1er mai : l’union fait notre force

La Journée internationale des travailleurs et des travailleuses est l’occasion de faire le bilan de nos gains collectifs et de rappeler la force de l’action syndicale pour transformer nos milieux de travail et nos collectivités.  

Nous soulignons cette journée pour honorer les racines de notre mouvement. Le 1er mai 1886, à Chicago, des travailleuses et travailleurs ont déclenché une grève générale revendiquant la journée de huit heures. Leur mobilisation a été violemment réprimée par des forces antisyndicales déterminées à bloquer ces avancées.  

Mais unis, nous sommes puissants. Et en faisant front commun, même devant l’adversité, nous pouvons remporter des gains durables.  

Cent quarante ans plus tard, la journée de huit heures est devenue la norme, et le mouvement syndical continue de se battre pour défendre les acquis et en élargir la portée à toutes et à tous.  

La journée de huit heures n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Ce sont les travailleuses et travailleurs qui ont obtenu les fins de semaineles congés parentaux et de maternitéles lois en santé et sécuritéles normes d’emploi, et une multitude de droits dont nous bénéficions aujourd’hui.  

L’AFPC s’inscrit dans cette tradition de progrès. Elle possède une longue et fière histoire de luttes qui ont permis de rehausser les conditions de travail partout au pays.  

En 1980, plus de 10 000 membres de l’AFPC occupant des postes de commis aux écritures et aux règlements, majoritairement des femmes, se sont mobilisés pour l’équité salariale. Leur lutte a mené à des augmentations de salaire et a contribué à faire avancer l’équité salariale dans toute la fonction publique.  

En 2026, nous poursuivons ce combat. Nous protégeons les services publics qui font la force de notre pays. Nous revendiquons des modalités de travail flexibles. Nous dénonçons l’utilisation abusive des technologies d’IA qui menacent de bons emplois syndiqués. Et nous exigeons des milieux de travail sains et sécuritaires pour tout le monde.  

Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement à l’égard de la solidarité, pilier de notre mouvement. Ensemble, nous pouvons transformer nos milieux de travail et renforcer notre pays.  

C’est en faisant grandir notre mouvement et en restant unis que nous y parviendrons. 

Envie de participer à la campagne pour protéger les services publics et les droits des travailleuses et des travailleurs? Rendez-vous sur onlefaitpourvous.ca pour passer à l’action. 

Imprimez l’affiche de l’AFPC!

Source: AFPC

Jour de deuil national : la santé et la sécurité psychologiques au travail, ça compte!

Le 28 avril, c’est le Jour de deuil national, une occasion de se souvenir des personnes décédées des suites d’un accident de travail ou ayant subi une blessure ou une maladie professionnelle. C’est aussi l’occasion de renouveler notre engagement à lutter pour les survivantes et survivants. 

Cette année, nous insistons sur une réalité importante : la santé et la sécurité psychologiques font partie intégrante de la santé et la sécurité au travail. Le stress et l’épuisement, de même que le harcèlement, la violence et les traumatismes au travail sont encore trop souvent considérés comme étant normaux. Mais ce sont de réels dangers pouvant causer de graves préjudices psychologiques, et il faut les prévenir, comme tous les autres risques professionnels. 

Nous savons que les blessures physiques peuvent miner le bien-être psychologique. La douleur, les traumatismes, les longues convalescences ou les procédures d’indemnisation qui s’éternisent peuvent avoir des conséquences considérables sur la santé mentale et causer stress, anxiété ou dépression. C’est pourquoi la santé physique et la santé psychologique doivent être considérées comme un tout. 

L’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), le Syndicate des Employées et Employés Nationaux (SEN) et le Congrès du travail du Canada (CTC) exhortent tous les ordres de gouvernement à accorder à la santé psychologique la même attention qu’à la santé physique dans les lois sur la santé et la sécurité au travail et sur l’indemnisation des accidents du travail. Il faut s’employer à la prévention, à l’évaluation des risques, à l’application des lois et à une meilleure protection des travailleuses et travailleurs. 

L’AFPC et le SEN sont engagés à lutter pour des milieux de travail plus sécuritaires, tant sur le plan physique que psychologique. Pour savoir ce que vous pouvez faire dans votre milieu de travail, communiquez avec votre section locale, consultez la Trousse santé et sécurité de l’AFPC ou renseignez-vous sur le travail des membres de l’AFPC au Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST)

Le Jour de deuil national est souligné partout au pays. Visitez le site Web du Congrès du travail du Canada pour connaître les événements et cérémonies près de chez vous. 

