle, c’est souvent le plus gros obstacle à surmonter pour obtenir des mesures d’adaptation adéquates.

« Les employeurs, les employés et les syndicats doivent s’appuyer sur les avis d’un expert médical, a expliqué Mme Sanderson. Si votre médecin ne connait pas bien le processus en ce qui a trait aux recommandations au niveau médical et des mesures d’adaptation, le processus devient complexe pour tous ceux qui se basent sur ces informations. »

Cependant, selon Mme Sanderson, une difficulté courante, c’est de s’assurer que les médecins fournissent les bons renseignements. Elle a dit que les employeurs devraient envoyer des lettres claires, qui demandent des renseignements adéquats, avec la description de tâches de l’employé.

« Quand avez-vous rencontré cette personne? Quel est le pronostic relativement à son retour? Quelles seront les restrictions et les limites imposées à cette personne à son retour au travail? Quelles sont les mesures d’adaptation recommandées? Beaucoup de médecins ne savent pas ce qu’ils doivent faire, et bien souvent les employeurs n’envoient pas la description de travail avec la lettre. Les médecins en ont vraiment besoin afin de bien comprendre la situation du travailleur. »

Cependant, même si les employés réussissent à obtenir des tâches modifiées, ils s’exposent tout de même au manque de compréhension de leurs collègues. Dans l’étude de Mme Stone, une commis au service à la clientèle a fait part de son expérience :

« Avec mes collègues, c’est spécial, a déclaré cette femme. Ils me regardent de haut parce que je n’arrive pas à faire certaines choses. Et ils ne se gênent pas pour en parler. “ Est-ce qu’il faut vraiment qu’on fasse tout ici? ” Je n’apprécie pas qu’on me le rappelle constamment, en plus. Une blessure, ce n’est pas simplement… il y a beaucoup d’autres problèmes qui s’y rattachent et qu’il faut gérer. Alors, on n’a pas… on n’a pas vraiment besoin de ça. On n’a pas besoin de commentaires déplaisants de collègues qui ne comprennent pas. »

Mme Sanderson encourage souvent des membres qui ont des problèmes importants de santé à être franc avec leur employeur.

« Il y a bien sûr des risques associés à cette ouverture, a-t-elle signalé. Mais, quand on le fait, ça semble à renforcer la confiance. Les gens peuvent comprendre plus facilement. »

« En parler à vos collègues peut se retourner contre vous – vous n’êtes pas obligé d’en parler. Cependant, si vous essayez de faire comprendre votre situation à l’autre personne, cela peut aider. »

Mme Sanderson croit que la question des mesures d’adaptation est vraiment d’actualité, compte tenu du vieillissement de la population.

« Personnellement, je crois qu’on ne devrait jamais avoir à négocier les mesures d’adaptation », conclut Mme Sanderson. Ce devrait être un processus auquel tout le monde participe pour permettre au travailleur de revenir au travail aussitôt que sa santé lui permet. »

Quant à la Professeure Stone, elle aimerait voir les syndicats éduquer leurs membres régulièrement sur le sujet des travailleurs accidentés – d’aller au-delà de la formation sur la prévention des accidents afin de se pencher sur la manière de traiter les travailleurs accidentés.

« Ils devraient sensibiliser tout le monde au fait que ce n’ait pas la faute du travailleur qu’il a été blessé. Ils ont besoin de l’appui de leurs collègues. Ils ont besoin de l’appui de leur syndicat. Ils ont besoin de l’appui de la gestion. »

Au suivant!

La fin de semaine dernière, Krystle Harvey, membre de la section locale 00383 à Sturgeon Falls, en Ontario, a participé à ce qui pourrait être son dernier événement syndical avec l’AFPC. Mme Harvey vient tout juste de se trouver un nouvel emploi ailleurs qu’à Statistique Canada, ce qui signifie qu’en plus de dire au revoir à d’excellents collègues et de quitter un emploi qu’elle aimait vraiment, elle doit également dire au revoir au syndicat.

