À titre de représentante régionale aux droits de la personne de l’Ontario du Syndicat des employées et employés nationaux (SEN), c’est un honneur de vous parler du mois de la Fierté et de sa très grande importance. En tant que jeune femme noire et en tant que membre de notre syndicat diversifié, je connais très bien les défis et les triomphes qui ont tour à tour parsemé notre marche collective vers l’égalité et la justice.
Le mois de la Fierté, célébré tous les mois de juin, n’est pas seulement un temps pour les festivités; c’est aussi un temps pour la commémoration d’un mouvement important né de la résistance et de la résilience. Le mois de la Fierté remonte aux émeutes de Stonewall, survenues en 1969 à New York; c’est un événement charnière, déclenché par le harcèlement incessant de la communauté LGBTQ+ par la police. Ce soulèvement historique a commencé au Stonewall Inn, établissement sanctuaire de nombreuses personnes marginalisées, particulièrement les Noirs et les Latinosde la communauté LGBTQ+.
Il est essential de reconnaître le rôle crucial qu’ont joué les femmes trans noires dans la naissance du mouvement pour la Fierté. Marsha P. Johnson, une femme trans noire, ainsi que Sylvia Rivera, une femme trans Latinx, étaient sur la ligne de front des émeutes de Stonewall. Leur opposition courageuse à l’oppression systémique a mis en branle un mouvement exigeant visibilité, respect et équité pour tous les membres de la communauté LGBTQ+.
L’héritage de Marsha P. Johnson témoigne du pouvoir de l’intersectionnalité au sein du militantisme. Elle nous a rappelé que la lutte pour les droits de la communauté LGBTQ+ est intrinsèquement liée à la lutte contre le racisme, le sexisme et les inégalités économiques. Aujourd’hui, pendant que nous célébrons le mois de la Fierté, nous honorons ses contributions et celles de tant d’autres qui ont pavé la voie vers une société plus inclusive.
Pour le SEN et ses membres, le mois de la Fierté est l’occasion de réaffirmer notre engagement envers les droits de la personne et la justice sociale. Notre syndicat a toujours été un fervent défenseur des droits de la communauté LGBTQ+, reconnaissant qu’un lieu de travail réellement équitable est un lieu où l’on célèbre la diversité et où il n’y a aucune discrimination ni aucun préjudice.
En tant que jeune femme noire membre du SEN, je suis inspirée par la riche histoire du militantisme intersectionnel. Elle m’encourage à continuer à défendre les politiques et les pratiques qui soutiennent et aident les communautés marginalisées au sein de notre syndicat et ailleurs. Que ce soit pour réclamer des politiques inclusives en milieu de travail ou pour appuyer les membres LGBTQ+ victimes de discrimination, notre action collective est essentielle pour favoriser les droits et le bien-être de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs.
Le mois de la Fierté est un temps pour célébrer tout le chemin qui a été parcouru, mais il nous rappelle aussi qu’il y a encore du travail à faire. En honorant les origines du mois de la Fierté et la contribution de pionnières comme Marsha P. Johnson, nous confirmons à nouveau notre engagement à nous battre pour obtenir la justice et l’égalité. Ensemble, nous pouvons créer un avenir où tous, peu importe leur identité de genre, leur orientation sexuelle, leur race ou leur ethnicité, peuvent vivre et travailler avec dignité et fierté.
En toute solidarité,
Des Hicken Représentante régionale aux droits de la personne, Ontario Syndicat des employées et employés nationaux (SEN)
En plus de défendre les droits des travailleurs aux quatre coins du monde, le mouvement syndical a toujours dénoncé les guerres et les violations des droits de la personne. C’est dans cet esprit que le Syndicat des employées et employés nationaux (le SEN) a décidé de se joindre aux autres syndicats et militants syndicaux du Canada et d’ailleurs pour réclamer un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, un embargo bilatéral sur les armes fournies à Israël et l’acheminement immédiat, sécuritaire et sans entrave de l’aide humanitaire en réaction à la catastrophe qui afflige Gaza.
