L’obligation d’adaptation et la marijuana à des fins médicales

dta_mari_F

L’obligation de prendre des mesures d’adaptation ne fait pas la une des journaux bien souvent, mais ce fut le cas la semaine dernière dans un article du Ottawa Citizen qui traitait de la possibilité que l’utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques force le retour des fumoirs.

« À une époque où il y a une interdiction de fumer sur les terrasses, dans les parcs et dans les restaurants, l’idée peut paraître absurde. Toutefois, ceux pour qui le soulagement de la douleur chronique et d’autres problèmes dépend de la marijuana pourraient bientôt demander la mise en place de mesures d’adaptation en raison de leur médicament, prescrit par un médecin et cultivé à des fins commerciales. »

L’utilisation de la marijuana à des fins thérapeutique est en hausse depuis sa légalisation en 2001. En un peu plus d’une décennie seulement, le nombre de Canadiens autorisés à avoir en leur possession de la marijuana à des fins thérapeutiques a fait un bond, passant de 477 en 2002 à 37 359 en 2013. Santé Canada s’attend à ce que ce nombre augmente à 58 000 en 2014 et qu’il atteigne 450 000 dans 10 ans.

Il n’est pas étonnant que certains spécialistes du milieu du travail prédisent que cette situation, qui suscite déjà un débat, deviendra un gros problème.

L’année dernière, un agent de la GRC a fait la manchette lorsque son employeur lui a dit qu’il ne pouvait pas fumer, pendant qu’il était en uniforme, de la marijuana lui ayant été prescrite légalement. L’agent utilisait la drogue pour l’aider à soulager et à traiter ses symptômes d’ESPT.

La GRC estimait que de fumer en public ou pendant le port de l’uniforme « ne transmettrait pas le bon message au public ».

L’utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques pose un problème complexe aux employeurs, qui doivent composer d’une part avec l’obligation de prendre des mesures d’adaptation et d’autre part avec la perception du public et la santé et sécurité.

Étant donné la longue histoire de la marijuana en tant que drogue contrôlée, ceux qui l’utilisent à des fins thérapeutiques doivent lutter contre un certain niveau de stigmatisation lui étant associée. L’Association canadienne de dispensaires de cannabis médical espère que ce genre de discussion aidera à faire passer la perception de la marijuana par le public d’une drogue illicite à un médicament.

Sur le plan de la santé et sécurité, certains employeurs peuvent être préoccupés par la capacité d’un employé d’effectuer son travail de façon sécuritaire et efficace alors qu’il consomme la drogue. Il est important que ces employés ne compromettent pas leur sécurité ou celle des autres. À l’avenir, il pourrait être possible pour les patients de se procurer de la « marijuana de confection », des souches de la drogue conçues pour traiter des symptômes spécifiques sans affecter les aptitudes cognitives et les habiletés motrices.

Par contre, ces problèmes n’effacent pas l’obligation de l’employeur de s’adapter aux besoins de ces personnes, à condition que ces mesures ne constituent pas une contrainte excessive. Fondamentalement, ces personnes ne font que traiter une invalidité.

Par conséquent, l’obligation de prendre des mesures d’adaptation mènera-t-elle à la création de fumoirs? Cela pourrait être le cas : le coût de la mise en place d’un fumoir ne représente pas une contrainte excessive. Dans d’autres cas, l’employeur pourrait facilement s’adapter aux besoins d’une personne en lui offrant simplement des pauses plus fréquentes.

Dans un article de Occupational Safety Canada, Cheryl Edwards offre quelques conseils pour les employeurs. Parmi ces conseils, elle suggère de travailler de concert « avec l’employé, son représentant syndical et les professionnels de la santé afin de déterminer les mécanismes qui devront être mis en place pour s’assurer de la protection adéquate de l’employé, des collègues, du public et de l’environnement ».

Enfin, elle recommande de se concentrer non pas sur la drogue qui cause un affaiblissement des facultés, mais plutôt sur la question de l’affaiblissement des facultés.

