Journée internationale de la femme – le 8 mars

Journée internationale de la femme

 

par Hayley Millington

Lorsqu’on m’a demandé de soumettre un article pour la Journée internationale de la femme, j’ai accepté avec enthousiasme. Immédiatement, je me suis mise à réfléchir aux nombreuses possibilités qui s’offraient à moi. Finalement, j’ai décidé de m’exprimer de la façon la plus naturelle pour moi, c’est-à-dire d’une façon créative.

À mes yeux, seul un poème peut illustrer la passion que suscite chez moi cette journée ainsi que l’importance de souligner et de célébrer la Journée internationale de la femme.

JE
NOUS
ELLE

Le reflet de moi-même
Les femmes d’hier, d’aujourd’hui et de demain

Les femmes du monde entier, bras entrelacés,
Pour que toute nation soit aimée et protégée
Ses croyances et ses cultures, appuyées

Des femmes massacrées, donnant leur sein dénudé
À des générations assoiffées
Dans la verte plaine et la jungle des cités

ÉCARTÉES  par l’État, prompt à réglementer
PRISES de court par l’apathie de la société
DÉROUTÉES par la guerre et désillusionnées

Des voix déterminées
Clament haut et fort ce que leur sexe impertinent souhaite privilégier
PAIX, INDÉPENDANCE, CONNAISSANCE, SÉCURITÉ ET SÛRETÉ

Se débattant sous les rênes auxquelles la société les a assujetties
Les frontières entre les sexes floues, faussées par les perceptions d’autrui,
Ces sœurs n’ont qu’une idée en tête : survivre, à tout prix

Et ELLE, l’esprit enflammé,
Inspirée par les combats séculaires livrés
S’élève farouchement pour revendiquer
Ses droits à ELLE, qui ne sauraient être aliénés

Son histoire écrite et répétée, ELLE commence à s’éveiller
Ses membres, jusqu’alors immobiles
S’agitent dans un mouvement fluide

Un rire fuse
Des larmes coulent
Ses lèvres se serrent
ELLE se tient debout, droite et fière

JE
NOUS
ELLE

Reflets de moi-même
La femme, hier et aujourd’hui : une histoire universELLE

Cet article a été rédigé par Hayley Millington dans le cadre de notre programme de journalisme syndical. Hayley fait partie du Comité des droits de la personne du SEN et est la représentante nationale de l’équité pour les femmes.

Le nouveau visage du militantisme

Le nouveau visage du militantisme

Imaginez si 1 000 personnes protestaient aujourd’hui même sur la Colline du Parlement. L’événement ferait sans aucun doute les manchettes, non? Et s’il y en avait 40 000? Les politiciens porteraient sûrement attention.

Eh bien, en 2012, 40 000 gazouillis sur Twitter ont protesté contre les modifications proposées par le gouvernement conservateur au Code criminel du Canada : la Loi sur la protection des enfants contre les cyberprédateurs.

Ne vous laissez pas berner par son nom, le projet de loi n’a rien à faire avec les cyberprédateurs et a tout à voir avec l’intention du gouvernement de mettre le nez dans nos disques durs sans mandat.

Si vous vous rappelez, c’est le tristement célèbre projet de loi qui a poussé Vic Toews à faire un George W. Bush de lui et déclarer qu’il fallait soit se ranger du côté du gouvernement, soit « du côté des pornographes juvéniles ».

Le projet de loi a été chaudement critiqué, ce qui a donné naissance à l’un des mots-clics les plus drôles de Twitter de l’histoire canadienne : #tellviceverything (#ditestoutavic). Essentiellement, la twittosphère a décidé que, si Vic Toews voulait vraiment tout savoir, eh bien il fallait TOUT dire à Vic… quitte à en dire trop.

Par conséquent, les Canadiens ont commencé à tout révéler à Vic, depuis un simple excès de vitesse à leur cycle d’ovulation. Même les députés se sont joints au bal. Megan Leslie a parlé à Vic de sa matinée sans café en raison du lait qui avait tourné. Justin Trudeau a ajouté son grain de sel en parlant de son besoin pressant d’uriner.

Au plus fort, le mot-clic a été utilisé plus de 40 000 fois.

Dans l’embarras, le gouvernement a laissé tomber le projet de loi. C’est probablement le seul projet de loi que le gouvernement actuel a laissé tomber en réaction à une contestation publique.