« C’est du syndicat dont je vais m’ennuyer le plus parce que j’ai rencontré tellement de personnes extraordinaires et j’ai pu réaliser tant de choses formidables », déclare-t-elle.

Après la séance de formation, Mme Harvey s’est servie de son compte Facebook pour demander à ses collègues de travail de participer aux activités syndicales. Son statut disait notamment ce qui suit : « Je presse tous mes collègues de Statistique Canada à participer davantage aux activités du syndicat! Si vous ne luttez pas pour vos droits, qui le fera? »

Mme Harvey, âgée de 29 ans et employée à Opération des enquêtes statistiques, admet qu’elle n’a pas toujours tenu les syndicats en haute estime. Dans un emploi antérieur, elle avait l’impression que son syndicat protégeait des personnes qui ne méritaient pas réellement d’être protégées.

Mais, heureusement pour nous, après avoir obtenu un emploi à Statistique Canada, Mme Harvey a commencé à participer aux activités de notre syndicat et son opinion a rapidement changé. Elle occupe actuellement le poste de secrétaire au sein de sa section locale. Elle admet pourtant que c’est un peu par accident qu’elle a commencé à participer aux activités syndicales. Poussée à le faire par une de ses amies,  Mme Harvey s’était inscrite à un cours sur le militantisme politique et social.

« Une de mes amies m’a dit “Viens avec moi, on va tellement s’amuser – on va passer une belle fin de semaine” »,  se rappelle Mme Harvey. « Et puis… mon amie n’est même pas venue. »

Néanmoins, Mme Harvey a passé la fin de semaine à en apprendre davantage au sujet du syndicat et à connaître les dirigeantes et dirigeants de sa section locale.

« Ça m’a fait participer davantage, ce qui m’a donné envie de participer encore plus aux activités de mon syndicat. »

Il convient de souligner qu’au sein des Opérations des enquêtes statistiques, il y a encore un grand nombre de problèmes qui traînent depuis longtemps et qui ne sont toujours pas réglés. Nos membres espèrent que la présente ronde de négociation se traduira par un milieu de travail plus juste. Mme Harvey croit que la prise de conscience de ces problèmes a nourri son militantisme syndical.

« Je n’étais pas vraiment au courant des problèmes avant de participer aux activités. En peu de temps, j’ai commencé à voir tous ces problèmes et j’ai voulu faire quelque chose pour les régler. »

La séance de formation de la fin de semaine dernière a permis à 11 participants de parler de ces problèmes. Malgré le fait que tous les membres de l’AFPC de la région de North Bay et de Sudbury pouvaient assister à la formation, seuls les membres de la section locale de Mme Harvey étaient présents.

Un des membres qui étaient là a trouvé que c’était plutôt triste de voir si peu de participants; cependant, Mme Harvey n’est pas de cet avis.

« De toutes les personnes à North Bay, et de toutes les sections locales – nous sommes les seuls à nous être présentés », déclare-t-elle. « Je crois que cela en dit long sur notre section locale et sur notre niveau de participation aux activités syndicales – et sur les liens qui nous unissent. »

Le nouvel emploi de Mme Harvey à l’extérieur de Statistique Canada est un poste de gestion. Elle admet à la blague qu’elle ne pourra probablement plus autant glorifier les syndicats.

« Mais je crois encore fermement aux syndicats, peu importe où je me rendrai et avec qui je travaillerai.

En fait, Mme Harvey s’assure que son enthousiasme pour le syndicat se perpétuera après son départ. En plus d’exhorter ses collègues à participer aux activités syndicales, Mme Harvey essaie de convaincre son frère aîné Trevor, qui travaille également à Statistique Canada, de participer à de telles activités.

« Je lui ai dit “Trevor, il faut que je transmette mon héritage, c’est toi qui dois dorénavant participer aux activités syndicales.” »

Veuillez vous joindre à nous pour souhaiter bon succès à Krystle dans ses nouvelles responsabilités – et à Trevor aussi, dans sa participation syndicale! Laissez un commentaire ci-dessous!

