Journée internationale des personnes handicapées – Le 3 déc.

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par Michael Freeman

En tant que personne handicapée, les problèmes auxquels j’ai fait face n’ont pas toujours été des problèmes d’ordre physique; certains des plus importants étaient liés à mon état d’esprit.

 

À Ottawa, pour assister à l’une des dernières réunions du Comité des droits de la personne, j’ai été confronté à l’une des plus grandes peurs de ma vie. J’en étais presque paralysé, mais personne ne pouvait voir qu’il y avait un problème… jusqu’à ce que je décide enfin d’en parler.

 

Pourquoi dois-je cacher mes craintes derrière ma bonne humeur? Pourquoi ai-je l’impression d’être seul dans mes pensées et incapable de dire la vérité au sujet de ce que je ressens?

 

Ma maladie dégénérative physique m’entraîne doucement vers un endroit où je me sens, parfois, impuissant et désespéré, ce qui me force à accepter le fait que je n’y peux rien.

 

Alors même que j’écris ces mots, j’hésite à raconter mon histoire par crainte d’être confronté à mon défi monumental, c’est-à-dire d’être rejeté comme futile.

 

Après une longue journée de réunions, les membres du Comité et moi étions dans le hall de l’hôtel et discutions d’aller souper à quatre coins de rue d’où je me tenais. J’ai commencé à m’imaginer des excuses pour ne pas y aller. Je n’allais pas appeler un taxi pour une distance que je marchais avec une certaine facilité auparavant. J’ai dit à tout le monde que j’étais trop fatigué pour y aller – que j’allais simplement retourner à ma chambre et me commander un repas. Un des membres du Comité m’a proposé d’utiliser un fauteuil roulant, et on m’a dit qu’on allait me pousser jusqu’au restaurant.

 

Et voilà! Mes peurs devenaient réalité. J’avais maintenant besoin d’aide – une aide mécanique – pour faire quelque chose que je faisais naguère avec une certaine facilité.

 

Le fauteuil roulant était devant moi. J’avais une décision difficile et traumatisante à prendre : manger dans ma chambre, seul, encore une fois, ou ravaler ma fierté et tout ce qui m’empêchait d’accepter l’aide qu’on m’offrait.

 

D’après ce que j’ai cru comprendre, c’était le début d’une pente très glissante. Je ne pouvais plus revenir en arrière.

 

En réalité, j’ai utilisé des appareils et accessoires fonctionnels toute ma vie, et je ne les avais jamais vus sous cet angle. Je ne sais pas pourquoi c’était difficile pour moi d’utiliser le fauteuil roulant, mais ce l’était. J’avais un véritable blocage mental qui provoquait du stress, de l’affolement et des émotions négatives. J’ai été surpris de constater que presque tout ça a disparu dès que je me suis assis dans le fauteuil.

Le stress mental causé par mon handicap a été un fardeau pendant de nombreuses années. Je suis passé d’un enfant plutôt heureux à un adolescent en colère et confus à un adulte qui a tendance à s’isoler et à se surprotéger. Le stress mental avait presque pris le dessus au moment où j’ai écrit le poème « Prison que je n’ai pas choisie ».

Prison que je n’ai pas choisie
Par Michael Patrick Freeman

Me voilà, assis
Enfin seul
Mes pensées m’appartiennent
J’en suis l’unique auteur.

 

Personne ne veut connaître les rouages de l’esprit
Ni l’objet de ses pensées
Lorsque cet esprit est celui d’un homme
D’un homme comme moi
Seul, enfin.

 

Me voilà, assis
À attendre
À désirer
À chercher une solution
Pour quitter cette prison que je n’ai pas choisie.

Les choses ont changé pour moi; je me sens moins isolé. Je participe aux activités qui m’intéressent et qui me permettent de me dépasser. Je me surprotège moins parce que j’ai commencé à parler du fardeau que je porte avec ceux qui veulent bien m’écouter. Je comprends le monde dans lequel nous vivons uniquement en raison de la façon dont j’ai géré mon handicap, à la fois sur les plans physique et mental.

Raconter nos histoires personnelles aux autres nous permet de guérir en tant qu’individu. Racontez-nous la vôtre aujourd’hui.

Le 3 décembre est la Journée internationale des personnes handicapées; si vous souhaitez raconter une histoire personnelle, veuillez laisser un commentaire ci-dessous.