Le mouvement de protestation #Idlenomore est un autre excellent exemple de la façon dont une idée lancée sur Twitter peut galvaniser les forces. En tant que militants, nous pouvons dynamiser ces causes en en parlant sur Twitter.

Nous avons parlé de ces exemples et d’autres exemples la semaine dernière, durant une séance de formation de deux heures sur Twitter en compagnie de représentants nationaux de l’équité du SEN. Les cinq membres espèrent joindre un plus large auditoire en utilisant les médias sociaux.

Durant la formation, on leur a conseillé de rester à l’affût des nouveaux journaux télévisés qui demandent à leur public de faire connaître leur point de vue sur Twitter. Ce sont de telles occasions qui donnent à chacun d’entre nous la capacité de se faire entendre durant un journal télévisé majeur.

Dans bon nombre de ces émissions, on lit de plus en plus de gazouillis en direct. Il s’agit d’un moyen de se rapprocher de leur auditoire.

Les gazouillis ont l’avantage d’être courts et, par conséquent, nous pouvons les évaluer et les lire rapidement. C’est pourquoi beaucoup de journaux télévisés, qui n’avaient jamais pris d’appel ni utilisé un modèle de tribune radiophonique se tournent vers Twitter pour obtenir le point de vue de leurs téléspectateurs.

On encourage aussi les membres à utiliser Twitter comme agrégateur de nouvelles : en suivant une douzaine de sites d’actualité majeurs sur Twitter vous pouvez suivre facilement l’actualité à un seul endroit. Un autre bon conseil : suivez certains de vos journalistes préférés.

Et puisqu’un peu d’autopromotion ne fait jamais de tort, un autre avantage d’être sur Twitter, c’est que vous pourrez gazouiller avec nous durant le Congrès du SEN2014!

L’année dernière, le nombre de Canadiens sur Twitter a augmenté de 80 %. Êtes-vous déjà l’un de ces Canadiens sur Twitter? Dites-le-nous dans la section des commentaires ci-dessous! Encore mieux, faires-nous part de vos commentaires en nous envoyant un gazoulli à @mon_SEN.

 

Des équipes de négo du tonnerre!

Des équipes de négociation du tonnerre!

 

« Je suis sorti de cette conférence vraiment impressionné par la passion, la détermination et l’engagement de nos membres », dit le président national, Doug Marshall, au sujet de la dernière Conférence sur la négociation du Conseil du Trésor.

« Nos membres n’ont pas eu peur de s’investir, ajoute-t-il. Nous avons des membres à tous les niveaux de l’organisation à remercier pour cela, des membres des sections locales qui participent au processus de négociation depuis le début, jusqu’à tous ceux qui ont assisté à la conférence et voté. »

La conférence a permis d’élire quatre membres à l’équipe du groupe PA, deux à celle du groupe EB et un à celle du groupe TC.

Kate Hart, représentante nationale de l’équité pour les personnes LGBT du SEN, compte parmi les quatre membres élus au sein de l’équipe de négociation du groupe PA durant la conférence. Elle admet que son discours sortait de l’ordinaire.

« Nous devons toujours nous limiter à trois minutes, explique-t-elle. J’ai décidé de détendre l’atmosphère. »

Voici les grandes lignes de sa présentation :

« Bonjour. Je suis Kate. Je suis une femme transgenre et lesbienne – et je soupçonne que Tony Clement et moi ne partageons pas la même définition du mot “famille”. »

Elle dit que l’auditoire a éclaté de rire.

Natalie Rainville, jeune travailleuse de Québec qui est aussi membre du SEN, a obtenu une place au sein de l’équipe de négociation du groupe PA. Elle a dit s’être présentée à la conférence avec l’intention de poser sa candidature pour obtenir l’une des places convoitées à la table de négociation.

« Je me suis dit que j’allais me lancer, affirme-t-elle. Et pourquoi pas moi? Je devais essayer. »

Même si elle n’a jamais pris part à des négociations avec le Conseil du Trésor, elle a une solide expérience en matière de négociation. Elle a participé à deux occasions aux négociations régionales dans le secteur hôtelier.

« Pourquoi ne pas mettre cette expérience au service des autres? »

Quant aux dix membres de l’équipe de négociations, elle affirme être épatée par leur grande diversité.