Les OES sur la Colline

Le 10 mai, le député Claude Gravelle (NPD – Nickel Belt) s’est levé durant la période des questions et a appris aux députés de la Chambre des communes quelque chose qui n’a absolument pas échappé à membres : le gouvernement malmène les employées/employés des Opérations des enquêtes statistiques.
«Le gouvernement mène la vie dure à la science et aux statistiques, et voilà maintenant qu’il maltraite ceux qui recueillent les données, a dit M. Gravelle. « Il y a 200 préposés aux enquêtes statistiques à Sturgeon Falls. Ils font partie des quelque 1 500 employés au pays qui sont sans contrat de travail depuis plus d’un an.»

L’AFPC attend toujours de connaître les dates d’arbitrage pour les employées/employés des bureaux régionaux, responsables de recueillir des données à partir d’un centre d’appel, et pour les intervieweuses/intervieweurs sur le terrain, qui font du porte‑à‑porte.

Parmi les demandes, il y a la question de l’ancienneté. En effet, nos membres veulent que l’employeur reconnaisse l’ancienneté lorsqu’il attribue les heures de travail. À l’heure actuelle, l’employeur n’est pas obligé d’offrir un minimum d’heures à ses employées/employés.

En réponse à l’intervention de M. Gravelle, le député conservateur Andrew Saxton a déclaré : « Monsieur le président, notre gouvernement négocie de bonne foi. »

Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la section sur les négociations des OES sur le site Web de l’AFPC.

Journée internationale des musées

Le 18 mai, c’est la Journée internationale des musées. Profitons de l’occasion pour présenter quelques-uns des formidables musées où travaillent nos membres!

Le Musée canadien des droits de la personne à Winnipeg est la toute dernière section locale qui s’est jointe au Syndicat des employées et employés nationaux. Nos membres là-bas travaillent déjà d’arrache‑pied pour faire des recherches et préparer des expositions. L’ouverture du musée est prévue en 2014. Si vous voulez un avant-goût du musée, vous pouvez le voir en direct grâce aux caméras Web du chantier… c’est impressionnant!

Le Musée canadien des civilisations mérite absolument d’être visité — surtout si vous avez des enfants. Le musée est situé à Gatineau, en face d’Ottawa, de l’autre côté de la rivière (vous pouvez facilement vous y rendre à pied en partant du Marché By et en traversant le pont Alexandra). La Grande Galerie est une des parties les plus impressionnantes du musée. On peut y voir des mâts totémiques et des façades de maisons des Premières Nations de la côte du Pacifique.

Si vous avez un penchant pour les arts, rendez-vous au Musée des beaux-arts du Canada. Que vous aimiez l’art médiéval ou l’art contemporain, vous allez assurément y passer d’agréables moments. Évidemment, vous allez trouver des tableaux du Groupe des sept, mais si vous recherchez quelque chose de vraiment patriotique, allez voir la toile de Benjamin West, La mort du général Wolfe. Pour une œuvre plus contemporaine, allez voir la pièce Tête d’un bébé de Ron Mueck. Enfin, vous pouvez participer à des séances de photos géniales à l’extérieur du musée, entre les huit longues pattes de la charmante Maman!

Près du centre-ville d’Ottawa, il y a aussi le Musée canadien de la guerre. Cet été, il y aura une exposition intitulée Paix. L’exposition analyse les événements et les enjeux qui ont poussé les Canadiens à s’engager au service de la paix. Parmi les expositions permanentes, les visiteurs pourront voir la collection impressionnante de matériel militaire. Il y a également un salon qui présente de nombreux moyens utilisés par les Canadiens pour rendre hommage aux soldats tombés au combat. Enfin, prenez un moment pour vous reposer et pour réfléchir dans la Salle du Souvenir.