« Abordez cette situation de la même façon que vous le feriez pour tout autre médicament prescrit par un médecin. »

Juin: Mois national de l’histoire autochtone

natabmonth_f

Mois national de l’histoire autochtone

En 1939, treize Autochtones qui participaient à une conférence sur le bien-être des Premières Nations ont posé un geste audacieux. Pendant que les autres délégués s’occupaient d’adopter des résolutions voulant qu’on accorde rapidement plus d’attention au sort des collectivités autochtones, la délégation autochtone a fait cavalier seul pour faire adopter une résolution de son cru.

La conférence sur les Indiens de l’Amérique du Nord, organisée par l’Université Yale et l’Université de Toronto, semblait pleine de très bonnes intentions. Plus de 70 délégués ont participé à cet événement d’une durée de deux semaines. On comptait parmi eux des universitaires, des missionnaires et des fonctionnaires du Canada et des États-Unis1. Treize indigènes avaient été invités, entre autres un anthropologue iroquois, un missionnaire cherokee, un pasteur de l’Église unie haïda et un avocat des Six-Nations. Edith Brant Monture, arrière-arrière-petite-fille du célèbre chef iroquois Joseph Brant, faisait partie également de la délégation indienne2.

La conférence avait pour objectif « de faire la lumière sur la situation actuelle des pupilles indiennes de l’homme blanc et, dans un esprit scientifique, objectivement et avec bienveillance, de planifier leur avenir de concert avec eux3 ».

Malgré toutes leurs bonnes intentions, les participants non autochtones à cette conférence présumaient que l’assimilation était à la fois bénéfique et inévitable.

« On croyait de manière générale que les Indiens étaient bénéficiaires des changements et qu’ils n’avaient pas voix au chapitre. Dans le jargon normalisé du colonialisme, ils étaient désignés comme des pupilles ou comme des enfants. Il s’agissait toutefois d’un différent type de colonialisme, qui avait pour but non pas l’indépendance, mais bien la disparition4. »

Comme on considérait que l’assimilation était inévitable, les débats s’attachaient uniquement à la vitesse souhaitable de cette assimilation.

L’idée la plus farfelue, celle qui a fait déborder le vase, a été soumise par Diamond Jenness, anthropologue canadien, qui a suggéré d’établir de petites colonies inuites autour des grandes villes du Canada. Car qui veut vivre dans le Nord, n’est-ce pas? L’anthropologue croyait que les Inuits s’en tireraient beaucoup mieux s’ils apprenaient l’anglais et acquéraient des compétences en demande sur le marché dans le sud du Canada, étant donné que, dans le Nord, ils resteraient inévitablement au chômage, dépendants de l’assistance sociale et démoralisés5.

Le dernier jour de la conférence, les délégués ont adopté une résolution visant à faire mieux comprendre « les problèmes psychologiques, sociaux et économiques découlant de l’inadaptation des populations indiennes des États-Unis et du Canada ». Un comité a donc été mis sur pied et chargé de déterminer de quelle façon les conclusions de la conférence devaient être diffusées6.

« Puis, il s’est produit une scission spectaculaire. Les délégués indiens se sont détachés du groupe principal et se sont réunis de leur côté pour adopter leurs propres résolutions […] »

« Bien qu’ils appréciaient avoir été invités à la conférence, les Indiens ont décidé d’organiser leurs propres réunions. Ils n’avaient pas besoin que des fonctionnaires, des missionnaires ou des sympathisants blancs […] prennent la parole en leur nom7. »

Les délégués indigènes ont demandé que soit organisée une « conférence des Indiens sur les Indiens », où ne seraient invités que les « dirigeants indiens de bonne foi vivant parmi des Indiens dans les réserves ». À leurs prières, cette conférence devait être « libre de toute domination politique, anthropologique, missionnaire, administrative ou autre8 ».

Leur geste audacieux, leur appel à l’action et la conférence elle-même sont pour ainsi dire passés inaperçus. Lorsque la conférence a pris fin, le Canada était entré depuis une semaine dans la Seconde Guerre mondiale.


[1] Francis, R. D. et R. Jones, (1988). Destinies: Canadian history since Confederation. Toronto, Holt, Rinehart and Winston of Canada.

[2] A. Cassidy, F. (1991). Aboriginal self-determination: proceedings of a conference held September 30-October 3, 1990. Lantzville, C.-B., Oolichan Books.

[3] Francis, R. D. et R. Jones, (1988). Destinies: Canadian history since Confederation. Toronto, Holt, Rinehart and Winston of Canada.