Micheal Freeman est représentant national de l’équité pour les personnes handicapées du Syndicat des employées et employés nationaux. Cet article a été rédigé dans le cadre du programme de journalisme syndical du SEN. Si vous désirez en apprendre davantage, cliquez ici – si vous souhaitez proposer un article ou si vous avez des questions, veuillez envoyer un courriel à communications@une-sen.org.

 

 

Oups! L’Agence de la santé publique du Canada contredit Tony Clement

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Nous n’avons pas d’astrologue attitré au SEN, mais, si nous en avions un, il nous dirait probablement que l’alignement des planètes supposait un niveau d’ironie maximal la semaine dernière, lorsque l’Agence de la santé publique du Canada a publié le message suivant sur Twitter :

Si vous êtes malade, restez chez vous et prenez des mesures pour ne pas répandre les germes http://ow.ly/EtNhz  #Journéedesantibiotiques

Ne nous méprenez pas : nous sommes entièrement en accord avec l’Agence de la santé publique. Nous aimerions seulement que Tony Clement tienne compte de l’opinion des experts en santé publique au lieu d’être déterminé à nous faire venir au travail même si nous sommes malades.

Prenez position en faveur des congés de maladie payés – pour tous les Canadiens – en signant la déclaration de l’ASPC.

Notre patrimoine en détérioration

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Au cas où vous l’ignoriez, la Société royale du Canada a publié la semaine dernière son rapport du comité d’experts sur les bibliothèques, les archives et la mémoire collective du Canada. Son analyse de l’état actuel de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est pour le moins cinglante.

Le comité d’experts a utilisé des mots comme « embarras » et « démarche à éviter » pour décrire ce qui est arrivé à l’institution responsable de notre patrimoine documentaire collectif. La frustration au sein du milieu de l’éducation au Canada provient en partie de la fusion des Archives nationales avec la Bibliothèque nationale en 2004 et des compressions budgétaires de 2012.

« En Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, la création de BAC est présentée comme un exemple révélateur de démarche à éviter dans le milieu des bibliothèques et des centres d’archives », ont déclaré les auteurs.

La fusion promettait un accès facile et intégré à notre patrimoine documentaire national, mais, selon les auteurs, au lieu de favoriser la convergence, la fusion a semé la discorde entre les bibliothécaires, les archivistes et les gestionnaires de documents.

« On nous a rapporté que le moral est au plus bas à BAC et que ce déficit est attribuable aux problèmes de ressources humaines associés au fusionnement des deux organisations ».

Ajoutez à cela, les compressions budgétaires le 30 avril 2012; un jour est familièrement connu comme « le lundi noir » parmi les archivistes. Une réduction de 23 % du personnel à temps plein de BAC est prévue d’ici 2016. La Société royale a qualifié ces réductions de services de « draconiennes ».

Dans le rapport, M. Ronald Rudin, professeur d’histoire à l’Université Concordia, relate en détail l’expérience frustrante qu’il a récemment vécue à l’égard de BAC. Avec la perte de personnel spécialisé et l’absence d’accès à des outils d’aide à la recherche numérisés, M. Rudin a finalement dû se rendre à Ottawa une deuxième fois afin de réaliser sa recherche.

« Je suis certain que d’autres ont vécu des situations plus dramatiques, mais considérant que j’utilise les services de BAC depuis plus de quarante ans, je peux très facilement comprendre comment ces nombreux obstacles pourraient décourager une personne utilisant ces services pour la première fois ».

M. Rudin a précisé qu’il n’avait aucune doléance à formuler au sujet des membres du personnel de BAC, lesquels « étaient tous très courtois et nettement débordés ». Il a toutefois ajouté que le manque de personnel avait rendu son expérience inutilement compliquée.

Le rapport met aussi l’accent sur quelques programmes qui ont été soit éliminés, soit réduits, en raison des compressions budgétaires de 2012. On a éliminé le Programme national de développement des archives, qui a permis de soutenir plus de 800 dépôts d’archives à travers le Canada au cours des 26 dernières années, tout comme on a abandonné les expositions publiques et le projet du Musée du portrait. La numérisation se fait à pas de tortue (l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université estime qu’avec le financement actuellement consenti pour la numérisation, il faudrait à BAC de 300 à 700 ans pour numériser ses ressources documentaires publiées). De plus, puisque le budget de BAC prévu pour les acquisitions a été sabré, de plus en plus de nos trésors nationaux se retrouvent entre les mains de collectionneurs privés étrangers.