Le Musée canadien de la nature est lui aussi un endroit extraordinaire à visiter, surtout avec les enfants. D’autant plus que le musée n’est qu’à une courte distance à pied du bureau principal du SEN, dans le centre-ville d’Ottawa. Cet édifice impressionnant ressemble à un château — et en 1916, il est devenu le quartier général d’urgence du gouvernement canadien après l’incendie qui avait ravagé les édifices du Parlement. La collection impressionnante de dinosaures et l’Animalium (qui n’est pas recommandé aux personnes qui ont peur des tarentules et des autres bestioles effrayantes!) plairont à coup sûr aux enfants.

À l’extérieur du centre-ville, il y a un autre musée vraiment génial qui vaut la peine d’être visité avec les enfants : le Musée canadien des sciences et des technologies. Ceux qui ont déjà visité le musée avec leur école dans leur jeunesse se rappelleront sans aucun doute de la Cuisine bizarre : une étrange cuisine qui joue des tours à votre équilibre! Tenez bien la rampe! Et oui, c’est bien vrai, il y a réellement des locomotives à vapeur à l’intérieur du musée!

Si vous cherchez quelque chose de plus « chaleureux », rendez-vous au Musée de l’agriculture du Canada. Vous y verrez des cochons, des chevaux, des vaches… et même des alpagas! On y présente tous les jours des démonstrations qui valent vraiment la peine, comme apprendre à cuisiner avec les céréales, traire une vache et faire le toilettage d’un veau.

Enfin, n’oubliez pas le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. Si vous aimez la science‑fiction, vous serez heureux d’apprendre que, cet été, le musée présentera une exposition sur Star Wars! Cependant, ce qu’il y a de plus impressionnant dans ce musée, c’est sa collection d’avions — et tout récemment, le musée a ajouté le fameux bras canadien à sa collection.

La prochaine fois que vous serez de passage à Winnipeg ou dans la région de la capitale nationale, n’oubliez pas de visiter quelques-uns des fantastiques musées nationaux où travaillent nos membres!

Le 17 mai – Journée internationale contre l’homophobie

Le 17 mai, c’est la Journée internationale contre l’homophobie

Selon le plus récent rapport de l’Association internationale des lesbiennes, des gais, des personnes bisexuelles, trans et intersexuelles, les actes d’homosexualité sont encore illégaux dans 78 pays. En Mauritanie, au Soudan, en Iran, au Yémen, en Arabie Saoudite ainsi que dans certaines parties du Nigeria et de la Somalie, les homosexuels sont passibles de la peine de mort.

Toutefois, le rapport nous apprend quelques bonnes nouvelles : 2012 et 2013 ont été de bonnes années pour les personnes en faveur de l’égalité dans le mariage. Il est maintenant possible pour des conjoints de même sexe de se marier légalement dans 14 pays. Les derniers pays qui ont légalisé le mariage entre conjoints du même sexe sont notamment l’Argentine, l’Uruguay, la France et la Nouvelle‑Zélande. Le Royaume‑Uni devrait très bientôt adopter son projet de loi sur le mariage entre conjoints de même sexe (ce qui mettrait enfin un terme au régime de « partenariat civil » ‒ pour citoyens de deuxième zone –  qui est complètement absurde).

Même chez nos voisins du sud, les choses évoluent rapidement. Pas plus tard qu’hier, le Minnesota est devenu le douzième État à autoriser le mariage entre conjoints de même sexe.

Pourtant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Cette année, la Fondation Émergence, une fondation pour les GLBT située à Montréal, essaie de sensibiliser la population à l’homophobie sur les médias sociaux.

Si vous voulez constater à quel point l’homophobie est malheureusement chose courante sur Twitter, vous pouvez consulter nohomophobes.com; un site Web créé par l’Institute for Sexual Minority Studies and Services de l’Université de l’Alberta. [Note de l’éditeur : le site n’est disponible qu’en anglais.]