[4] Cairns, A. (2000). Citizens plus: aboriginal peoples and the Canadian state. Vancouver, UBC Press.

[5] Idem

[6] Francis, R. D. et R. Jones, (1988). Destinies: Canadian history since Confederation. Toronto: Holt, Rinehart and Winston of Canada.

[7] Cassidy, F. (1991). Aboriginal self-determination: proceedings of a conference held September 30-October 3, 1990. Lantzville, C.-B., Oolichan Books.

[8] Francis, R. D. et R. Jones, (1988). Destinies: Canadian history since Confederation. Toronto, Holt, Rinehart and Winston of Canada.

Membres tenus dans l’ignorance: L’APECA ne donne pas de réponses

acoa_f

Lundi passé, le président national, Doug Marshall, a participé à une téléconférence avec l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. Le Syndicat des employées et employés nationaux est préoccupée par la mutation à l’APECA des membres qui travaillent à la Société d’expansion du Cap-Breton; on prévoit que la mutation aura lieu à fin du mois de juin.

Nos inquiétudes n’ont pas été atténuées : l’APECA n’a pas fourni de renseignements concernant les mutations. Le président de l’APECA, Paul LeBlanc, ne nous a communiqué aucun détail à part le fait que l’organisme « travaillait sur les mutations ».

« Des mutations de la sorte sont incroyablement complexes », a déclaré Doug Marshall. « Il y a 33 membres qui vont être mutés d’une organisation extérieure au noyau de la fonction publique. Nos membres ont des questions importantes. Il est déconcertant que l’APECA refuse de consulter avec nous sur des enjeux importants à nos membres »

Ce n’est pas la première fois que le SEN fait face à une telle situation. L’année dernière, une soixantaine de membres qui travaillait à la Commission de la Capitale Nationale ont été mutés au ministère du Patrimoine canadien, ayant seulement avoir pris connaissance de leur nouveau salaire le jour précédant. Il va sans dire que cela a causé de nombreux problèmes et une tonne de griefs qui ne sont toujours pas réglés.

Le SEN veut s’assurer que l’on répond aux préoccupations et aux questions de ses membres. Nous demandons à l’APECA de travailler avec nous et de communiquer ouvertement avec ses employés.

Après la conclusion de la téléconférence, Doug Marshall qui était déçu a écrit une lettre au président local, Gerard McPhee, de la section locale 84200 (Société d’expansion du Cap-Breton) pour l’informer de la position inflexible de l’APECA.

Vous pouvez lire la lettre en cliquant ici. 

La Revue a besoin de vous!

reviewneedsyou_f

Travaillez-vous dans le domaine des communications ou celui des relations publiques? Êtes-vous bilingue? Vivez-vous près de Victoria? Nous avons besoin de vous durant le Congrès du SEN2014, du 10 au 15 août.

Nous sommes à la recherche de deux journalistes sur place qui participeront à la conférence et rédigeront de courts articles pour nous. Durant nos deux dernières conférences, nous avons eu la chance de compter sur des membres très talentueux pour produire La Revue : le communiqué officiel du SEN sur la conférence.

Information connexe : Vous pouvez consulter les éditions antérieures de La Revue ici, ici et ici.

Nous cherchons aussi un ou une photographe de talent. Nous fournissons l’appareil photo, à vous de trouver les sourires à immortaliser!

Si vous voulez nous aider (et que vous n’êtes pas déjà une déléguée ou un délégué… parce que, dans ce cas, vous devez participer au congrès!), envoyez-nous un courriel à l’adresse suivante : communications@une-sen.org. Écrivez une courte liste de vos atouts et assurez-vous d’indiquer la langue que vous maîtrisez le mieux ainsi que votre profil linguistique.

Les bénévoles seront considérés comme étant des observatrices et observateurs, financés par le SEN. Nous allons donc couvrir le déplacement, la chambre d’hôtel, la perte de salaire, l’allocation quotidienne et, au cas de besoin, les soins familiaux.

Affirmation de solidarité à l’Assemblée générale du CTC

clc_conv_F

Il y a un peu plus d’une semaine, le Congrès du travail du Canada a tenue son Assemblée générale à Montréal. Regroupant près de 5 000 délégués, cette assemblée colossale a de quoi donner un complexe de taille à notre minuscule congrès!