La Société royale a émis un certain nombre de recommandations concrètes qui pourraient améliorer de façon spectaculaire la situation de BAC.

« Nous sommes sensibles aux défis que doit affronter BAC à la suite des compressions budgétaires, tout comme le sont la majorité des intervenants institutionnels de BAC qui, puisqu’ils ont connu le même sort, savent que des changements sont à prévoir afin de pallier la réduction des ressources », ont écrit les auteurs.

« Le dialogue – aspect que BAC a négligé au cours de la dernière décennie et plus – est un élément essentiel, car il engendre souvent des solutions efficaces et les intervenants sont conscients qu’en étant impliqués dans cette discussion ils pourraient contribuer à l’élaboration de procédés visant à pallier les lacunes de service ».

Manifestation à Sherbrooke pour les membres à StatCan et aux OES

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Le 19 de chaque mois, nos membres manifestent dans le but d’accroître la mobilisation à l’approche des élections fédérales. Hier, à Sherbrooke (Québec), nos membres ont tenu une manifestation pour attirer l’attention sur l’impact important qu’ont les coupes sur Statistique Canada et pour mettre en lumière ce que doivent endurer nos membres d’Opérations d’enquêtes statistiques.

La dernière fois que nous avons fait le point sur l’état des négociations pour nos membres d’OES, notre cas venait d’être entendu devant la Cour fédérale. Nous attendons toujours qu’une décision soit rendue.

Voici un discours prononcé par notre président national, Doug Marshall, à la manifestation d’hier :

Je ne pense pas que j’ai à décrire comment ce gouvernement traite la science et les statistiques; il s’en moque. Statistique Canada aura perdu un tiers de son personnel par l’an 2016.

Que peut-on s’attendre en tant que citoyens et citoyennes?

Moins de données.

Moins d’informations.

Plus de décisions fondées sur l’idéologie au lieu des faits.

Le dédain que ce gouvernement semble avoir face aux statistiques semble s’écouler vers les employés qui sont responsables de la collecte de données.

Nos membres aux Opérations des enquêtes statistiques travaillent sans contrat depuis novembre 2011. Ce sont des hommes et femmes qui collectent des données en faisant du porte-à-porte ou à partir d’un centre d’appel.

Leurs heures de travail dépendent entièrement de la charge de travail.

Pour les membres qui font du porte à porte, un groupe qui est composé essentiellement de femmes, il n’y a aucune garantie de travail, aucun nombre minimal d’heures garanti. Leur salaire est complètement imprévisible.

En d’autres termes, ils n’ont pas de salaire minimum.

Plusieurs de nos membres ont subit une baisse de salaire de plus de 50% en seulement un an.

Les heures varient d’une semaine à l’autre. C’est la manne ou la famine. Plusieurs de nos membres aux Opérations des enquêtes statistiques vivent en dessous du seuil de pauvreté.

L’attribution des heures de travail dépend entièrement des gestionnaires. Ils ne prennent pas compte de l’ancienneté.

Comme nous a dit l’une de nos membres : « si on ne vous aime pas, on ne vous donne pas de travail. »

Notre syndicat se bat depuis 2011 pour assurer le traitement équitable de ces membres – pour éliminer le favoritisme en appliquant un système basé sur l’ancienneté et non les caprices des gestionnaires.

Mais ce gouvernement nous a constamment mis les bâtons dans les roues. Ils se sont opposés à l’ancienneté dès le début. Nous attendons actuellement une décision de la cour fédérale afin de pouvoir poursuivre nos négociations.

Nous espérons que l’employeur retournera à la table de négociation avec le but d’améliorer les conditions de travail pour nos membres.

Nous avons hâte que nos négociations avec cet employeur s’achèvent… tout comme l’ère du gouvernement Harper, d’ailleurs.

Jour du souvernir trans – le 20 nov.

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La Journée du Souvenir Trans (JST) a lieu chaque année le 20 novembre, et c’est « un jour à la mémoire des personnes qui ont été tuées en raison de la transphobie, de la haine ou de la peur du transgenre et des non-conformistes sexuels. Il vise à attirer l’attention sur la persistance de la violence subie par la communauté transgenre ».