Le site Web fait un suivi de l’utilisation des termes homophobes sur Twitter. La semaine dernière, le site Web a relevé 361 405 occurrences du mot « faggot » (l’équivalent de « tapette »), 80 131 occurrences des mots « so gay » (« tellement gai »), et 31 478 occurrences de « dyke » (« gouines »).

Le site Web ne fait pas le suivi des termes homophobes en français. Cependant, nos propres recherches, peu scientifiques disons‑le, révèlent que le mot « tapette » est utilisé grosso modo une fois toutes les minutes.

« Nous essayons de tourner les projecteurs vers cette réalité et de déterminer à quel point cette expérience est courante au sein de notre société », déclare le Dr Kristopher Wells, chercheur à l’Institute for Sexual Minority Studies and Services, dans une vidéo expliquant le projet.

Dr Wells affirme que l’objectif est de demander au gens de briser la loi du silence – de les aider à cesser d’utiliser des expressions qui véhiculent des préjugés.

Avez-vous déjà entendu des collègues ou des amis utiliser, à l’occasion, des termes homophobes nonchalamment? Qu’avez-vous fait? Racontez‑nous votre histoire dans la case réservée aux commentaires ci-dessous!

Nos anciens combattans méritent mieux que ça

Hier, le vice-président exécutif national, Eddie Kennedy, s’est joint à plus de 150 manifestants à Sydney, en Nouvelle-Écosse, devant le bureau de district d’Anciens Combattants que le gouvernement veut fermer.

Il y a des bureaux de district un peu partout au pays pour aider les anciens combattants et répondre à leurs questions au sujet de leurs prestations. Le bureau de Sydney est l’un des trois bureaux de district qui fermeront leurs portes dans la région de l’Atlantique.

Les anciens combattants de Sydney devront dorénavant s’adresser à l’un des cinq bureaux de Service Canada sur l’île. Cependant, le niveau de service sera complètement différent.

« Il devront utiliser un ordinateur ou composer un numéro sans frais. Ils ne recevront pas le soutien direct auquel les avaient habitués le bureau d’Anciens Combattants », déclare Eddie Kennedy, qui vit au Cap-Breton.

S’ils ont besoin de plus de soutien, un soutien que seul un bureau de district peut offrir, les vétérans devront aller à Halifax.

« Et on parle d’un trajet de cinq heures pour l’aller seulement », ajoute Eddie Kennedy.

Le ministère des Anciens Combattants subit des compressions depuis 2011; son budget a été réduit de 226 M$. Par ailleurs, le ministère prévoit avoir 500 employés de moins d’ici cinq ans. Plus de 1 000 avis ont déjà été distribués à des employés touchés d’ACC.

Il y a 145 anciens combattants sur l’île du Cap-Breton.

Les autres bureaux de district qui fermeront leurs portes sont ceux de Charlottetown (Île‑du‑Prince‑Édouard), de Corner Brook (Terre‑Neuve), de Windsor (Ontario), de Thunder Bay (Ontario), de Kelowna (Colombie‑Britannique), de Saskatoon (Saskatchewan), et de Brandon (Manitoba).

Que se passe-t-il à Passeport?

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé que Passeport Canada serait dissout et que Citoyenneté et Immigration Canada et Service Canada se partageraient ses activités. L’annonce était imprévue et la décision, jugée plutôt étrange, en frappe plus d’un.

« Non seulement n’ont-ils pas avisé le syndicat, mais ils ont complètement bousillé leur annonce », a déclaré Doug Marshall, président national.

Le Ministère a choisi d’informer son personnel du changement au moyen d’un courriel diffusé massivement à 16 h 23 HNE, heure à laquelle la majorité des fonctionnaires à partir de l’est de l’Ontario s’en retournent chez eux ou y sont déjà.

Certains fonctionnaires ont dit n’avoir été informés du courriel que le soir même par des amis habitant sur la côte Ouest. Le courriel se termine par « Pour obtenir de plus amples renseignements sur la transition, veuillez consulter votre site intranet plus tard aujourd’hui et parler à votre gestionnaire ».