Source: AFPC

Journée internationale des femmes 2026 — Où en sommes nous?

Journée internationale des femmes : un moment pour réfléchir, pas seulement célébrer

Chaque année, le 8 mars, le SEN s’inscrit dans un mouvement mondial qui a vu le jour il y a plus d’un siècle — un mouvement ancré dans l’action syndicale, la lutte collective et la quête d’égalité. La Journée internationale des femmes n’a jamais été qu’une célébration. Elle a toujours été un appel à l’action.

En 2026, cet appel demeure essentiel.

Au sein du SEN, les femmes continuent de faire avancer notre syndicat par leur leadership, leur engagement et leurs contributions quotidiennes. Nous sommes fiers des femmes qui renforcent notre mouvement — mais la fierté ne suffit pas. L’équité exige de l’action, de la solidarité et des conversations honnêtes sur notre réalité actuelle et sur ce qu’il reste à accomplir.

Les femmes demeurent un groupe en quête d’équité dans les milieux de travail partout au Canada, y compris dans nos propres structures syndicales. Les progrès sont réels, mais les écarts persistent. Et même si la représentation s’est améliorée, elle ne garantit pas l’équité. Le travail se poursuit — sur le terrain, dans les espaces décisionnels et dans les interactions quotidiennes qui façonnent nos milieux de travail et nos communautés.

Ce qui a changé — et ce qui n’a pas changé

Au sein du SEN, nous avons observé des avancées importantes :

  • Plus de femmes accèdent à des rôles de leadership
  • Un langage d’équité renforcé dans les conventions collectives
  • Une sensibilisation accrue aux obstacles liés au genre
  • Une meilleure visibilité des expériences des femmes autochtones, racisées, 2SLGBTQIA+ et en situation de handicap

Mais les défis demeurent :

  • Des inégalités salariales persistantes dans plusieurs secteurs
  • Une charge disproportionnée en matière de soins et de responsabilités familiales
  • Du harcèlement et de la discrimination encore trop peu signalés
  • Des obstacles à l’avancement, particulièrement pour les femmes marginalisées
  • Des milieux de travail encore structurés selon des systèmes qui n’ont pas été conçus pour elles

Ces réalités nous rappellent que l’équité n’est pas un objectif ponctuel — c’est une pratique continue.

L’équité est une question syndicale.
Lorsque des barrières systémiques touchent un groupe, c’est tout le mouvement syndical qui en ressent les effets. Lorsque nous éliminons ces barrières, nous renforçons notre pouvoir collectif.

Au SEN, la solidarité signifie être présent les uns pour les autres — pas seulement lorsque c’est facile, mais aussi lorsque cela demande réflexion, apprentissage et changement. Cela signifie écouter les expériences des femmes, les croire et agir en conséquence. Cela signifie reconnaître que l’équité entre les genres s’entrecroise avec la race, la classe sociale, le handicap, l’orientation sexuelle et la culture.

Une conversation nécessaire

Cette année, nous invitons les membres du SEN à réfléchir avec nous :

  • À quoi ressemble le progrès en 2026?
  • Où les obstacles se manifestent‑ils encore?
  • Comment bâtir un syndicat où chaque femme — chaque membre — peut s’épanouir?

Ce ne sont pas des questions rhétoriques. Ce sont des invitations à façonner ensemble l’avenir de notre mouvement.

Avancer ensemble.

La Journée internationale des femmes nous rappelle que l’équité ne se réalise pas par hasard. Elle repose sur l’action collective, la responsabilité partagée et le courage de continuer à pousser pour mieux.

Nous sommes fiers des femmes du SEN. Nous sommes fiers des progrès accomplis.

Nous avançons lorsque nous avançons ensemble.

Pour en savoir plus

Commission canadienne des droits de la personne. Rapport annuel 2024-2025 de la commissaire à l’équité salariale
Analyse des écarts salariaux persistants et des défis liés à la conformité en matière d’équité salariale.

Gouvernement du Canada. Équi’Vision : Outil de données sur l’équité en matière d’emploi.

Gouvernement du Canada. Égalité des genres : faits et statistiques.

Statistique Canada. Cadre des résultats relatifs aux genres : tableau sur le harcèlement et l’inconduite sexuelle en milieu de travail

Journée internationale de la francophonie – #mon20mars

Par le comité des francophones

Pour souligner la Journée internationale de la francophonie, les membres francophones du Syndicat des employées et employés nationaux (SEN) souhaitent vous raconter l’histoire de la création du comité permanent des francophones au sein de notre Syndicat.