Le SEN déplore toutes les pertes de vies civiles en Israël et en Palestine. Environ 1 200 Israéliens ont été tués le 7 octobre 2023 lors de l’attaque du Hamas, et quelque 200 civils, dont des enfants, ont été pris en otage. En date du 23 avril 2024, 42 510 Palestiniens ont trouvé la mort, dont 15 580 enfants, et 3 661 ont été détenus de force ou enlevés, y compris des enfants (Euro-Med Human Rights Monitor).
Les représailles continues d’Israël ont forcé plusieurs fois le déplacement de la population entière de Gaza, soit 2,1 millions de Palestiniens, à l’intérieur de la bande de Gaza, sous les bombardements. Israël a coupé l’approvisionnement en carburant, en électricité et en eau, et bloqué l’entrée aux vivres et aux fournitures médicales. Il s’agit d’un châtiment collectif au sens du droit international ainsi que d’un crime de guerre.
Nous avons été témoin ces sept derniers mois d’actes de violence incessants contre la population civile palestinienne, notamment des bombardements continus et la destruction de logements, de lieux de travail, d’hôpitaux, d’écoles et d’universités, de lieux historiques et culturels, et d’infrastructures civiles. Cela a entraîné la famine et la propagation des maladies. Le personnel médical, des travailleurs humanitaires et des journalistes ont été ciblés, encore une fois en violation du droit international.
Cette violence prive les travailleuses et travailleurs palestiniens de toute capacité de subvenir à leurs besoins. Il s’agit d’une violation grave des droits de la personne et des droits des travailleurs. Nous devons, sans plus attendre, réclamer ces protections.
Les droits de la personne des Palestiniens sont aussi un enjeu pour le mouvement syndical. Le SEN, dans cet esprit, reconnaît également l’occupation du territoire palestinien et la répression des droits de la personne des Palestiniens, commencées il y a des décennies. Il importe de souligner que, depuis les années 1970, Israël a profité de la main-d’œuvre palestinienne, accessible et bon marché. Consultez le rapport de mai 2023 du directeur général de l’Organisation internationale du travail pour vous informer sur les conditions de travail actuelles des travailleurs palestiniens.
Nous nous joignons à Alliance de la Fonction publique du Canada (l’AFPC), au Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (le STTP), au Syndicat canadien de la fonction publique (le SCFP) et au Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (le SNEGSP) pour exiger que le gouvernement canadien suspende immédiatement le commerce d’armes et de matériel militaire avec Israël. Le gouvernement du Canada est depuis longtemps un puissant allié militaire, économique et politique d’Israël. Entre octobre et décembre 2023 seulement, ses nouvelles exportations militaires vers Israël ont représenté 28,5 millions de dollars (The Maple, février 2024). Les travailleuses et travailleurs, les syndicats, les groupes de défense des droits de la personne et les gens de conscience ont déployé des efforts dans tout le pays afin de faire obstacle aux fabricants d’armes. Le Nicaragua a averti le Canada et trois autres pays de son intention de les poursuivre devant la CIJ pour avoir continué d’autoriser l’exportation de matériel militaire vers Israël. Le Nicaragua estime que cela a permis à Israël de commettre à Gaza des violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.
Le SEN appuie l’appel à l’action de la Fédération générale palestinienne des syndicats — Bande de Gaza :
Le SEN demande que le gouvernement canadien :
Appelle à un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza
Appelle à la levée du blocus de Gaza, qui dure depuis 16 ans
Appel à la libération de toutes et tous les otages israélien·ne·s et de toutes et tous les prisonnières et prisonniers politiques palestinien·ne·s.