La JST a été fondée en 1998 par Gwendolyn Ann Smith, femme transgenre et militante, qui voulait commémorer le nom de Rita Hester, une femme transgenre qui a été poignardée à mort à Alliston, au Massachusetts. Depuis sa création, la JST a lieu tous les ans, le 20 novembre.

Plus particulièrement, cette journée commémore nos sœurs et nos frères décédés qui ont été assassinés parce qu’ils ont osé être eux-mêmes.

Assassinés à cause de l’intolérance des gens et du sectarisme.

Assassinés parce qu’ils ne correspondaient pas au point de vue de certains sur ce qu’est un homme ou une femme.

Ils étaient issus de toutes les races, de toutes les religions, de tous les âges et des pays du monde entier. Et ils ont connu une mort atroce : battus à mort, tués par balle, poignardés, décapités, écrasés par une automobile…

Nous nous souvenons d’eux et nous leur rendons hommage parce qu’il est important d’honorer leur courage et la conviction de vivre leur vie honnêtement et d’être la personne qu’ils sont censés être. Il est important de se souvenir d’eux parce que nous savons tous que cela pourrait nous arriver.

Et nous savons qu’il nous incombe de continuer à lutter pour les droits et la protection qui permettront à tous de se sentir en sécurité.

Et de nous lever et de dire : « NON! Ça ne va pas! »

Personnellement, j’estime que c’est aussi le moment de se souvenir d’autres frères et sœurs de la communauté transgenre qui n’en sont pas sortis vivants pour une foule d’autres raisons : ceux qui ne pouvaient plus vivre avec la douleur et qui ont décidé de partir, ceux qui sont morts avant de pouvoir terminer la transition et ceux qui nous ont quittés en laissant un vide dans notre cœur, là où ils avaient l’habitude d’être.

Alors, le 20 novembre, s’il vous plaît, rappelez-vous mes sœurs et mes frères morts. Gardez-les dans vos pensées et vos prières. Assistez à une cérémonie de la JST dans votre collectivité, si vous le pouvez. Et soutenez les efforts de tous ceux qui essaient de faire avancer la cause afin que les droits des transgenres soient consacrés par la loi, et ce, dans tous les pays du monde.

Aidez-nous à mettre un terme au massacre.

En dernier lieu, en tant que militants syndicaux, manifestez-vous et appuyez l’adoption du projet de loi C-279, visant à insérer l’identité de genre dans la Loi canadienne sur les droits de la personne et dans la législation sur les crimes haineux. Le projet de loi a été adopté à la Chambre des communes et il fait actuellement l’objet d’une séance d’un comité du Sénat. Communiquez avec l’un des sénateurs sur le comité et dites-lui, encore et encore, qu’il faut appuyer l’adoption de ce projet de loi, dans sa forme actuelle.

Nous sommes vos amis; nous sommes vos frères et vos sœurs, vos oncles et vos tantes, vos mères et vos pères, et même vos grands-parents. Aidez-nous à obtenir les mêmes droits que tous les Canadiens. Aidez-nous à vraiment prendre notre place dans cette société.

Kate Hart est représentante nationale de l’équité pour les gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres du Syndicat des employées et employés nationaux. Cet article a été rédigé dans le cadre du programme de journalisme syndical du SEN. Si vous désirez en apprendre davantage, cliquez ici – si vous désirez proposer un article ou si vous avez des questions, veuillez envoyer un courriel à communications@une-sen.org.

SEN – Le calendrier des droits de la personne est de retour!

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Le calendrier des droits de la personne du SEN qui a été présenté au congrès en août est maintenant disponible pour tous les membres.

Les membres du comité des droits de la personne ont décidé de créer un calendrier aux couleurs de notre syndicat pour l’année 2015. Les photographies représentent notre syndicat, notre environnement de travail ainsi que notre diversité. Nous remercions tout ceux et toutes celles qui ont soumis des merveilleuses photos pleines de couleurs dont nous sommes fiers et fières d’afficher dans notre Calendrier des droits de la personne – 2015.

Quelle meilleure façon de nous faire cadeau que celui de fierté et de solidarité pour 2015.  Les calendriers sont disponible sur le principe du premier arrivé premier servi. Veuillez s’il vous plaît contacter votre représentant régional aux Droits de la personne pour vous en procurer.