C’est au Congrès de l’Élément national, aujourd’hui le SEN, à Toronto, en 2008, que cette initiative a commencé à germer dans la tête de certain.e.s membres francophones de notre Syndicat à la suite du mauvais traitement réservé à l’une des deux langues officielles des Canadien.ne. s. Deux années se sont écoulées avant que des actions concrètes voient le jour.

Le samedi 14 août 2010 à la Conférence des droits de la personne à Saskatoon, suite au mécontentement des participant.e.s francophones, il a été convenu de rassembler une quinzaine de membres du Syndicat afin de discuter des situations problématiques et d’essayer de trouver des solutions justes et équitables. Daniel Kinsella, alors président national, a été invité à participer à cette rencontre. C’est ainsi que la première rencontre du comité des francophones a eu lieu.

Certaines situations soulevées lors de cette conférence ont été jugées inacceptables et ont poussé les francophiles à agir. Voici quelques exemples :

– lors de l’inscription électronique à la Conférence en français complétée, le programme informatisé nous renvoyait toujours au site en anglais;
– l’agence de voyages Saskatoon Coop n’offrait ni de service bilingue ni de service en français;
– le nom de certain.e.s participant.e.s francophones était mal inscrit sur l’identificateur de laissez-passer;
– les facilitatrices et facilitateurs d’ateliers n’étaient pas bilingues. Les documents d’appui étaient disponibles seulement en anglais;
– lors des ateliers, les francophones non bilingues se partageaient les services d’un.e seul.e interprète;
– l’absence d’interprétation simultanée aux caucus et aux élections;
– le journaliste qui effectuait les reportages était unilingue anglophone. Lorsque la personne interviewée répondait en français, il coupait court à l’entretien en leur disant : « Sorry I don’t speak french ».

Devant ces nombreux constats, le premier objectif du comité a été de devenir un comité permanent faisant partie intégrante de la structure du Syndicat. Le président national a alors donné son appui à cette démarche.

C’est ainsi que, lors du Congrès national de 2011 à Saint John, avec l’appui d’une résolution apportée sur le plancher du congrès et adoptée par les membres présent.e.s, la création du premier comité permanent des francophones du SEN a eu lieu.

Depuis sa création, ce comité continue de veiller à la défense et au respect de la langue de Molière dans le fonctionnement, les activités et événements de notre Syndicat, ainsi que dans la société civile. L’importante présence du SEN lors des différentes manifestations en appui aux Franco-ontarien.ne.s l’automne dernier, face aux coupures aux services en français en Ontario par le gouvernement Ford, illustre cet engagement.

Le comité s’assure de la représentation d’un.e membre francophone dans les comités directeurs de chaque conférence et congrès national. Une firme montréalaise est responsable de la traduction des documents et s’assure que les traducteurs et traductrices sont francophones. La compagnie de voyage W.E. Travel, dont les services sont désormais utilisés par le SEN, les offre dans les deux langues officielles.

Le comité des francophones tient à remercier les personnes qui ont pris la décision de créer un comité francophone pancanadien, Louise Patrice, Jean-Pierre Ouellet et Daniel Toutant, ainsi que la précieuse contribution de Georges St-Jean, conseiller technique, et de Nicole Clermont, pour le soutien administratif, ainsi que toute l’équipe du SEN pour le soutien et les efforts à assurer le service dans les deux langues officielles de notre pays au sein de notre Syndicat.

Bonne Journée internationale de la francophonie!

Le comité des francophones

 

Discrimination dans la fonction publique fédérale; l’histoire d’un membre.

Un membre du Syndicat des employées et employés nationaux fait part d’une expérience personnelle de discrimination en tant que membre de la communauté LGBT et son incidence à long terme.

Bonjour,

Suite aux excuses faites par le Premier ministre canadien vis-à-vis la discrimination du gouvernement fédéral envers la communauté LGBT le 28 novembre dernier, je désire vous partager ma propre expérience personnelle et encourager d’autres employés du gouvernement fédéral à se joindre aux démarches de recours collectif.

