{"id":784,"date":"2012-02-01T17:42:36","date_gmt":"2012-02-01T22:42:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.une-sen.org\/press\/?p=784"},"modified":"2014-02-25T19:09:06","modified_gmt":"2014-02-25T19:09:06","slug":"fevrier-le-mois-de-lhistoire-des-noirs-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/?p=784&amp;lang=fr","title":{"rendered":"F\u00e9vrier : le Mois de l&#8217;histoire des Noirs"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-175\" title=\"masc_f\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.une-sen.org\/press\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/masc_f.jpg\" width=\"541\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/masc_f.jpg 541w, https:\/\/www.unesen.ca\/press\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/masc_f-300x199.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 541px) 100vw, 541px\" \/><\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, l\u2019Association for the Study of African American Life and History a choisi comme th\u00e8me les femmes noires dans la culture et l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis. L\u2019association a d\u00e9crit son th\u00e8me de la fa\u00e7on suivante\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0en situation d\u2019esclavage et de libert\u00e9, les batailles des femmes noires ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019exp\u00e9rience humaine, et leurs victoires contre le racisme et le sexisme rendent hommage \u00e0 nos qualit\u00e9s humaines.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire des Noirs, plus particuli\u00e8rement celle des femmes noires, n\u2019a jamais eu sa place dans l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>Selon Audrey\u00a0T.\u00a0McCluskey, professeure en \u00e9tudes afro-am\u00e9ricaines et en \u00e9tudes de la diaspora africaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Indiana, \u00e0 Bloomington, \u00ab\u00a0on passe sous silence depuis trop longtemps\u00a0l\u2019histoire des femmes noires. M\u00eame si les travaux d\u2019historiennes reconnues, notamment Darlene\u00a0Clark\u00a0Hine et Deborah\u00a0Gray\u00a0White, r\u00e9ussissent \u00e0 rendre ce sujet plus populaire, il en faudra beaucoup plus pour que cette histoire remplie de luttes, de courage, de d\u00e9ception et d\u2019obstacles inlassablement surmont\u00e9s puisse \u00eatre transmise \u00e0 un large public. Il ne faut pas uniquement en parler durant le Mois de l\u2019histoire des Noirs, il faut en faire un sujet d\u2019\u00e9tude \u00e0 part enti\u00e8re dans toutes les \u00e9coles. Les \u00e9tudiants verront leur vie s\u2019enrichir au contact de cette histoire et ils en sortiront grandis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire de Mary\u00a0Ann\u00a0Shadd Cary, une pionni\u00e8re noire peu connue de nos jours, est une des histoires qui a malheureusement \u00e9t\u00e9 pratiquement oubli\u00e9e. Comme de nombreux Noirs libres et esclaves en fuite, elle est venue au Canada apr\u00e8s l\u2019adoption par les \u00c9tats-Unis de la\u00a0<em>Fugitive Slave Act <\/em>de 1850. Cette loistipulait que les esclaves en fuite n\u2019\u00e9taient plus libres dans les \u00e9tats du nord. Par des formulations vagues, la loi laissait entendre que m\u00eame les Noirs libres \u00e9taient menac\u00e9s. Nombreux sont ceux pour qui le Canada repr\u00e9sentait un endroit o\u00f9 ils pourraient \u00e9chapper aux chasseurs d\u2019esclaves et au syst\u00e8me judiciaire qui donnait pouvoir \u00e0 ces chasseurs<a name=\"_ftnref1\"><\/a>.