Appelle à l’acheminement immédiat, sécuritaire et sans entrave de l’aide humanitaire, en réaction à la catastrophe qui afflige Gaza
Appelle à la fin des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie
Soutienne la demande présentée par l’Afrique du Sud à la CIJ d’enquêter sur le génocide dont l’État d’Israël se serait rendu coupable
Impose immédiatement un embargo bilatéral sur l’envoi d’armes et d’équipements militaires à Israël
Suspende immédiatement tout soutien militaire et financier au gouvernement israélien et à ses forces armées
Examine les règles en matière d’immigration qu’il vient d’adopter pour les Palestiniens fuyant la mort, dont les conditions sont discriminatoires, et les modifie pour qu’elles soient équitables par rapport aux règles visant les autres peuples fuyant les guerres, comme cela a été fait pour les Ukrainiens, par exemple
S’efforce de trouver pour la région une solution politique et pacifique qui respecte le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
Le SEN :
Se joindra à plus d’un millier d’organisations et syndicats internationaux qui soutiennent la requête de l’Afrique du Sud auprès de la CIJ accusant l’État d’Israël de génocide
Se joindra à d’autres syndicats pour appuyer et faire respecter la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), et travaillera notamment sur le désinvestissement des fonds du régime de pension de la fonction publique fédérale, dont 637 millions de dollars sont investis dans des entreprises complices de l’agression israélienne.
Le SEN souhaiterait aussi, par la présente, offrir ses plus sincères condoléances à toutes les personnes touchées par cette crise. Nous reconnaissons que, plus près de chez nous, beaucoup de nos membres éprouvent une profonde douleur et de l’anxiété en lien avec la violence incessante. Nous savons également que certains membres sont peut-être directement touchés, et sont terrifiés pour leurs parents et leurs proches qui vivent dans la région.
Le SEN et ses membres condamnent tous les actes de violence à l’égard de civils. Nous condamnons du fait même la montée alarmante de l’islamophobie, de l’antisémitisme, du racisme anti-arabe et du racisme anti-palestinien au Canada et dans le monde. Nous souhaitons un dialogue éclairé et respectueux, et soutenons les grandes initiatives en faveur de la paix et de la justice.
LE SEN EST RÉSOLUMENT SOLIDAIRE AVEC TOUTES LES PERSONNES QUI SE VOIENT REFUSER DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX ET PLUS AVANCÉS, QUI INCLUENT LES DROITS DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS – ET NOUS APPELONS LE GOUVERNEMENT CANADIEN À DÉFENDRE LA MÊME CHOSE.
Les membres du SEN se sont présenté.e.s en grand nombre aux côtés d’autres syndicats fédéraux lors d’un rassemblement organisé devant l’Hôtel de ville d’Ottawa pour protester contre le récent projet du gouvernement, qui veut obliger les employés à retourner plus de jours par semaine dans des bureaux mal préparés, inefficaces et coûteux.
Le jeudi 23 mai, le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a tenu un petit-déjeuner avec la présidente du Conseil du Trésor, Anita Anand, qui avait récemment annoncé un plan visant à obliger les travailleurs à retourner au bureau trois jours par semaine.
Le maire d’Ottawa, le premier ministre de l’Ontario et le gouvernement fédéral croient que ce plan permettra de redémarrer l’économie du centre-ville.
La section locale de l’AFPC à Best Theratronics est en grève à compter de 6 h 30 vendredi. Les 12 membres de l’unité se joindront aux membres d’Unifor 1514 qui sont en grève depuis le 1er mai contre le même employeur.
Les membres de l’AFPC-SEN 70369 ont voté à l’unanimité en faveur d’une grève si l’offre sur la table ne s’améliore pas drastiquement.
Les employés n’ont pas obtenu d’augmentation salariale depuis juin 2022. La même année, leurs salaires étaient inférieurs de 24 à 26 % à ceux de leurs comparateurs directs qui travaillent chez BWXT et Nordion, où les membres sont aussi représentés par l’AFPC.