A la fin des années 70, j’ai appliqué à un concours aux Affaires étrangères pour les finissants universitaires pour des affectations à l’étranger. Dans le cadre des enquêtes de sécurité qui ont suivi avec la GRC, j’avais déclaré en toute bonne foi que j’étais homosexuel.  Suite à cette enquête, on m’a refusé de joindre la liste de candidats pour un poste au sein du Ministère.  Via le Bureau d’accès à l’information, j’ai alors demandé à prendre connaissance du rapport d’enquête.  Tout le contenu était essentiellement positif, mais certaines parties étaient rayées.  J’ai alors eu un échange avec des personnes qu’on avait approchées lors de cette enquête pour constater que les informations manquantes étaient reliées à la confirmation de mon orientation sexuelle.  J’ai fait appel à la Commission des droits de la personne qui rendit une décision positive contre cette discrimination.  Le Ministère des Affaires étrangères accepta alors de me mettre dans la liste de candidats, mais une couple de mois plus tard, cette liste était fermée, sans jamais avoir eu la possibilité d’entrer à l’emploi du Ministère.

Avec ma maîtrise en relations internationales, je me suis donc résolu à travailler au sein de différentes organisations communautaires, les emplois qui s’offraient alors à moi. Ce n’est qu’en l’an 2000, à 45 ans que j’ai finalement tenté une nouvelle démarche pour entrer dans la fonction publique fédérale.  J’ai alors obtenu un emploi professionnel à Ressources humaines et Développement social Canada.  Six ans plus tard, en 2006, j’ai eu la possibilité d’obtenir une mutation à l’Agence canadienne du développement international pour me retrouver finalement à Affaires mondiales Canada, lors de la fusion entre les deux ministères.

Que de chemin parcouru… entre le concours où j’ai fait l’objet d’une discrimination et mon entrée à Affaires mondiales Canada. Il se sera écoulé 33 ans!  Outre cette opportunité manquée d’entrer dans mon ministère à la fin de mon cours universitaire, me voilà au début de la soixantaine à devoir continuer à travailler jusqu’à 65 ans pour obtenir une pension respectable, soit avec 24 ans d’ancienneté.  Je ne veux pas me plaindre, car la vie a été tout de même bonne pour moi, mais je veux juste souligner l’impact de cette décision discriminatoire sur le parcours d’une vie.

Je suis convaincu que plusieurs d’entre vous avez eu aussi un parcours rendu difficile par les politiques discriminatoires qui prévalaient dans les années passées au sein du gouvernement fédéral.  Je vous encourage donc à faire comme moi et à vous prévaloir du recours collectif.  Ce ne sera pas une solution à tout, évidemment.  Mais ce sera un baume sur les difficultés que nous avons traversées.

Merci de l’attention que vous avez accordée à mon témoignage!

 

Harper est arrêté

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Après dix ans de compression des services gouvernementaux, de mensonges sur la sécurité et les changements climatiques, de mépris pour les autochtones et de tromperie des Canadiens sur nombre de fronts, les électeurs ont accouru aux bureaux de vote pour enfin mettre un terme au règne de Stephen Harper et de son régime conservateur. Les Canadiens ont voté pour la fin des compressions.

« Nos membres, à l’instar de tous les Canadiens, ont vu clairement pendant la campagne électorale que rien n’allait plus au parlement; les principales activités du gouvernement qui y siégeait étaient de duper les gens et d’occulter la vérité » affirme le président national du SEN, Doug Marshall. « Nous espérons établir des relations de travail positives avec le nouveau gouvernement, et nous veillerons à ce que les libéraux remplissent les promesses formulées dans leur programme. »

Nous surveillerons étroitement les promesses suivantes :

  • Renouveler la fonction publique pour que les employés y soient de nouveau respectés et valorisés
  • Hausser les impôts des mieux nantis
  • Augmenter le financement pour des projets d’infrastructure nécessaires
  • Amorcer une enquête sur les femmes autochtones disparues ou victimes de meurtre
  • Abroger diverses lois hostiles aux travailleurs et aux syndicats

Le Syndicat des employées et employés nationaux est prêt à travailler avec le nouveau gouvernement afin d’apporter des changements positifs dans la vie des Canadiens et de renforcer la fonction publique.

Les Canadiens et Canadiennes veulent du changement

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L’AFPC exhorte le nouveau gouvernement à rétablir les services publics et ses relations avec les fonctionnaires fédéraux

OTTAWA, le 19 octobre 2015 – Aujourd’hui, les Canadiens et Canadiennes ont fait leur choix : ils ont rejeté les conservateurs de Stephen Harper et voté en faveur du changement. Et ce sont là des nouvelles qu’accueille favorablement l’Alliance de la Fonction publique du Canada.