« Il y a beaucoup de diversité, que ce soit sur le plan de l’expérience, de l’âge ou de la présence de membres des groupes désignés », dit-elle, soulignant qu’un autre membre du SEN élu au sein de l’équipe, Stephane Allard, est aussi un jeune travailleur. « Cette belle diversité nous aidera vraiment à représenter tous les membres. »

« Et il y a aussi une grande diversité géographique! » s’exclame Kate Hart, qui se fait l’écho de sa consœur Rainville. « Il y a un représentant de chaque région du pays. Et il y a aussi Geoff Ryan, qui représente les personnes handicapées. En général, les groupes désignés sont bien représentés. »

Les deux femmes ont affirmé que l’événement était une excellente occasion de rencontrer des membres d’autres composantes et d’apprendre de choses au sujet de ce qui se passe dans d’autres lieux de travail.

« J’ai trouvé l’événement très utile », déclare Kate Hart.

Un certain nombre de conférenciers ont pris la parole durant la conférence, et beaucoup de leaders syndicaux qui n’appartiennent pas à l’AFPC ont profité de l’occasion pour exprimer leur solidarité inébranlable. Pour Nathalie Rainville, cette vague de soutien et toutes les idées soulevées l’ont enflammée. Elle est prête à passer à l’action.

« J’ai vraiment l’impression que les membres sont déterminés à lutter pour leurs acquis et à ne faire aucune concession, affirme-t-elle. Ce genre de détermination me rend très enthousiaste. »

Félicitations à Michael Freeman et Terrylynn Brandt, tous deux élus au sein de l’équipe du groupe EB, et qui représentent les membres qui œuvrent dans les domaines de l’éducation, de la bibliothéconomie et de l’encadrement pédagogique.

Nous levons aussi notre chapeau à Suzanne Arsenault, qui aura un défi de taille, celui de succéder à un grand au sein du groupe TC. En effet, durant la conférence, les membres ont profité de l’occasion pour reconnaître les inestimables contributions du vice-président régional de l’Ontario Garry Larouche, qui a participé à tous les cycles de négociation du groupe TC depuis 1996!

(Pour vous donner une idée, en 1996, danser la Macarena était très à la mode…). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fait très longtemps!

 

 

Membres d’OES: La lutte pour l’équité continue

sso_update_feb2014_F

Plus tôt ce mois-ci, les membres aux Opérations des enquêtes statistiques ont communiqué leur message devant l’entrée des bureaux de Statistique Canada à Ottawa. Même s’il y avait une tempête de neige épouvantable, il est impossible que les dirigeants de Statistique Canada n’aient pas entendu la foule dénoncer les conditions de travail injustes de son personnel.

Les négociations des membres d’OES avec leur employeur sont au point mort depuis un certain temps maintenant. Ils doivent attendre qu’une décision soit rendue par la Cour fédérale et la Commission des relations de travail. Cependant, la partie syndicale demeure ouverte à reprendre les discussions.

« Nos conditions de travail continuent à se dégrader », a expliqué Géraldine Fortin, représentante aux droits de la personne du SEN pour la région du Québec et membre de l’équipe de négociation.

Pendant la manifestation, Mme Fortin a fait valoir à quel point la vie était rendue difficile pour les membres d’OES. Elle a dit à la foule que son salaire annuel avait baissé de plus de 50 % en seulement un an. Les employées et employés d’OES n’ont pas de salaire minimum; leur salaire dépend entièrement du nombre d’enquêtes que Statistique Canada doit faire, ce qui peut varier considérablement.

Selon Mme Fortin, bon nombre de membres d’OES vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Ces membres ont vraiment besoin que nous les appuyions haut et fort. Mme Fortin a été particulièrement impressionnée de voir autant de soutien au cours de la manifestation, à laquelle ont participé une légion de membres qui étaient en ville pour la Conférence sur la négociation du Conseil du Trésor.

« J’ai reçu plusieurs tapes sur l’épaule, a dit Mme Fortin. Ça m’a fait du bien. »

Mais c’est en voyant arriver ses collègues intervieweuses sur le terrain de Montréal et de Trois-Rivières qu’elle a senti un élan d’énergie.