« Il est clair que l’employeur ne se présente pas à la table de négociation avec un mandat sérieux de négocier », a déclaré Alex Silas, vice-président exécutif régional de l’AFPC pour la région de la capitale nationale. « Qu’il s’agisse des négociations avec nos membres de la section locale 70369 ou de la section locale 1514 d’Unifor, le fait que les deux groupes aient dû recourir à des votes de grève pour tenter de faire bouger les choses à la table en dit beaucoup ».
L’AFPC-SEN 70369 négocie depuis mai 2023 et sa convention collective a expiré en mars de la même année. L’équipe de négociation a déposé des demandes monétaires et salariales en septembre et l’employeur a refusé de mettre quoi que ce soit de plus sur la table de négociation en stipulant qu’il n’a pas de mandat monétaire de la part du seul propriétaire de l’entreprise.
L’AFPC a déposé une demande de conciliation en février et la conciliation a eu lieu en mars. L’employeur a demandé plus de temps pour obtenir un nouveau mandat monétaire et n’avait rien de nouveau à offrir lors de la conciliation.
« Nous avions bon espoir que les choses changent lors de la conciliation, mais l’employeur ne semblait pas préparé », a déclaré Alisha Kang, présidente nationale du SEN. « Depuis ce temps, l’employeur n’a cessé de crier à la pauvreté tout en envoyant des courriels confus au lieu de travail qui ne peuvent être perçus que comme de l’intimidation ».
Le 22 avril, l’AFPC a organisé un manifeste avec les travailleuses et travailleurs d’Unifor, de BWXT et de Nordion qui se trouvent à proximité, ce qui a permis de renforcer la visibilité sectorielle et la solidarité entre les travailleuses et travailleurs du secteur de l’énergie atomique à Kanata.
Joignez-vous à nous pour soutenir nos membres UNE à Best Theratronics ce vendredi, le 10 mai 2024.
Les membres seront officiellement en grève et sur la ligne de piquetage à partir de 6h30. Veuillez venir manifester votre soutien à tout moment entre 6h30 et 11h30.
Aujourd’hui, sans se soucier le moins du monde du bien-être de son personnel, le gouvernement fédéral a annoncé que ses fonctionnaires devront travailler au bureau au moins trois jours par semaine à compter de septembre.
Les membres de l’AFPC sont terriblement frustrés et fâchés de cette annonce, sachant que la présence au bureau est gérée différemment d’un ministère à l’autre, et pas toujours équitablement.
Les fonctionnaires sont nombreux à rapporter qu’une fois sur place, ils se retrouvent à passer leurs journées devant leur écran, en vidéoconférence avec leurs collègues d’un bout à l’autre du pays.
D’autres sont forcés de s’installer à la cafétéria ou de tenir des réunions de couloir parce qu’il n’y a pas assez de place pour travailler. Ces problèmes ne feront que s’amplifier puisque le Conseil du Trésor a confirmé aujourd’hui qu’il allait bel et bien réduire de moitié ses espaces de bureau.
Cette décision n’est pas seulement un faux pas, c’est le signe que le plus important employeur du pays est incapable de s’adapter, d’innover et de mener la charge quand vient le temps de faire évoluer les modes de travail.
Pas plus tôt que la semaine dernière, l’AFPC et d’autres syndicats avaient spécifiquement demandé lors d’échanges au Conseil national mixte si l’employeur prévoyait changer sa politique de télétravail, ce que les représentants du Conseil du Trésor ont nié catégoriquement.
Rappelons qu’en vertu de l’entente conclue à la dernière ronde de négociations avec l’AFPC, le Conseil du Trésor devait consulter les syndicats afin de mettre à jour la Directive sur le télétravail, devenue désuète. Or, à aucun moment, il n’a été question d’augmenter le taux de présence au bureau.
Cette décision inattendue a non seulement brisé la relation de confiance entre les membres de l’AFPC et l’employeur, mais piétiné le droit à la négociation collective de milliers de personnes.