Au cours de l’assemblée, Hassan Yussuff a été élu président. Il est la première personne de minorité visible à occuper le poste de président au sein de l’organisation syndicale. M. Yussuff a promis aux délégués que le CTC sera dorénavant  plus actif.

Dans son blogue, la présidente de l’AFPC, Robyn Benson, a écrit que l’élection de M. Yussuf reflète « une volonté puissante au sein du mouvement syndicaliste de changer de tactique et d’adopter une stratégie plus efficace, centrée sur les membres, où tous auront leur place. »

L’élection décisive de M. Yussuf n’était qu’un point marquant parmi plusieurs autres lors du congrès. Pour Evelyn Beckert, l’une des déléguées de l’assemblée, l’événement a été un lieu extraordinaire et inspirant grâce à des conférenciers talentueux provenant d’une multitude de syndicats des quatre coins du pays. C’était là un sombre rappel des luttes sérieuses que mènent les syndicats de tous les secteurs.

« J’ai entendu le syndicat des infirmières en Colombie-Britannique évoquer les compressions épouvantables auxquelles ses membres font face, a expliqué Mme Beckert. Il y a un besoin accru de services médicaux, et on procède pourtant à d’autres compressions. »

À propos de décisions insensées : l’abandon par Postes Canada du service de livraison à domicile était le principal souci de nombreux délégués. Prenant la parole à l’assemblée, le maire de Montréal, Denis Coderre, a qualifié la conduite de Postes Canada de totalement inacceptable.

« Je trouve totalement inacceptable la façon dont se conduit Postes Canada, non seulement pour ses travailleurs, mais pour l’ensemble des citoyens, et je demande à Stephen Harper d’intervenir une fois pour toutes », a déclaré M. Coderre.

M. Coderre estime que la question transcende les relations de travail; c’est une question de respect envers les citoyens. Il a également souligné que les changements touchant le service à domicile auront une incidence sur les gens à mobilité réduite et les personnes âgées.

« Avoir un courrier, c’est essentiel. Mais il y a 6 000 à 8 000 personnes qui peuvent perdre leur emploi. Personne ne viendra me faire croire ici que, par hasard, tout va arriver par attrition », a-t-il ajouté.

« Il y a des emplois qui vont se perdre, et moi je veux que vous sachiez que le milieu municipal est totalement derrière vous. Et on va vous appuyer jusqu’à la fin ».

Les délégués ont vivement réagi à cette manifestation de solidarité. Selon Evelyn Beckert, nous avons désespérément besoin de solidarité en ce moment.

« Nous devons nous soutenir les uns les autres dans cette lutte. Si votre syndicat est le seul à appuyer votre cause, vous n’avez pas autant d’influence que vous le pourriez si tous les syndicats affirmaient que s’en prendre à l’un de nous, c’est s’en prendre à nous tous. »

Mme Beckert mentionne qu’elle participera volontiers à tout rassemblement en appui aux syndicats affiliés. Elle espère que d’autres syndicats se joindront à nous si nous devions lutter pour nos droits. Un combat imminent pourrait être celui des pensions.

Durant l’événement, l’AFPC a présenté une résolution d’urgence relative aux pensions. Selon l’AFPC, le gouvernement offre d’importantes mesures incitatives aux employeurs afin qu’ils convertissent des régimes de retraite à prestations déterminées nettement supérieurs en régimes à prestations cibles.

Il ne fait aucun doute que cela ajoute une certaine instabilité au revenu de retraite – revenu déjà payé d’ailleurs par l’entremise des cotisations de retraite!

Toutefois, l’assemblée n’offrait pas qu’une vision négative. Mme Beckert s’est dite agréablement étonnée de constater que les dirigeants du mouvement étudiant du Québec prenaient part activement au mouvement syndical.

« Certains des dirigeants étudiants sont maintenant sur le marché du travail, a-t-elle indiqué. Plusieurs d’entre eux étaient présents à l’Assemblée générale du CTC; ce sont des syndicalistes très actifs, et ils travaillent avec nous. Leur activisme n’a pas pris fin avec la lutte contre l’augmentation des droits de scolarité. »

Alors, si quelqu’un demande ce qui est arrivé à ces étudiants, vous le savez maintenant : ils sont avec nous!