Plus tard dans la soirée, une foire aux questions a été publiée sur le site intranet de Passeport Canada. Cependant, comme les fonctionnaires ne peuvent accéder à l’intranet à partir de leur domicile, beaucoup n’ont pas obtenu réponse à leurs questions avant le lendemain matin.

« Évidemment, beaucoup de membres étaient inquiets et n’avaient aucun moyen d’obtenir des réponses à leurs questions. La manière dont ils ont géré la situation démontre à quel point les fonctionnaires étaient la dernière de leurs préoccupations », a ajouté M. Marshall.

Pire encore…

L’une des questions posées par Passeport Canada était « Les syndicats ont-ils été informés? ».

« Oui », a répondu Passeport Canada. Euh… pas vraiment! Le Syndicat des employées et employés nationaux a été informé des plans de Passeport Canada après les employés du Ministère. C’est grâce aux membres préoccupés qui nous ont transmis l’annonce qu’on a pris connaissance du changement.

Passeport Canada a depuis accepté d’apporter des corrections à sa foire aux questions.

Nous en savons encore très peu

Dès qu’il a appris la nouvelle, M. Marshall a communiqué avec la présidente-directrice générale de Passeport Canada. Une réunion a eu lieu le lendemain; les représentants de Passeport Canada et de Citoyenneté et Immigration Canada y ont été convoqués.

« À cette réunion, nous avons appris très peu de choses que le public ne savait pas déjà », a affirmé M. Marshall.

En fait, la seule information nouvelle que nous avons reçue est que rien n’avait été planifié; l’employeur commencera à élaborer des plans cette semaine.

Le transfert touche tout l’effectif de Passeport Canada; 850 fonctionnaires seront mutés à Citoyenneté et Immigration Canada, et 1 900 à Service Canada. Le changement entrera en vigueur le 2 juillet.

Service Canada n’a pas encore répondu à notre demande de réunion.

Pourquoi réparer ce qui n’est pas brisé?

Au cours des dix dernières années, Passeport Canada a plus que doublé le nombre de passeports délivrés chaque année, de sorte qu’aujourd’hui, 67 pour cent des Canadiens détiennent un passeport valide.

Selon la présidente-directrice générale de Passeport Canada, l’an dernier, le Ministère a délivré plus de 4,8 millions de passeports aux Canadiens et 99 pour cent de ses clients ont reçu leur passeport à temps ou avant la date indiquée.

Selon le Sondage national sur la satisfaction de la clientèle mené par Passeport Canada en 2008, « on enregistre une importante hausse de la satisfaction à l’égard de la facilité de la présentation de la demande de passeport (41 % des clients se disant très satisfaits, une hausse de 15 points), ainsi que du temps et des efforts requis pour faire une demande de passeport (34 % se disant très satisfaits, une hausse de 17 points)».

« Je ne comprends tout simplement pas pourquoi ce gouvernement veut abolir un organisme qui, manifestement, satisfait beaucoup les Canadiens », a conclu M. Marshall.

Compressions budgétaires au Musée des civilisations

Plus tôt cette semaine, on a annoncé de nouvelles compressions budgétaires. Le Musée canadien des civilisations a annoncé qu’il éliminait 23 postes; 17 membres sont touchés (14 ont été mis à pied).

Selon les responsables du Musée, les mises à pied sont le résultat d’un « important » déficit budgétaire.

Cela dit, s’il faut en croire son rapport annuel 2012, le Musée se porte bien. Il a atteint ses objectifs en matière de fréquentation : 1,2 million de personnes ont visité le Musée l’année dernière. Les profits générés par les frais d’entrée au Musée canadien des civilisations et au Musée canadien de la guerre n’étaient que de 2,6 % inférieurs à l’objectif visé par l’organisation.