Soulignons que le télétravail est l’un des principaux enjeux de négociation du groupe FB, dont les 9 000 membres à l’Agence des services frontaliers du Canada tiennent actuellement des votes de grève. Tout changement apporté à leurs conditions de travail alors que les pourparlers ont cours porte directement atteinte à leur droit de négociation collective.
L’AFPC déposera donc une plaine pour pratique de travail déloyale et envisagera d’autres recours juridiques.
L’AFPC n’entend pas rester les bras croisés et ne manquera pas d’informer ses membres des mesures prises dans les prochains jours.
Les jeunes membres du SEN se sont réunis du 18 au 21 avril pour la toute première Conférence des jeunes travailleuses et travailleurs et sont repartis dimanche, attendant avec impatience de participer à la prochaine conférence.
« On pouvait sentir l’énergie lors de l’inscription jeudi, et cela a duré toute la fin de semaine, a déclaré la présidente nationale du SEN, Alisha Kang. Celles et ceux qui représentent l’avenir de notre syndicat, notre effectif, ont démontré leur force et leur désir d’apporter des changements positifs. »
Au milieu d’occasions de réseautage, d’ateliers de formation et d’interventions captivantes de conférencières et conférenciers invités, Allison Fraser, vice-présidente de la section locale 80178, a posé la question aux personnes rassemblées : pourquoi les jeunes travailleuses et travailleurs ne se font-ils pas entendre davantage au sein du SEN?
La présidente du SEN est rapidement venue au micro et a annoncé la création du tout premier Comité permanent des jeunes travailleuses et travailleurs du SEN.
Allison et ses pairs ont été impressionnés par la rapidité avec laquelle leurs voix ont été entendues.
« Une meilleure représentation conduit à une meilleure mobilisation et appuie la réussite future du syndicat. Donner la parole aux plus jeunes parmi nos membres contribue à favoriser la solidarité intergénérationnelle et crée un environnement de mentorat qui accueille volontiers de nouveaux membres. Les jeunes travailleuses et travailleurs ont une perspective unique et des besoins différents de ceux des syndiqué·e·s plus âgé·e·s. En encourageant les jeunes membres à assumer des rôles de leadership au sein du syndicat à mesure qu’ils progressent dans leur carrière, le syndicat demeure pertinent et attrayant pour ses nouveaux membres. »
Ryan Lipski, qui faisait partie du Comité directeur de la Conférence, était heureux de voir leur vision se concrétiser :
« Cette conférence résume le pouvoir des jeunes travailleuses et travailleurs qui se mobilisent et défendent l’avenir qu’ils souhaitent pour leur syndicat, leurs lieux de travail et leurs communautés. »
La prochaine Conférence des jeunes travailleuses et travailleurs aura lieu au cours du prochain mandat, soit quelque temps après le Congrès triennal de 2026.
Il y aura un rassemblement syndical pendant la pause déjeuner le 22 avril de 12 h à 13 h pour montrer notre appui à notre équipe de négociation et pour discuter des questions que vous pourriez avoir au sujet des négociations, des prochaines étapes, des votes de grève et plus encore.
Quand : Le 22 avril, de 12 h à 13 h Où : 413, chemin March, Kanata 413 March Rd, Kanata, ON K2K 0E4.
Nous aurons de la bouffe et des rafraîchissements pour que vous puissiez assister et manger quelque chose pendant votre pause déjeuner.
Comme l’employeur continue de retarder les négociations, il est important que nous commencions à mobiliser et prendre des mesures dès maintenant pour montrer que nous tenons sérieusement à nos revendications et que nous voulons obtenir une entente équitable.
Sommes-nous autorisés à manifester pendant nos pauses déjeuner?