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mary Ann, une jeune enseignante du Delaware, a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans la ville actuelle de Windsor, en Ontario, en\u00a01851, pour enseigner aux enfants d\u2019esclaves en fuite qui vivaient dans une extr\u00eame pauvret\u00e9<a name=\"_ftnref2\"><\/a>. Les parents et les dirigeants communautaires de Windsor voulaient cr\u00e9er une \u00e9cole r\u00e9serv\u00e9e aux Noirs. Mary Ann s\u2019est \u00e9lev\u00e9e contre cette forme de s\u00e9gr\u00e9gation. Elle a fait valoir que les \u00e9coles pour les Noirs et leurs r\u00e8glements \u00e9taient le produit de l\u2019oppression omnipr\u00e9sente aux \u00c9tats-Unis. Elle croyait que ces \u00e9tablissements n\u2019avaient pas leur place dans le syst\u00e8me canado-britannique, puisque l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00e9tait garantie par la loi<a name=\"_ftnref3\"><\/a>. Elle pensait \u00e9galement que la s\u00e9gr\u00e9gation favoriserait les pr\u00e9jug\u00e9s. Au risque de perdre son seul gagne-pain, Mary Ann a \u00e9crit aux fondateurs de l\u2019\u00e9cole et a d\u00e9clar\u00e9 que selon elle, le fait d\u2019essayer de gagner l\u2019appui de la collectivit\u00e9 pour un tel projet \u00e9tait tout \u00e0 fait r\u00e9pr\u00e9hensible<a name=\"_ftnref4\"><\/a>.<\/p>\n<p>Mary Ann a gagn\u00e9 sa bataille et a pu diriger une \u00e9cole mixte. Au bout du compte, sans qu\u2019elle en soit responsable, seuls des \u00e9l\u00e8ves\u00a0noirs fr\u00e9quentaient son \u00e9cole. Elle a toujours clam\u00e9 que l\u2019\u00e9cole n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9serv\u00e9e aux Noirs et qu\u2019elle accueillerait avec joie des \u00e9l\u00e8ves\u00a0blancs<a name=\"_ftnref5\"><\/a>. Mary Ann protestait d\u00e9j\u00e0 contre la s\u00e9gr\u00e9gation plus d&#8217;un si\u00e8cle avant que l\u2019on prenne officiellement position contre les \u00e9coles qui faisaient une discrimination fond\u00e9e sur la race, en 1964<a name=\"_ftnref6\"><\/a>.<\/p>\n<p>Mary\u00a0Ann\u00a0Shadd est tout de suite tomb\u00e9e en amour avec le Canada. \u00a0\u00ab\u00a0Je suis ici depuis plus d&#8217;une semaine, et j\u2019aime le Canada. Je ne me sens pas jug\u00e9e\u00a0\u00bb, a\u00adt-elle \u00e9crit dans une lettre \u00e0 son fr\u00e8re<a name=\"_ftnref7\"><\/a>. En raison de la menace que faisait planer la\u00a0<em>Fugitive Slave Act<\/em>, Mary Ann a \u00e9crit un petit livre dans lequel elle encourageait les Afro-Am\u00e9ricains \u00e0 immigrer au Canada, pays o\u00f9 les lois ne faisaient pas de distinction fond\u00e9e sur la race ou la couleur de la peau et o\u00f9 il y a des possibilit\u00e9s inconnues aux \u00c9tats-Unis<a name=\"_ftnref8\"><\/a>.\u00a0<em>A<\/em> <em>Plea for Immigration; or, Notes on Canada West <\/em>visait \u00e0 pr\u00e9senter le Canada comme \u00e9tant un pays o\u00f9 les Noirs pouvaient \u00eatre trait\u00e9s comme des \u00e9gaux et vivre dans la prosp\u00e9rit\u00e9. Elle voulait ainsi fournir aux immigrants \u00e9ventuels des renseignements au sujet du Canada, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les t\u00e9moignages directs \u00e9taient rares<a name=\"_ftnref9\"><\/a>. Son livre,\u00a0<em>Notes on Canada West<\/em>, dresse un portrait unique de notre pays, du point de vue d\u2019une femme noire nouvellement \u00e9tablie qui souhaitait renforcer et maintenir l\u2019\u00e9galit\u00e9 raciale dans son nouveau pays.<\/p>\n<p>Mary Ann a aussi publi\u00e9 son propre journal en 1853, intitul\u00e9\u00a0<em>Provincial Freeman<\/em>. Tout comme<em>Notes of Canada West<\/em>, il pr\u00e9sentait le Canada comme une terre promise pour les Afro-Am\u00e9ricains. Le journal\u00a0<em>Provincial Freeman<\/em> \u00e9tait tr\u00e8s progressiste pour son \u00e9poque. Elle y publiait des articles qui visaient \u00e0 faire avancer la cause de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes en conf\u00e9rant des pouvoirs aux femmes et d\u2019autres sur le mouvement de d\u00e9fense des droits des femmes<a name=\"_ftnref10\"><\/a>. \u00a0Les