« Le nouveau gouvernement libéral a maintenant un solide mandat pour changer les choses, affirme Robyn Benson, présidente nationale de l’AFPC. Pour ce faire, il doit, entre autres, rétablir les services publics et de bonnes relations avec sa fonction publique. Nous enjoignons donc aux libéraux d’oser une nouvelle façon de faire de la politique et de concert avec les députés démocrates et tous les autres élus progressistes, de travailler pour remettre le Canada sur les rails. »

Avant et pendant la campagne électorale, l’AFPC a mené une campagne de sensibilisation publique pour convaincre la population de voter pour stopper l’hémorragie provoquée par l’ancien gouvernement conservateur. Un sondage mené peu de temps avant le jour du scrutin montre qu’une large part de la population croyait que la question des coupes aurait un impact sur les résultats de l’élection.

« Tout au cours de la campagne électorale, nous avons pu constater sur le terrain que les électeurs et les électrices en avaient assez des attaques constantes des conservateurs de Harper à l’égard des fonctionnaires fédéraux. L’AFPC, le plus grand syndicat de la fonction publique fédérale, espère rencontrer le plus tôt possible les représentants du nouveau gouvernement pour discuter des mesures à prendre pour redresser les torts causés par les conservateurs et améliorer les relations de travail au sein de la fonction publique fédérale, » déclare Robyn Benson.

Au cours de ses quatre dernières années au pouvoir, le gouvernement conservateur a adopté une série de projets de loi omnibus qui ont modifié en profondeur les lois sur la négociation collective et celles qui protègent la santé et la sécurité des employés de l’État. Durant la campagne électorale, les libéraux ont promis de rétablir le droit à la libre négociation et d’abroger les lois antisyndicales adoptées par les conservateurs.

« Nous enjoignons au nouveau gouvernement de remplir ses promesses sans tarder », de conclure Robyn Benson.

L’AFPC demande au nouveau gouvernement :

  • De rétablir et d’améliorer les services publics et de procéder à la réouverture des neuf bureaux d’Anciens Combattants fermés par les conservateurs en 2014.
  • D’abroger les dispositions adoptées dans les derniers budgets (C-4, C-10 et C-59) qui ont modifié la législation du travail, imposé des réductions salariales, retiré le droit à l’équité salariale, affaibli les protections en matière de santé et sécurité au travail et permis au gouvernement de retirer unilatéralement les dispositions sur les congés de maladie dans les conventions collectives librement négociées.
  • De rétablir le droit des syndicats de représenter leurs membres lorsque ceux-ci déposent une plainte en matière d’équité salariale.
  • D’abroger le projet de loi C-525, qui entrave la syndicalisation des travailleuses et travailleurs du secteur fédéral, ainsi que le C-377, qui enfreint les droits constitutionnels et le droit à la vie privée.

Jour de deuil national – Une commémoration pleine de dignité

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Par Kevin King

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’assister au congrès annuel du SEN à Toronto, où j’ai eu l’occasion de renouer et de créer des amitiés. Nous avons parlé de questions qui nous tiennent à cœur et, fait plus important encore, des membres que nous représentons.

Nombre d’activités s’offraient à nous près du lieu du congrès, l’hôtel Royal York dans la rue Front, et délégués et invités ont tiré parti des installations et des nombreux endroits avoisinants.

Le premier jour du congrès, je suis sorti seul me promener dans la rue Front et, environ trois pâtés de maisons plus loin, je suis arrivé devant un monument à la mémoire des travailleuses et travailleurs décédés en milieu de travail en Ontario, entre 1900 et 1999.

L’hommage intitulé Monument dédié aux travailleurs blessés de la CSPAAT au Parc Simcoe, est situé en face du Palais de congrès du Toronto métropolitain, près de l’avenue Spadina.

Ce monument est constitué de deux œuvres distinctes. La première s’intitule 100 Workers et consiste en deux longs murs bas faits de granit rouge poli. Sur le dessus des murs se trouvent 100 plaques de bronze et sur chacune d’elle est gravé le nom d’un travailleur qui est mort dans un accident de travail. Sur chacune des plaques de la période entre 1901 à 1999, un nom de travailleur est gravé; la plaque de l’année 2000 est restée vierge.

Le deuxième élément de ce monument s’intitule The Anonymity of Prevention. Il s’agit d’une sculpture de bronze représentant un homme habillé en travailleur et portant un équipement complet de protection, à demi agenouillé, en train de buriner le mur des 100 Workers.