18 mai – Journée internationale des musées.

intmuseumday_f

Le 18 mai est la Journée internationale des musées. Vous pourriez donc planifier une visite à un musée près de chez vous cette fin de semaine! Notre pays regroupe des musées prodigieux, et pour un grand nombre de nos membres, ces musées sont également leur lieu de travail!

Toutefois, nos musées ne sont pas à l’abri des compressions budgétaires effectuées au nom des mesures d’austérité. Les membres qui travaillent dans ce secteur doivent relever des défis uniques.

« La plupart des personnes travaillant dans les musées, les galeries et les archives préféreraient de loin être subordonnées à des organismes de financement libres de tout lien de dépendance », déclare Terry Quinlan, professeur au département de conservation du Collège Algonquin, à Ottawa. Le Collège offre le plus ancien programme de formation muséologique au Canada, qui remonte à 40 ans.

Nos musées nationaux ont pour tâche, ô combien importante, de recueillir, de documenter, d’interpréter et de préserver les objets d’une importance culturelle – des objets qui nous appartiennent tous, collectivement. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral a l’obligation légale, en vertu de la Loi sur les musées, de fournir à ces institutions les moyens d’accomplir leur travail.

« C’est là une exigence essentielle et fondamentale des institutions publiques : le gouvernement fédéral doit leur allouer les fonds pour la réalisation de leur mandat. »

De plus en plus, toutefois, les musées côtoient des sociétés afin de s’acquitter de leurs obligations fiduciaires. M. Quinlan souligne la commandite de un million de dollars de Barrick Gold pour le Musée canadien de la nature qui illustre cette tendance de façon troublante. Il estime que l’influence grandissante des sociétés est « menaçante ».

Or, en dépit de la nouvelle source de financement, l’ampleur des réductions de coûts dans les musées et les lieux historiques nationaux demeure inquiétante.

« Partout au pays, nous avons observé des réductions draconiennes, explique M. Quinlan. À Parcs Canada, entre autres, nombreux sont ceux qui ignorent que l’organisme avait des centres de service d’un bout à l’autre du pays qui s’occupaient de nos artefacts culturels collectifs provenant de l’ensemble de nos lieux historiques nationaux. »

Le gouvernement les a fermés; une seule installation existe encore à Ottawa. Selon Terry Quinlan, même les activités de cette installation ont été revues à la baisse. Alors qu’elle disposait de 20 conservateurs, il n’en resterait plus que sept!

Tandis que, du côté de la préservation, on accuse le coup, il en va de même de la capacité de ces institutions de mobiliser et d’éduquer les visiteurs. Malheureusement, 26 lieux historiques ont perdu les interprètes du patrimoine qui donnaient vie à l’histoire, qui rendaient l’apprentissage plus attrayant. Sur la liste de 2012 des lieux historiques nationaux de Parcs Canada qui passent au mode auto-interprétation, la maison Laurier vient en douzième place.

« Nous sommes partenaires de la maison Laurier depuis 15 ans, précise le professeur du département de conservation. J’ai vu les employés se faire anéantir avec un certain acharnement au cours des six dernières années. C’est un lieu exceptionnel, riche d’interprétation, avec une multitude de connaissances à transmettre au public, et on a complètement réduit ses ressources! »

Le professeur Quinlan mentionne qu’on incite les visiteurs à explorer le lieu à l’aide d’une application.

« C’est tout à fait étrange, ajoute-t-il. Je pense que certains ministères et organismes fédéraux adoptent promptement la technologie et, parce que c’est une façon moins chère de faire les choses, donnent à penser que c’est une meilleure façon de faire. »

« Je ne suis pas d’accord. Attendez de voir dans cinq ans. »

D’ailleurs, si vous ne pouvez pas faire participer les gens au moyen d’Internet, vous devez les attirer. Terry Quinlan affirme que de nombreux musées ont recours à des initiatives novatrices pour rejoindre les gens en dehors de leur public type.