historiens ont d\u00e9crit Mary Ann Shadd comme \u00e9tant la premi\u00e8re femme\u00a0r\u00e9dactrice en chef d\u2019un journal en Am\u00e9rique du Nord. Il est clair qu\u2019elle a \u00e9galement r\u00e9ussi, par ce m\u00e9dia unique, \u00e0 faire avancer les causes de l\u2019\u00e9galit\u00e9 raciale et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes au Canada. Mary Ann a par la suite quitt\u00e9 le Canada et est devenue la seule femme \u00e0 recruter des troupes durant la guerre de S\u00e9cession et la premi\u00e8re femme \u00e0 \u00e9tudier le droit \u00e0 la Howard University<a name=\"_ftnref11\"><\/a>.<\/p>\n<p>Dans son dernier \u00e9ditorial, elle a conclu par ces mots\u00a0:\u00a0Femmes de couleurs, nous avons un mot \u00e0 dire \u2013 en ce qui a trait \u00e0 la r\u00e9daction, nous avons cass\u00e9 la barri\u00e8re sociale, qu&#8217;on le veuille ou non, pour les v\u00f4tres en Am\u00e9rique; alors allez-y, prenez la parole\u00a0<a name=\"_ftnref12\"><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div>\n<div id=\"ftn13\"><a name=\"_ftn1\"><\/a> Mary A. Shadd,\u00a0<em>A Plea for Emigration, or, Notes of Canada West<\/em>, (r\u00e9imprim\u00e9, 1852; \u00e9d.\u00a0Richard\u00a0<em>Almonte<\/em>, Toronto, 1998), p.\u00a015.<\/div>\n<div id=\"ftn14\">\n<p><a name=\"_ftn2\"><\/a> Jim Bearden et Linda Jean Butler,\u00a0<em>Shadd: The Life and Times of Mary Shadd Cary<\/em>, (Toronto, 1977), p.\u00a034.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn15\">\n<p><a name=\"_ftn3\"><\/a> Shadd, p.\u00a062.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn16\">\n<p><a name=\"_ftn4\"><\/a> Bearden et Butler, p.\u00a045.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn17\">\n<p><a name=\"_ftn5\"><\/a> Bearden et Butler, p.\u00a077 et 81.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn18\">\n<p><a name=\"_ftn6\"><\/a> Robin W. Winks,\u00a0<em>The Blacks in Canada, A History<\/em>, p. 376.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn19\">\n<p><a name=\"_ftn7\"><\/a> Bearden et Butler, p.\u00a026.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn20\">\n<p><a name=\"_ftn8\"><\/a> Shadd, p.\u00a043.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn21\">\n<p><a name=\"_ftn9\"><\/a> Shadd, p.\u00a043.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn22\">\n<p><a name=\"_ftn10\"><\/a> Bearden et Butler, p. 139.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn23\">\n<p><a name=\"_ftn11\"><\/a> Bearden et Butler, p. 206 et 211.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn24\">\n<p><a name=\"_ftn12\"><\/a> Bearden et Butler, p. 163.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, l\u2019Association for the Study of African American Life and History a choisi comme th\u00e8me les femmes noires dans la culture et l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis. L\u2019association a d\u00e9crit son th\u00e8me de la fa\u00e7on suivante\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0en situation d\u2019esclavage et de libert\u00e9, les batailles des femmes noires ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019exp\u00e9rience humaine, et leurs victoires &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/?p=784&#038;lang=fr\" class=\"more-link\">>><span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;F\u00e9vrier : le Mois de l&#8217;histoire des Noirs&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/784"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=784"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/784\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3560,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/784\/revisions\/3560"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.unesen.ca\/press\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}