En fait, selon les états financiers, « les recettes d’exploitation globales sont légèrement supérieures à celles de l’exercice précédent, s’élevant à 10,8 millions de dollars. » Toutefois, le Musée est aux prises avec le déficit de l’année dernière, qui est de 658 000 $.

Le Musée affirme ne pas avoir l’argent nécessaire pour maintenir ses employés en poste. Cependant, il va bientôt toucher le pactole, grâce au gouvernement Harper, qui, par ailleurs, il faut bien le redire, aime bien renommer les choses.

Le projet de loi C‑49, Loi modifiant la Loi sur les musées afin de constituer le Musée canadien de l’histoire… qui est en fait la Loi visant à détruire le Musée canadien des civilisations, fera prochainement l’objet d’une deuxième lecture à la Chambre des communes. Le projet de loi vise à éliminer le Musée canadien des civilisations afin de créer le Musée canadien de l’histoire.

On ne parle pas uniquement d’un papier à en-tête tout nouveau, tout beau et d’une nouvelle plaque à l’extérieur de l’édifice; le champ d’activités du musée sera beaucoup moins large, et son mandat changera de façon radicale. Ah oui… et aussi, les contribuables devront débourser 25 M$ (c’est ce que dit le gouvernement Harper, mais la transformation coûtera vraisemblablement plus cher!).

Dans un éditorial publié à la fin de 2012, le directeur exécutif de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, James L. Turk, a écrit que la transformation privera les Canadiens du musée le plus populaire du pays.
M. Turk s’inquiète également du fait que la transformation est largement motivée par l’idéologie.

« Depuis la première annonce du gouvernement fédéral concernant le nouveau Musée canadien de l’histoire proposé, certains ont dit craindre que les horizons du nouveau musée soient limités et qu’il ne serve qu’à véhiculer une version de notre histoire teintée de l’idéologie du gouvernement Harper. »

M. Turk affirme que la transformation s’inscrit dans les politiques sur le patrimoine motivées par des raisons politiques. Nous avons par exemple été témoins de la véritable farce qu’a été la commémoration de la guerre de 1812 qui a coûté 28 M$.

Thomas Peace, boursier postdoctoral en étude des Autochtones d’Amérique au Dartmouth College qui travaille pour le CRSH, a récemment souligné que les historiens ne critiquaient pas la commémoration de la guerre de 1812 – mais plutôt l’ironie extrême de toute l’affaire.

« Les historiens sont fâchés parce que le gouvernement paye pour ces projets de commémoration tout en fermant des établissements de recherche qui nous permettent de faire notre travail et en réduisant au silence certains des plus brillants esprits de notre pays qui travaillent au sein de ces établissements. »

Passeport Canada n’est pas cassé!

Chères consœurs et chers confrères,

Nous avons appris, aujourd’hui en fin d’après-midi, que le gouvernement a l’intention de diviser Passeport Canada entre Service Canada et le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Malheureusement, j’ai pris connaissance de la nouvelle seulement lorsque certains membres à Passeport Canada m’ont fait poursuivre le courriel qu’ils ont reçu de l’employeur. C’est inacceptable que l’employeur ne nous ait pas donné de préavis – et je suis atterré du fait qu’il a choisi de faire l’annonce par l’entremise du courriel diffusé à peine quelques minutes après que la plupart de nos membres étaient déjà sur le chemin du retour.

Je vais participer à une rencontre avec l’employeur demain afin d’en apprendre davantage sur leurs plans. Soyez assurés que je partage vos inquiétudes. Les Canadiennes et les Canadiens tiennent Passeport Canada dans la plus haute estime; ils apprécient le service exceptionnel qu’ils reçoivent de la part de nos membres.

Ce gouvernement doit comprendre : Passeport Canada n’est pas cassé et l’on n’a pas besoin de le réparer.

Je promets de vous garder au courant des dernières nouvelles concernant ce changement.

En toute solidarité,

Doug Marshall
Président national
Syndicat des employées et employés nationaux

Point de contact des médias : Ben René 613-769-6905