« Elles ont bravé la tempête pour venir ici, a expliqué Mme Fortin. Ça changé ma dynamique instantanément – j’ai sauté de joie. »

« Je n’ai pas de mot pour expliquer à quel point j’ai apprécié qu’elles soient là. Ç’a m’a fait chaud au cœur. »

Mme Fortin a dit que ses collègues et elle ont souvent l’impression d’être incompris par leur employeur. Ces sentiments ont été confirmés lorsqu’elle a assisté à la dernière audience de l’arbitrage en janvier.

« La façon dont ils parlent de nous, c’est dégradant. Soit qu’ils ne comprennent pas, soit nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’onde, a-t-elle dit. Cependant, Morgan Gay, notre négociateur, a présenté un bel exposé lors de sa présentation aux arbitres de la commission des relations de travail. »

« Que nous gagnions ou perdions, je suis fière. Je crois que son exposé nous a réellement présentés comme des êtres humains. »

12526120913_8b8a14e203
Les intervieweuses de terrain aux OES qui ont participé à la manifestation.

Journée du chandail rose

pinkshirtday2014_fPar Steve Houston

« Et quand ils sont venus me chercher… il n’y avait plus personne pour prendre ma défense… »

Martin Niemöller

Il m’est arrivé à quelques reprises, dans ma jeunesse, qu’une sorte de divine providence intervienne et se place entre moi et un groupe de fiers-à-bras déterminés à me faire reconnaître de force mon inutilité.

Pour des raisons que je n’aurais pas pu expliquer à l’époque, il y avait toujours dans la meute un garçon qui disait « non ». Ce simple mot m’arrachait au sort terrible qui m’attendait. Cela provoquait des grincements de dents, bien sûr, et mon sauveur devait me pousser sur le côté pour calmer le jeu.

Mais, grâce à ce petit miracle, je pouvais de nouveau respirer. Sans regarder derrière moi, je m’en allais en revivant en pensée ce qui venait de se passer et, peu à peu, je recommençais à me sentir en sécurité dans le vrai monde. Je ne suis jamais devenu ami avec cet autre garçon, mais le seul fait de savoir qu’il existait me permettait d’espérer que les choses s’améliorent.

La Journée du chandail rose évoque aussi une sorte de providence divine. Ce jour-là, nous portons du rose pour dire « non ». De cette façon, nous formons un mur entre les jeunes LGBT et les fiers-à-bras déterminés à les faire se sentir inutiles.

Mais, bien que la situation générale s’améliore, en Amérique du Nord, il y a des endroits dans le monde où ce n’est pas le cas.

L’organisme Human Rights Watch a fait pression sur les autorités de la Russie pour qu’elles réagissent à la violence généralisée à l’égard des gens LGBT. Des cas scandaleux ont été révélés; par exemple, certains fier-à-bras ont utilisé des sites de rencontre pour attirer de jeunes hommes gais et les forcer ensuite à admettre leur homosexualité devant une caméra et les battre sauvagement. Non seulement la Russie ferme-t-elle les yeux sur cette violence, mais, dans ses discours, elle jette de l’huile sur le feu.

C’est pour cette raison que, cette année, les organisateurs du projet It Gets Better ont demandé à leurs partisans d’envoyer des messages d’amour et de soutien aux jeunes LGBT de Russie. Le projet a été lancé en 2010 par Dan Savage et son partenaire Terry Miller en réaction au nombre effarant de jeunes LGBT qui préféraient se suicider que de continuer à souffrir. Depuis, le mouvement est devenu international.

Dans des cas comme ceux-là, il est d’autant plus important que nous intervenions pour protéger les jeunes gens vulnérables contre ceux qui veulent leur faire mal.

Mercredi, nous allons porter du rose pour affirmer notre existence et pour que, pendant un moment émouvant, le monde nous semble accueillant et sûr – des moments émouvants comme cette manifestation de groupe organisée par des élèves du niveau primaire qui assistaient à une partie de hockey des Giants de Vancouver.

Imaginons une manifestation semblable à Sochi… Si nous nous regroupons pour faire échec à la violence, l’avenir sera radieux et rose.

Cet article a été rédigé par Steve Houston dans le cadre de notre programme de journalisme syndical. Steve Houston fait partie du Comité des droits de la personne du SEN et est le représentant régional aux droits de la personne de la région Colombie-Britannique-Yukon.