« Un des plus grands défis – et beaucoup d’institutions s’évertuent maintenant à le faire – consiste à intéresser la population appartenant à la tranche d’âge intermédiaire, indique-t-il. Les 20 à 35 ans – on s’efforce de les inciter à découvrir leur passé culturel collectif. Pour ce faire, les institutions se tournent vers la technologie moderne; elles essaient des approches innovatrices. »

À son avis, la série Nature Nocturne du Musée canadien de la nature est un excellent exemple des efforts déployés pour atteindre les membres de ce groupe d’âge. Le Musée n’hésite pas à décrire ses activités de fin de soirée comme une chance pour les adultes de s’amuser et de profiter du musée, à leur convenance. Il est possible de visiter toutes les galeries et, en plus, il y a de la musique, de la nourriture, des boissons… et une piste de danse!

« Le Musée royal de l’Ontario offre une expérience similaire, ajoute M. Quinlan. Qui peut prévoir le succès de telles tentatives? Et ce n’est qu’un début… »

« C’est formidable! Je pense que, si vous essayez de rester une institution du passé, vous ne survivrez pas. C’est tout simplement impossible. »

17 mai – La Journée int. contre l’homophobie et la transphobie

intdayhomophobia_f

 

par Kate Hart

Depuis 2005, le 17 mai est la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Cette date marque le jour où, en 1990, l’Organisation mondiale de la santé a supprimé l’homosexualité de sa liste des maladies mentales.

Au départ, cette journée était la Journée internationale contre l’homophobie et avait pour but d’accroître la sensibilisation à l’égard de la discrimination, de la violence et de la persécution dont sont victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles, transgenres et intersexuées partout dans le monde.

En 2009, après qu’il a été reconnu que les communautés transsexuelle et transgenre étaient victimes de violence grave fondée sur le genre, dont la forme était différente de celle associée à l’homophobie, le nom a changé pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

En seulement une décennie, le mouvement s’est répandu à l’échelle mondiale. Cette année, des événements sont organisés dans plus de 120 pays.

C’est un travail remarquable, mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre notre but. Le fait d’être une personne GLBT est toujours illégal dans plus de 80 pays.

Pouvez-vous imaginer ce que deviendrait votre existence si on vous déclarait illégal? Pour quelque chose dont vous n’êtes pas maître, pour la seule raison d’être né ainsi, on vous déclare illégal.

Cela représente la réalité quotidienne de plus de 40 % de la population mondiale.

Qu’en est-il de se retrouver dans le couloir de la mort pour avoir osé aimer? Dans dix pays, être GLBT est toujours considéré comme un crime passible de la peine de mort! Pour oser aimer et pour oser exprimer cet amour envers un autre être humain.

J’ai le sentiment que cette situation ne perdurerait pas si la persécution sévissait à l’encontre des personnes hétérosexuelles. J’ai la certitude que les gouvernements du monde entier considéreraient cela comme un problème bien plus grave.

Alors, voici le défi que je vous lance : levez-vous et aidez à changer cette situation déplorable. Faites pression auprès de votre député afin que le soutien financier étranger soit affecté aux droits de la personne. Lancez une campagne de pétitions à l’intention de tous les députés du pays pour leur dire que cette situation est inacceptable, que nous, en tant que Canadiens, devrions donner l’exemple au monde entier en ce qui a trait aux questions comme celle-ci qui touchent les droits de la personne. Prenez part aux rassemblements et aux célébrations qui ont lieu dans votre collectivité en l’honneur de cette journée et manifestez votre soutien.

Aidez à arrêter la haine.

Aidez à mettre fin au meurtre et à la persécution d’une partie de la société dont le seul crime de ses membres a été de naître comme ils sont.

Kate Hart est représentante nationale de l’équité pour les gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres du Syndicat des employées et employés nationaux. Cet article a été rédigé dans le cadre du programme de journalisme syndical du SEN. Si vous désirez en apprendre davantage, cliquez ici – si vous désirez proposer un article ou si vous avez des questions, veuillez envoyer un courriel à communications@une-sen.org.

À vos marques. Prêts? Partez!

readysetgo_f

Nos serveurs bourdonnaient un peu plus fort aujourd’hui tandis que des centaines de lettres de confirmation de délégués filaient dans la cybersphère. (Nous aurions bien opté pour les hiboux de Harry Potter, mais le courriel est plus rapide!)