Oui! Les membres ont le droit d’être informés en dehors des heures de travail, avant ou après les quarts de travail, pendant les pauses payées et non payées et les périodes de repas. Cela signifie que les membres ont le droit de participer à des rassemblements et à d’autres actions syndicales pendant leurs pauses ainsi qu’avant et après le travail.
L’article d’opinion de June Winger, présidente nationale de l’UEDN, a été publié le 1er avril 2024 dans le Ottawa Citizen.
Imaginez que vous fassiez partie d’une équipe indispensable au bon moral des militaires et au soutien de leurs familles. Vous les aidez à garder la forme, vous gérez les magasins où ils font leurs achats et vous êtes là, jour après jour, pour répondre à leurs besoins. Imaginez maintenant qu’on vous répète que votre travail est apprécié, mais qu’il ne sera pas rémunéré à sa juste valeur.
C’est ce qui explique le conflit entre les Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC) et plus de 500 civils qui travaillent sur les bases de Bagotville, Montréal–Saint-Jean, Valcartier, Kingston, Ottawa et Petawawa et qui sont sur les lignes de piquetage depuis plus de deux mois.
Ian Poulter, chef de la direction des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes, a publié une lettre récemment, dans laquelle il invite les militaires à faire preuve de compréhension. Il y parle de dévouement et de soutien aux familles militaires, mais semble oublier les personnes qui rendent cela possible : les travailleuses et travailleurs.
M. Poulter dépeint une situation inévitable où les services offerts aux familles militaires sont sans cesse réduits en raison de la grève. Cependant, il sait très bien que les membres de son personnel civil n’ont pas débrayé par caprice, mais parce qu’ils se sentent acculés au pied du mur, luttant pour des salaires équitables alors qu’ils forment le groupe de fonctionnaires fédéraux le moins bien rémunéré. Il y a lieu de s’interroger sur les priorités de M. Poulter. En effet, bien que ce dernier affirme ne pas disposer d’un budget suffisant pour augmenter les salaires, il trouve les moyens d’embaucher des briseurs de grève et de renforcer la sécurité.
Le personnel des SBMFC est principalement composé de femmes, de conjointes ou conjoints de militaires et de vétérans. Ces personnes gagnent environ la moitié du salaire de leurs collègues, et pourtant, on ne leur propose qu’une augmentation annuelle de 4 %. C’est moins que la recommandation de 4,75 % de la commission de l’intérêt public, et nettement inférieur à la hausse de 6,8 % que les membres du personnel les mieux rémunérés ont reçue l’an dernier. Il ne s’agit pas d’obtenir un traitement de faveur, mais simplement d’être traité avec le même niveau de respect que les autres. Après tout, le prix des aliments et des services publics n’est-il pas le même pour tout le monde?
La santé financière de chaque base et de l’ensemble de la communauté militaire dépend du traitement équitable de tous les travailleurs et travailleuses.
Dans sa lettre, M. Poulter fait appel au soutien et à la compréhension de la communauté militaire, mais c’est lui qui devrait se montrer un peu plus compréhensif. Il ne s’agit pas d’une simple grève, mais d’une lutte pour le respect, la dignité et la reconnaissance des travailleuses et travailleurs qui sont le moteur de ces services.
Le message des grévistes est clair : ils en ont assez. Si M. Poulter valorise sincèrement la communauté servie par les SBMFC, il doit commencer à apprécier ceux et celles qui rendent tout cela possible. Ce ne sont pas seulement les programmes et les services qui sont en cause, mais aussi les membres de son personnel. La plupart gagnent à peine le salaire minimum et éprouvent de graves difficultés financières. Certains ont même recours à des banques alimentaires.
La balle est dans son camp. Va-t-il faire preuve de compréhension, entamer des négociations et trouver une solution, ou bien le conflit va-t-il s’aggraver, érodant encore plus le soutien apporté à nos troupes et à leurs familles? L’issue du conflit montrera clairement si l’engagement envers ceux qui servent s’étend aux travailleuses et travailleurs qui sont à leur service.