Mettons fin à l’itinérance

solving_homelessness_f

Le 20 février est la Journée mondiale de la justice sociale. Nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de parler d’un des problèmes de justice sociale auxquels sont confrontées de nombreuses nations : le problème de l’itinérance. Au Canada, 30 000 personnes sont sans abri chaque soir; de ce nombre, plus de 2 800 ne trouvent aucun refuge, dorment dans des voitures, dans les parcs ou sur la rue.

Les personnes les plus à risque de devenir sans abri sont les jeunes, les Autochtones et les personnes victimes de violence familiale.

Au cours de la Conférence nationale de l’année dernière pour mettre fin à l’itinérance, la ministre d’État Candice Bergen a dit que le gouvernement Harper « est déterminé à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires sur cet enjeu complexe ».

Par ailleurs, c’est de cette façon que l’itinérance est habituellement présentée : un enjeu complexe pour lequel il n’existe pas de solution facile, ni de plan en 10 étapes. Et si c’était aussi simple que de donner des appartements aux sans-abri?

Eh bien, c’est exactement ce qu’un des États les plus conservateurs a fait – et il est en voie de mettre fin à l’itinérance d’ici 2015. En seulement huit ans, l’État de l’Utah a réussi à réduire l’itinérance de 78 %. C’est tout un exploit.

Le programme a commencé en 2005, seulement quelques années avant la pire récession depuis la Crise de 1929. Et pourtant, le programme n’a pas été mis au rancart au nom de l’austérité. En fait, malgré les défis supplémentaires causés par le ralentissement économique, il a entraîné d’excellents résultats.

Vous êtes toujours là? Vous devez probablement vous demander comment on procède.

« Le modèle offre aux citoyens sans abri la liberté d’utiliser le système. On leur donne accès à leurs propres appartements, tandis que l’État offre une formation professionnelle et des services sociaux, y compris des programmes contre la toxicomanie, pour aider les résidents à avoir un emploi et une vie sociale stables. »

Pour héberger les sans-abri, l’État a d’abord créé « 579 [unités] à partir des appartements à louer existants, 952 de structures remises à neuf, et 683 de nouvelles constructions ». Si le résident peut trouver un emploi stable, 30 % de son revenu retourne dans les coffres de l’État sous forme de loyer. S’il ne trouve pas d’emploi, « il peut quand même garder son appartement ».

« Cette façon de faire est effectivement rentable », a expliqué Ana Kasparian, coanimatrice de The Young Turks. « Le coût annuel des visites à l’urgence et des séjours en prison pour chaque personne sans abri est de 16 670 $. On a découvert que si on leur fournissait un logement, cela coûtait réellement moins cher; le coût annuel pour fournir un appartement et un travailleur social pour chaque personne sans abri est de 11 000 $. »

Si vous croyez que c’est rentable uniquement parce que les frais de santé aux États-Unis sont élevés, détrompez‑vous.

« Dans le document Blueprint to End Homelessness (2007), du Wellesley Institute, M. Shapcott fait valoir que le coût mensuel moyen pour héberger un sans-abri est de 1 932 $ dans un refuge, 4 333 $ dans une prison provinciale, ou 10 900 $ dans un hôpital, alors qu’il en coûte en moyenne à la ville de Toronto 701 $ en suppléments au loyer et 199,92 $ en logement social. »

On dirait bien que l’itinérance n’est pas un enjeu aussi complexe que ce que les politiciens se plaisent à dire. Non seulement investir dans la prévention de l’itinérance et dans le logement coûterait moins cher aux contribuables, mais ce serait la bonne chose à faire, tant sur le plan moral qu’éthique.

 

Félicitations Section locale 50773

cmhr_rat_f

Le Musée canadien des droits de la personne a d’excellentes nouvelles pour nous : nos membres qui y travaillent viennent tout juste de ratifier leur première convention collective.

« Le processus a été long », admet le vice-président régional, Martin Kaminski. « Cependant, il s’est avéré très positif. »

« Près de 100 % des membres ont voté en faveur de la ratification de la nouvelle convention collective », a dit M. Kaminski.