Le syndicat c’est NOUS

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La campagne Pour un monde plus juste du Congrès du travail du Canada a sans doute favorisé la création d’une conversation nationale au sujet des contributions des syndicats. Alors que l’existence même du mouvement ouvrier est mise en péril par des législateurs conservateurs, qui montent lesles travailleurs et travailleuses uns contre les autres, le Congrès du travail avance un argument simple : lorsque les travailleurs et travailleuses prospère, nous en profitons tous.

C’est un message auquel souscrit la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, plus importante fédération de travailleurs au Québec (FTQ). Ses dirigeants souhaitaient sincèrement adresser le même message aux Québécois, mais aussi aller plus loin.

« Notre campagne, elle vise d’abord et avant tout nos membres », a expliqué Johanne Deschamps, conseillère politique à la FTQ. « Ce qu’on a demandé aux syndicats, c’est de former leurs membres – c’est‑à‑dire de former des animateurs dans les milieux de travail – de façon à aller parler avec les membres. C’est vraiment la partie où nous engageons des conversations avec nos membres sur les divers enjeux. »

D’un côté, la FTQ veut que les membres du syndicat entretiennent des relations plus étroites avec leur syndicat. Elle veut aussi qu’ils aient un plus grand sentiment d’appartenance à leur syndicat et qu’ils portent un regard critique sur certaines des politiques conservatrices proposées par le gouvernement fédéral.

« Souvent, ils nous disent : “le syndicat c’est VOUS”, alors que nous voulons leur dire : “non, le syndicat, c’est NOUS tous ensemble”. »

L’organisation reconnaît que le sentiment antisyndical n’est pas l’apanage des factions conservatrices de notre société; en effet, des idées antisyndicales erronées sont fermement ancrées dans l’esprit de nos propres membres. Grâce à une série de courts clips sur YouTube mettant en vedette de jeunes membres du syndicat, la FTQ tente de détruire la machine à mythes.

« Pas besoin de syndicat! Je peux me débrouiller seul avec le patron » est un des mythes qui perdurent.

« Qu’arrive-t-il si la situation ne se règle pas d’elle-même après avoir parlé au patron? Qu’est-ce que tu peux faire? Est-ce que tu as des recours? Avec le syndicat, au moins t’es sûr qu’il y a d’autres étapes », répond Lydia Bouzgaren, membre de l’AFPC, dans sa vidéo.

Mme Deschamps affirme que les responsables de la FTQ se sont inspirés de syndicats belges, qui ont lancé une campagne semblable qui ciblait les membres du syndicat et la population en général.

« Ils avaient un petit livret qui s’intitulait Les idées toxiques, autrement dit, tout ce qui pose problème et comment on règle ce genre de problèmes. »

Or, ces temps-ci, les idées toxiques abondent. Les syndicats font face aux attaques répétées de tous les ordres de gouvernement.

« Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux semblent tous adopter cette attitude, actuellement – que ce soit des conservateurs ou des libéraux –, ils sont en train de dire au monde entier qu’il y a un problème, que la dette est énorme, qu’on n’a plus d’argent et qu’il faut donc couper. »

« Mais ça, c’est un argument fallacieux parce qu’ultimement, ils sont en train de démanteler l’État. »

« Le Québec ‒ le gouvernement ‒ ne va plus du tout ressembler à ce qu’il était tantôt. Le modèle sur lequel on a travaillé pendant des années s’effondre. »

Mme Deschamps donne en exemple le fameux système de garderies du Québec où les parents paient 7 $ par jour. Il y a même une campagne menée par des syndicats qui fait valoir les avantages de l’adoption de ce modèle à l’échelon fédéral. Mais, maintenant, même cette norme est menacé au Québec.

« Ce que ça montre, c’est que les acquis, même dans une province, peuvent être menacés à tout moment. Il n’y a plus rien qui est vraiment sûr. »

La conseillère politique reconnaît que le suivi de toutes ces compressions et de leurs conséquences est un défi de taille – même pour ceux d’entre nous dont le travail suppose de suivre ces choses tous les jours.