Je ne pouvais m’empêcher de contempler ce magnifique ouvrage en pierre qui fait état du nom des travailleurs, de l’endroit où ils ont travaillé et de la façon dont ils sont morts au travail.

Ces travailleurs avaient une famille, et je suis convaincu qu’ils s’attendaient à rentrer à la maison pour la rejoindre après chaque journée de travail. Je regrette de ne pas avoir partagé avec l’ensemble des délégués au Congrès cette découverte, à trois pâtés de maisons de la salle de conférences, et je me suis senti un peu coupable de ne pas avoir proposé l’occasion de marquer notre visite avec une procession solennelle et une commémoration empreinte de dignité.

Faisons preuve de compassion et reconnaissons désormais le 28 avril comme le Jour de deuil national pour les travailleuses et travailleurs tués ou blessés en milieu de travail, et raffermissons, en tant que syndicalistes, notre engagement à mettre nos milieux de travail à l’abri de tout danger ou de toute maladie professionnels.

Pour voir plus de photos de l’hommage, veuillez cliquez ici.

Respectueusement,

Kevin King
Vice-président exécutif national
Syndicat des employées et employés nationaux, AFPC

Jour de deuil national

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Par Geoff Ryan

Le 28 avril est le Jour de deuil national pour les travailleuses et les travailleurs tués ou blessés en milieu de travail. Au cours de cette journée, les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne, et des cérémonies auront lieu dans les collectivités du Canada. Des travailleurs se rassembleront à ces cérémonies; certains arboreront des brassards noirs, d’autres déposeront des fleurs et des couronnes; des chandelles seront allumées, et les noms des travailleurs qui sont morts à la suite d’incidents en milieu de travail ou de maladies professionnelles seront lus. On demandera aux personnes présentes d’observer une minute de silence à leur mémoire et en leur honneur.

Tout le monde doit assister à ces événements, non seulement pour se souvenir de ces personnes qui ne sont plus, mais aussi pour accroître la sensibilisation à l’égard du fait que la santé et la sécurité au travail doivent être améliorées au Canada.

La plupart des gens sont conscients des dangers liés à l’utilisation d’outils électriques, mais qu’en est-il des dangers liés au fait de travailler dans un immeuble à bureaux? Saviez-vous que l’exposition à l’amiante est la principale cause de décès au Canada liée au lieu de travail, comptant pour près du tiers des demandes de prestations de décès présentées et approuvées depuis 1996? L’amiante entre dans la composition de produits comme les patins de frein, et peut aussi être présente dans les tuyaux et matériaux d’isolation. Nombre de pays ont banni l’amiante, mais ce n’est pas le cas du Canada. Par ailleurs, le gouvernement n’a pas avisé les citoyens que même de petites quantités d’amiante pouvaient constituer un risque cancérogène pour la santé. Il n’existe aucune base de données nationale répertoriant les édifices contenant de l’amiante au Canada, malgré les demandes des syndicats d’en créer une. La Saskatchewan est la seule administration au Canada qui possède une telle base de données. Elle a été créée grâce à l’adoption de la loi de Howard (Howard’s Law).

La commémoration annuelle du Jour de deuil national renforce notre détermination à mettre en place des conditions de travail sûres et de prévenir les blessures et les décès. Cette journée vise autant à se souvenir des disparus qu’à lancer un appel visant à protéger les vivants. J’encourage tout le monde à participer à la cérémonie du Jour de deuil dans leur région et, si aucune cérémonie n’a lieu dans votre région, veuillez envisager d’observer une minute de silence à votre travail.

Geoff Ryan est le vice-président national aux droits de la personne du SEN. 

Fête du Travail ou congé de détente?

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Pendant leurs beaux jours, les défilés de la fête du Travail étaient un spectacle impressionnant. Les gens se rassemblaient le long des rues pour voir les chars allégoriques qui tenaient lieu de monuments dédiés à la contribution de chaque travailleur à la société. C’était un jour où plombiers et pompiers marchaient côte à côte pour symboliser l’unité qui régnait au sein de la classe ouvrière.

Toutefois, les défilés de la fête du Travail ont toujours dû faire concurrence à l’un des principaux buts de la fête : obtenir du temps libre pour s’adonner à des loisirs. De fait, pour de nombreux Canadiens, la fête du Travail évoque davantage une longue fin de semaine de détente au chalet que les tribulations du mouvement ouvrier.