« Les membres nous ont fait part de très bons commentaires », a expliqué le président de la section locale, Stephen Carney, qui faisait partie de l’équipe de négociation. « Les gens sont heureux du résultat final. »

À la lumière des cartes de commentaires anonymes reçues, il est clair que les membres ont réellement apprécié la persévérance de l’équipe de négociation :

« Cela me semble très bien. Merci à [l’équipe de négociation]. Je suis certain qu’elle a fait de son mieux et je suis très satisfait », a écrit un membre.

« Félicitations à l’équipe de négociation, qui a réussi à conclure une entente équitable! » a écrit un autre membre.

Pour sa part, M. Carney a dit qu’il se trouvait chanceux d’avoir pu participer à l’élaboration de la première convention collective des employées/employés du Musée.

« Je n’avais jamais fait ça auparavant, a admis M. Carney. J’ai participé à des activités syndicales, mais je n’avais jamais travaillé directement à l’échelle locale ni joué un rôle dans un processus de négociation. »

« Cela peut être une expérience très engageante. On finit par se rapprocher de ses coéquipiers. »

Le Musée canadien des droits de la personne ouvrira officiellement en septembre 2014.

Félicitations à l’équipe de négociation : Stephen Carney, président de la section locale, Travis Tomchuk, vice-président de la section locale, Isabelle Masson, agente des droits de la personne, Tracy Thor, représentante régionale de l’AFPC et Stephen Bedingfield, agent négociateur.

La Semaine de l’Inuktitut


par Geoff Ryan

Trop souvent, on regroupe les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits du Canada dans une catégorie : les Autochtones. Même si l’emploi de ce terme facilite les discussions au sujet d’une communauté faisant généralement face à des problèmes semblables et ayant un patrimoine commun, cela donne l’impression qu’il s’agit d’un groupe homogène. Comme nous le savons, c’est loin d’être le cas!

Notre dernier recensement a révélé que, au Canada, on dénombre plus de 60 langues autochtones. De ces langues, l’inuktitut est la langue des Inuits du Canada.

Cependant, la langue n’est pas immunisée contre les pressions modernes. En 2011, 63 % des Inuits ont déclaré qu’ils étaient capables de tenir une conversation en inuktitut; il s’agit d’une chute de 6 % par rapport à la proportion d’il y a tout juste cinq ans.

Heureusement, le gouvernement du Nunavut reconnaît l’importance de faire en sorte que la langue reste vivante et solide.

Depuis maintenant 10 ans, le territoire célèbre chaque année Uqausirmut Quviasutiqarniq (la Semaine de l’inuktitut). Ce n’est qu’une des nombreuses façons dont le gouvernement tente d’encourager sa population à s’informer davantage au sujet de l’histoire de la langue et de son importance pour la communauté.

Cette année, le Nunavut célèbre sa langue du 17 au 28 février, sous le thème suivant : « Notre langue garde notre culture vivante ».

Plus de 35 000 personnes parlent l’inuktitut, et plus de 28 000 l’utilisent comme langue principale à la maison. La plupart de ces personnes vivent au Nunavut, au Nunavik (dans le nord du Québec), dans la région désignée des Inuvialuit (T.-N.-O.) et au Nunatsiavut (Labrador), mais on trouve des personnes parlant l’inuktitut dans l’ensemble des provinces et territoires du Canada.

Alors, voulez-vous apprendre un peu d’inuktitut?

Eh bien, il y a une application pour ça… Oui, vraiment! Élaborée par Pinnguaq, entreprise dont le siège social est situé au Nunavut, Singuistics (application en anglais et en inuktitut seulement) enseigne l’inuktitut par la chanson tout en vous montrant des images d’œuvres d’art inuit. En outre, elle présente des chansons traditionnelles et originales interprétées par des musiciens inuits ainsi que des illustrations réalisées par les meilleurs artistes du Nunavut.

L’application pour iPhone et iPad peut être téléchargée sur le site de l’App Store. Le directeur de Pinnguaq, Ryan Oliver, affirme que des versions pour iPod et Mac de l’application seront bientôt disponibles.

« Nous espérons que les versions pour Android et Windows seront offertes par l’App Store d’ici la fin de 2014, a ajouté M. Oliver. À ce moment-là, nous espérons également disposer de versions de Singuistics dans cinq autre langues autochtones. Nous avons l’intention de produire des versions de Singuistics pour le cri, le micmac, l’ojibwé, le déné et le gwich’in cette année. »

M. Oliver a également hâte à la fin de mars, moment où quatre nouvelles chansons seront présentées sur Singuistics, dont trois d’un groupe d’Iqaluit appelé The Jerry Cans.