Si vous êtes l’un de nos délégués chanceux, c’est l’occasion pour vous de briller! Nous vous demandons d’accomplir deux tâches, avec diligence.

steps_fr

Supposons que vous avez reçu votre lettre de délégué (et que vous l’avez lue attentivement!) vous devrez vous rendre au bureau de votre gestionnaire et faire approuver votre demande de congé.

Votre prochain itinéraire vous mènera à cette nouvelle chose ultramoderne appelée télécopieur. Nous avons besoin d’une copie de votre demande de congé approuvée avant de pouvoir autoriser votre déplacement. Vous pouvez nous télécopier le document au 613-560-4208. Si vous êtes un peu plus branché, vous pouvez transmettre votre demande de congé par courriel à Suzanne Boucher.

Maintenant, vous êtes fin prêts à réserver vos billets. Tous les déplacements par avion et par train doivent être réservés auprès de nos amis à l’agence WE Voyages. Vous pouvez communiquer avec leur bureau d’Ottawa (1‑888‑676‑7747) ou de Vancouver (1‑800‑663‑4703). Vous trouverez tous les détails pratiques sur vos dates de déplacement dans votre lettre de délégué.

Si vous faites tout cela avant le 1er juin, vous participerez à notre tirage d’un prix mystère! (Musique dramatique) Raison de plus pour effectuer toutes ces étapes sans tarder!

Réunion de l’exécutif national

natexec_09_2013_F

L’Exécutif national se réunira à Ottawa du 29 au 31 mai, avant les réunions des comités du congrès. La première séance débutera à 9 h, à l’hôtel Minto Suites.

Si votre section locale veut faire inscrire un point à l’ordre du jour de cette réunion, veuillez communiquer avec votre vice-présidente régionale ou votre vice-président régional et lui fournir de l’information claire et succincte.

À propos de l’exécutif national

L’Exécutif national est responsable des politiques, des programmes et de la direction du Syndicat des employées et employés national. Entre les congrès, l’Exécutif prend des décisions importantes et élabore des politiques nous permettant de nous occuper de notre syndicat. L’Exécutif national se réunit trois fois par année pour passer en revue les activités du syndicat et pour s’assurer que celles-ci correspondent aux désirs des membres.

Hausser les barres

raisingthebars_f

Le drapeau de la fierté gaie flottera à l’hôtel de ville de Gaspé ce mois-ci grâce à l’intervention d’une ardente défenseure des droits de la personne.

La semaine dernière, Géraldine Fortin, notre représentante des droits de la personne pour la région du Québec, a convaincu le maire de sa ville de reconnaître le 17 mai comme étant la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

« Je n’ai pas eu à le convaincre, admet-elle. J’avais préparé mes arguments, et je n’ai pas eu à les utiliser. »

« Ça s’est très bien passé. Tout le monde a été réceptif à la proposition. »

Ça ne sera pas la première fois que la ville de Gaspé posera un geste en faveur de la libre expression. Au cours des récents Jeux olympiques d’hiver, l’hôtel de ville de Gaspé faisait partie des nombreux autres, dans l’ensemble du pays, qui ont hissé le drapeau arc-en-ciel en signe d’opposition à la loi homophobe draconienne votée par le Parlement russe.

Pour une ville d’un peu plus de 15 000 habitants, c’est une prise de position très importante.

« C’est un message d’ouverture à la diversité », déclare Mme Fortin.

Cette fois, cependant, un membre du SEN aura l’honneur de hisser le drapeau. Eh oui, le maire délègue cet honneur à Mme Fortin.

« Je porterai un chemisier arborant le logo du SEN », dit-elle, avec fierté.

Le 17 mai approche rapidement, et Mme Fortin lance un défi aux autres membres en les invitant à poser un geste similaire dans leur collectivité.

« Je suis sûre qu’on peut en faire autant, ailleurs, indique Mme Fortin. Je suis persuadée de ne pas être la seule à vivre dans une petite collectivité. »

Si vous relevez le défi de Géraldine Fortin, veuillez nous le faire savoir par courriel.

Rencontre mairie Gaspé 012 (3)
Dans cette photo: Daniel Côté, maire de Gaspé,; Manon Minville, section locale 10040; et Géraldine Fortin, représentante aux droits de la personne, Québec.