« La tension a été créée au tout début », a expliqué M. Craig Heron, qui enseigne l’histoire à l’Université York. « Il s’agissait d’une célébration du travail qui, implicitement, avait une teinte politique ainsi que d’une journée de plaisir.

« Il est manifestement problématique d’essayer de continuer à concilier ces aspects. »

Selon M. Heron, la fête du Travail se portait bien avant que le Parlement n’en fasse une fête officielle. Selon The Workers’ Festival, livre qu’il a corédigé avec Steve Penfold, les défilés de la fête du Travail remontent au début des années 1880, soit bien des années avant que la journée ne soit officiellement reconnue à l’échelon fédéral (en 1894).

Elle a d’abord été célébrée à Toronto, en 1882, à Hamilton et Oshawa, en 1883, à London et Montréal, en 1886, à St.Catherines’, en 1887, à Halifax, en 1888 et à Ottawa et Vancouver, en 1887. [traduction]

À cette époque, les travailleurs demandaient seulement à leur municipalité locale de déclarer la journée fête civique.

« Ensuite, ils ne faisaient que la célébrer. Les travailleurs prenaient congé pour la journée, a expliqué M. Heron.  En 1894, [le Parlement est] seulement intervenu pour enchâsser dans la loi un fait accompli. »

Ce précieux congé était d’autant plus important à la fin du 19e siècle que les travailleurs n’avaient pas de vacances et que le samedi faisait partie de la semaine de travail.

« Les jours fériés – la fête de Victoria, la fête du Canada et un jour férié au mois d’août, dans certaines parties du pays – étaient les seules vacances. »

En fin de compte, M. Heron considère que le mouvement en faveur des vacances payées était une extension de la demande initiale concernant le congé automnal.

Comme il y avait si peu de congés, le défilé de la fête du Travail a fait face à un concurrent de taille dès le départ. Il n’a pas fallu longtemps aux dirigeants syndicaux pour déplorer le fait que de nombreux travailleurs choisissaient plutôt de passer cette journée de loisirs à la taverne ou à la salle de billard du quartier. Bientôt, le mouvement ouvrier était en concurrence avec un éventail d’autres choix de plaisirs vacanciers, où les forces du marché cherchaient à combler un vide.

Néanmoins, le défilé attirait toujours une foule impressionnante. Les spectateurs pouvaient entrevoir le travail d’un artisan et ses outils de travail. Pour les travailleurs, c’était une occasion de se présenter comme les rouages essentiels d’une société de producteurs. Pour les syndicalistes, c’était une démonstration de force du mouvement ouvrier, démonstration qui, l’espéraient-ils, attirerait davantage de travailleurs dans leurs rangs.

Mais cette situation devait changer au fil des ans.

« La fête du Travail a évolué, a expliqué M. Heron.  Ce que Steve et moi voulions souligner dans le livre, c’était comment elle a été réinventée un certain nombre de fois. »

Les défilés des années 1940 se caractérisaient par ce que M. Heron appelait « une tension plus vive », c’est-à-dire des manifestations enflammées s’apparentant davantage à celles de la Journée internationale des travailleurs. Après la Seconde Guerre mondiale, on a tenté d’intégrer l’activisme aux anciennes traditions.

« On montait un spectacle qui puisait dans les éléments culturels que les gens s’attendaient à voir dans un défilé; on ajoutait les clowns et les jolies filles en jupe courte, a expliqué M. Heron. Ces éléments, qui, aujourd’hui, nous semblent frivoles, coexistaient avec des chars allégoriques soulignant des enjeux cruciaux : “Que nous réserve l’automatisation?” “Nous avons besoin d’une assurance-maladie!” »

Graduellement, à mesure que le mouvement ouvrier entrait dans une période plus tumultueuse, dans les années 1970, les éléments frivoles ont été abandonnés en faveur d’activités qui étaient davantage axées sur la protestation.

Malgré ces fluctuations, une chose est demeurée constante : les défilés de la fête du Travail étaient une initiative populaire habituellement dirigée par un conseil du travail local.

À Ottawa, le défilé de la fête du Travail est organisé par le Conseil du travail d’Ottawa et du district. À quelques jours seulement du grand jour, la voix de Sean McKenny, président du Conseil du travail, résonne déjà avec fierté et enthousiasme.