« Ces chansons offriront une perspective plus contemporaine sur la façon dont on parle et on chante l’inuktitut de nos jours », a expliqué M. Oliver.

Il y a toutefois une chose que l’application ne peut pas vous enseigner : si vous cherchez le mot qui signifie « bonjour » en inuktitut… Désolé, mais vous n’en trouverez pas un.

Les Inuits disent « bonjour » par un sourire.

Cet article a été rédigé par Geoff Ryan dans le cadre de notre programme de journalisme syndical. Geoff est représentant national de l’équité du SEN pour les personnes handicapées, président de la section locale X0150 et un résident d’Iqaluit depuis plus de 30 ans.

C’est le temps de soumettre des résolutions

Le Syndicat des employées et employés nationaux a, plus tôt aujourd’hui, envoyé un appel pour obtenir des résolutions. Les sections locales ont jusqu’au 11 avril pour soumettre des résolutions.

« Nous voulons réellement faire comprendre que c’est une étape très importante, a déclaré Doug Marshall, président national. Les résolutions sont ce qui permet à nos membres de tous les niveaux de préparer l’avenir de notre syndicat, de décider de quelle façon nous gérons notre organisation. »

Habituellement, les sections locales forment un comité des résolutions qui demande aux membres de rédiger des résolutions. Le comité examine toutes les résolutions et prépare un rapport, qui est ensuite présenté aux membres durant une assemblée générale. Les membres présents débattent de chaque résolution avant de voter. Toute résolution adoptée par la section locale est ensuite envoyée au SEN.

Mais cette fois-ci, les membres peuvent soumettre une résolution au Congrès d’une autre façon.

« Tout membre peut demander à cinq autres membres de signer sa résolution – cette résolution sera ensuite envoyée à nos comités du Congrès aux fins d’examen », a expliqué M. Marshall.

« En fait, c’est grâce à une résolution présentée durant notre dernier Congrès qu’il est maintenant possible de procéder ainsi – cela ne fait que confirmer qu’une résolution peut réellement changer la façon dont notre syndicat fonctionne. »

Plus tard au printemps, le Syndicat des employées et employés nationaux créera ses propres comités du Congrès; ils devront examiner les résolutions, éliminer celles qui se répètent, et rédiger leurs propres rapports pour le Congrès.

On mettra beaucoup l’accent sur ces documents durant le Congrès; pendant plusieurs jours, on s’emploiera à débattre des résolutions et à voter.

Pour voir la lettre visant à obtenir des résolutions, cliquez ici. Si vous avez manqué la lettre d’invitation au Congrès, elle se trouve ici.

Skippy attaque la démocratie

Si vous ne pouvez pas gagner le combat des idées, truquez le jeu. C’est essentiellement ce que les conservateurs ont l’intention de faire avec leur dernier coup : la Loi sur « l’intégrité » des élections.

Et pour démontrer leur engagement envers la démocratie, les conservateurs passeront plusieurs jours à débattre de cet important projet de loi… Oh! Attendez! Tout ça serait logique sur une autre planète!

Fait réel : les conservateurs s’empressent de déposer le projet de loi au Parlement et limitent les débats.

Le projet de loi de 252 pages modifie de façon substantielle la Loi électorale du Canada : on est même allé jusqu’à dire que certaines de ces modifications étaient dignes d’Orwell.

Pour commencer, le projet de loi réduirait au silence le directeur général des élections — tout ce qu’il pourrait nous dire, c’est « comment et où voter ».

Au cours d’une entrevue à la radio de CBC le week‑end dernier, le directeur général des élections, Marc Mayrand, a déclaré que la Loi limiterait sa capacité de « fournir des renseignements à la population ».

De plus, Élections Canada serait dépouillé de ses activités de sensibilisation : il ne serait plus permis de faire des publicités pour encourager les citoyens à voter, parce que le gouvernement conservateur croit qu’un taux de participation de 60 % aux élections est satisfaisant au Canada, et parce que Pierre Poilievre estime que « les candidats politiques réussissent bien mieux à motiver les électeurs à exercer leur droit de vote que les bureaucraties gouvernementales.