« C’est dur pour nous, alors imaginez à quel point il est difficile pour le public d’avoir l’heure juste au sujet de ces affaires et d’être indigné. Un jour, ils vont avoir un choc parce qu’ils vont se rendre compte que la facture vient d’augmenter – et ils n’auront pas nécessairement vu venir cette augmentation. »

« Moi, je regarde le titre de notre campagne – Pour un monde plus juste –, et il prend toute sa valeur actuellement », conclut Mme Deschamps, dont la voix s’adoucit et s’assombrit. « Il prend vraiment toute sa valeur parce que je ne sais pas comment on va avoir un monde plus juste avec les décisions que ces gouvernements sont en train de prendre. »

Nous voudrions remercier Johanne Deschamps de fond du cœur d’avoir pris le temps de nous parler au sujet de la campagne de la FTQ de même que des actions et des idées conservatrices qui empoisonnent notre société. Si vous voulez en savoir plus sur la campagne, nous vous recommandons fortement de visiter le site du syndicat.

Des lieux de travail sains, j’y crois!

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Les fonctionnaires fédéraux et l’ensemble des travailleurs et travailleuses doivent bénéficier de congés de maladie payés.

Aller travailler lorsqu’on est malade ou perdre son revenu? C’est un choix déchirant que personne ne devrait avoir à faire.

Pourtant, c’est exactement ce que propose le Conseil du Trésor : que les fonctionnaires se présentent au travail même lorsqu’ils sont malades, propageant ainsi leurs germes.

S’il vous plaît, veuillez visiter le site web de l’AFPC et signez la déclaration – appuyez les efforts du syndicat pour négocier des dispositions visant à créer des lieux de travail sains et à améliorer les services publics.

Message aux membres du SEN à la suite de l’attentat survenu à Ottawa

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Les événements qui ont ébranlé les Canadiennes et les Canadiens mercredi nous rappellent ce qui compte — la famille, les amis et les proches.  À titre de membres du syndicat, nous avons toujours appuyé ces valeurs fondamentales.

Nous offrons nos sincères condoléances à la famille du Caporal Nathan Cirillo.

Nous sommes fiers du travail accompli par tous les premiers répondants lors de cette journée tumultueuse de même que tous les autres jours. Ces événements rappellent aux Canadiennes et aux Canadiens que le travail de ces personnes, qu’il s’effectue dans l’ombre ou non, est de servir et de protéger tous les citoyens.

Au cours des semaines et des mois à venir, nous collaborerons avec nos employeurs afin d’examiner et d’améliorer les procédures et les pratiques en matière de sécurité sur les lieux de travail dans le but de nous assurer que les membres du syndicat — ainsi que les membres du public — puissent bénéficier des services que nous offrons sans crainte.

Nous comprenons que les événements en ont traumatisé plusieurs. Nous souhaitons vous rappeler que vous pouvez utiliser les services de soutien offerts dans le cadre du programme d’aide aux employés (PAE) afin de discuter, en groupe ou de façon individuelle, de vos réactions à l’égard des événements de cette semaine. Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec votre service des RH.

En toute solidarité,

 

Doug Marshall
Président national
Syndicat des employées et employés nationaux — AFPC

Les OES se font entendre

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Comme nous l’avons signalé plus tôt cette semaine, la Cour fédérale a entendu nos arguments concernant la capacité de soumettre à l’arbitrage des propositions fondées sur l’ancienneté. L’équipe de négociation veut obtenir ces dispositions pour les intervieweurs sur le terrain (ceux qui font du porte-à-porte pour mener les sondages) et les employés de bureau régionaux (ceux qui effectuent les sondages par téléphone).

Mary Anne Walker, vice-présidente régionale pour l’Ontario et membre de l’équipe de négociation, a été en mesure d’assister à l’audience du 8 octobre.

« La question dont la Cour est saisie consiste à déterminer si l’arbitre a commis une erreur en statuant que les deux dispositions ne pouvaient pas passer par l’arbitrage », a expliqué Mme Walker.

Cette dernière s’est empressée de féliciter Andrew Raven, qui représentait les OES.

« Il a fait un excellent travail, a-t-elle affirmé. Nous nous sentions très bien après; nous avions l’impression d’avoir présenté un très bon exposé. »

L’affaire va sans doute créer un précédent. Cependant, tous ces obstacles juridiques que nous avons dû franchir pour y arriver ont retardé la justice pour nos membres des OES, des personnes qui attendent avec impatience d’être traitées de manière équitable au travail.

« Nous ne remercierons jamais assez nos membres de leur patience et de leur attente. Ce n’est pas que quiconque ait tenté d’empêcher la communication d’information; la situation stagnait pendant que nous attendions ce contrôle judiciaire. »