« Tout est gratuit », de dire M. McKenny, en pressant tout le monde d’assister aux festivités. « Nous offrons des hot-dogs, du maïs en épi, des sacs de chips, des boissons gazeuses et du jus pour tout le monde – pour les enfants, nous avons un château gonflable et organisons des tours de poney. »

Depuis plus d’un siècle un défilé de la fête du Travail a lieu à Ottawa. Et depuis quelques années, les festivités se déroulent selon une formule standard : tout le monde se rassemble à l’hôtel de ville et marche vers un parc à proximité, où le plaisir se poursuit.

M. McKenny soutient que l’événement met davantage l’accent sur la famille et les loisirs que sur l’activisme et la protestation.

« L’une des choses que nous disons souvent, par ici, c’est : “Nous avons un peu plus de 360 autres jours dans l’année pour manifester et nous rassembler; alors aujourd’hui, nous allons nous amuser et célébrer tout le dur labeur que nous effectuons tout au long de l’année.”

M. McKenny fait valoir que, à Ottawa, le défilé est loin de rendre son dernier souffle. Après avoir participé à sa planification pendant plus de 20 ans, il affirme qu’il ne fait aucun doute que le taux de participation a augmenté. De plus, il espère que les attractions axées sur la famille constitueront le prolongement de la campagne du Congrès du travail du Canada, qui vise à brosser un tableau différent des syndicats – un tableau qui contredit les perceptions du public selon lesquelles les membres des syndicats sont radicaux et constamment en grève.

Dans la même veine, les festivités de la fête du Travail continuent d’être un moyen de communication important. Dans leur livre, MM. Heron et Penfold déclarent que les défilés « visaient à transmettre des messages puissants, symboliques et principalement non littéraires au sujet des valeurs sociales et politiques appropriées et des relations sociales acceptables. »

« Dans les années 1880 à 1890, il y avait tout le temps des défilés dans les rues, s’est exclamé M. Heron.  C’était un véritable mode de communication. On s’attendait à voir des défilés; on allait les regarder. Ce qu’on y présentait, l’aspect des gens, la façon dont ils étaient habillés et dont ils s’organisaient, ce qu’ils portaient et ce qu’ils montraient – tout cela était un mode de communication avec la foule qui regardait. »

Toutefois, à l’ère numérique, où les messages peuvent atteindre un public plus vaste, quelle que soit leur proximité avec un centre urbain, les défilés ont-ils encore leur place? Les ressources pourraient-elles être plus sagement investies ailleurs?

M. Heron soutient qu’il y a encore quelque chose de très puissant et viscéral à voir des gens se rassembler pour une manifestation publique.

« Je pense que cela s’inscrit dans le débat auquel tout le monde participe au sujet des médias sociaux, a‑t-il répondu. C’est un débat que nous tenons dans le milieu universitaire au sujet des cours en ligne : quel est l’avantage de rassembler les gens en personne, pour quelque raison que ce soit? »

Au lieu de remplacer l’acte qui consiste à descendre dans la rue, les médias sociaux peuvent servir à favoriser cet acte. Selon M. Heron, Occupy et Idle No More étaient d’excellents exemples de mouvements qui utilisaient ces outils efficacement afin de mobiliser un plus grand nombre de manifestants.

« Des gens qui se tiennent debout ensemble, qui marchent ensemble et qui se retrouvent quelque part en personne dégagent une puissance incroyable. On ne peut ressentir cela d’aucune autre manière.

« Grâce à ces événements, les gens ressentent de la fierté et ont l’impression d’avoir du pouvoir et d’être capables de grandes choses. C’est pourquoi, selon moi, dans les situations de grève et dans le cadre de manifestations, les gens y ont recours encore et encore comme moyen de montrer au monde qu’il y a des gens qui se préoccupent de leur cause et de ressentir une certaine solidarité. »

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Si le présent article vous a inspiré et incité à participer à votre défilé local de la fête du Travail, veuillez communiquer avec le conseil du travail local de votre district. À Ottawa, on espère recruter encore dix à vingt bénévoles.

L article s’appuie fortement sur les renseignements figurant dans le livre de Craig Heron et Steve Penfold intitulé The Workers’ Festival: A History of Labour Day in Canada. M. Heron est l’auteur de plusieurs livres sur le mouvement ouvrier canadien, notamment The Canadian Labour Movement: A Short History. Quelques membres du SEN figurent d’ailleurs sur la couverture de ce livre!

Nous remercions Craig Heron et le président du Conseil du Travail d’Ottawa et du district, Sean McKenny, d’avoir pris le temps de parler avec nous.