Encore une fois, M. Poilievre (alias « Skippy ») croit que les terroristes sont à l’origine du terrorisme….

Cependant, si vous n’êtes pas convaincu que les conservateurs essaient de fausser le jeu en leur faveur, n’oubliez pas qu’ils augmentent la limite des dons et des plafonds de dépenses… tout ça parce que, comme nous le savons en regardant ce qui se passe aux États‑Unis, mettre l’argent des mieux nantis dans la politique renforce vraiment notre démocratie.

La Loi emprunte également une autre stratégie républicaine : promulguer des lois plus strictes concernant l’identification des électeurs dans le but de priver les gens à faible revenu, les étudiants, les sans‑abri et les Autochtones du droit électoral. Les conservateurs crient au loup quant à la question du « recours aux répondants », ce qui reconnaîtrait le droit de vote aux personnes qui n’ont pas les pièces d’identité appropriés.

Extrait de Policy Debrief:

Le ministre Poilievre cite une étude commandée par Élections Canada, rédigée par Harry Neufeld, qui prétend que le taux d’« irrégularités » a atteint 25 % dans les cas de répondants. Cependant, si on jette un coup d’œil au rapport, on peut voir que M. Neufeld utilise le terme « irrégularités » en référence aux fonctionnaires électoraux qui appliquent les politiques « de manière irrégulière », et non à des cas confirmés de fraude par le recours à des répondants.

Cependant, tout comme aux États‑Unis, les conservateurs vont brandir le spectre de la fraude électorale pour prouver qu’ils ont raison. De nombreux États contrôlés par les Républicains ont adopté des lois strictes concernant l’identification des électeurs pour « prévenir la fraude électorale ». Mais, en réalité, le but est de priver du droit électoral les personnes défavorisées sur le plan économique, les étudiants, les Noirs et les Latinos; toutes des personnes susceptibles de voter pour les Démocrates. Près de 11 % des électeurs américains n’ont pas de pièce d’identité avec photo émise par le gouvernement.

Ces nouvelles lois sur l’identification des électeurs ont été lourdement critiquées; le révérend Al Sharpton, militant pour les droits civiques, a comparé ces lois aux taxes de vote du temps de Jim Crow, qui empêchaient les Noirs, qui venaient tout juste d’obtenir le droit de vote, de voter.

La Pennsylvanie et l’Arizona ont vu leur loi sur l’identification des électeurs annulée par les tribunaux. La Floride et l’Iowa ont entamé des enquêtes coûteuses sur la question de la fraude électorale « généralisée », et ça n’a rien donné.

Lorsque le Brennan Institute a étudié la fraude électorale, il a révélé des taux de fraude de 0,0002 % au  Wisconsin et de 0,0006 % dans le New Hampshire. Ce n’est pas précisément ce qu’on pourrait appeler un problème « généralisé ».

Les véritables menaces pour la démocratie prennent la forme de campagnes de désinformation très bien orchestrées. Au cours des élections présidentielles de 2012, les électeurs en Floride, en Indiana et en Virginie ont reçu des appels leur demandant de voter par téléphone.

Ces tactiques de désinformation ne diffèrent pas tant que ça de ce que « M. Pierre Poutine » a fait vivre à de nombreux Canadiens. Cependant, la prétendue Loi sur l’intégrité des élections fait‑elle quelque chose pour réprimer ce type de tactiques de suppression d’électeurs?

« À l’approche d’une prochaine élection, les Canadiens ne savent toujours pas ce qui s’est réellement passé en 2011 ni qui est le responsable », a‑t‑on pu lire dans l’éditorial du Ottawa Citizen. « M. Mayrand a déclaré que le commissaire aux élections fédérales devrait avoir le pouvoir de contraindre une personne à témoigner; ce projet de loi ne prévoit pas une telle disposition. »

« Le retrait des pouvoirs d’enquête d’Élections Canada est le changement le plus révélateur », a écrit le comité de rédaction du Ottawa Citizen.

Le Conseil des Canadiens a sur son site Web une pétition pour la mise en place d’une loi qui permettrait vraiment d’assurer l’intégrité des élections. Le NPD a également sa propre pétition pour demander au Parlement de rejeter le projet de loi C‑23.